‹ Hépatisation pneumococcique terminée par gangrène pulmonaireChapitre 18 sur 20 · AUS · texte numérisé non relu

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Le 19. — Respiration amphorique à la réunion des tiers su périeur et moyen de cette face postérieure ; pectoriloquie . On songe à un foyer de gangrène, mais, ignorant sa profondeur, on n’ose pas inciser. Pendant ce temps, la température subit des exacerbations et des rémissions marquées; sueurs profuses, épuisantes, on donne de l'acide camphorique.

| Le 21. — On examine les crachats : quelques bacilles tuber-

culeux. Carbonate de créosote.

Le 25. — L’urine contient encore des traces d’albumine et des moules hyalins et granuleux. Expectoration très abondante;

crachats encore fétides. À

Le 23 novembre. — Le malade va beaucoup mieux ; l’expectoration diminue et son odeur disparaît.

Le 29. — La température pour la première fois, est revenue à la normale.

Le 2 décembre. — Expectoration de plus en plus rare, et inodore.

Le 15. — Le malade se lève et se promène. La matité à la percussion s’est très limitée. Le 15, il quitte l'hôpital, tout à fait

guéri.

Observation XVII

Observation du Dr Szczypiorski.

Leyars. Gazelle des hôpitaux, 1903.

Il s’agit d’un homme de 49 ans, ouvrier depuis l’âge de 13 ans dans les usines métallurgiques de Mont-Saint-Martin.

Il est pris en décembre 1902, d’une pneumonie de la base gauche, qui paraît d’abord toute normale ; puis, au neuvième

jour, la fièvre monte, le sommet du poumon se prend, les cra- J ; ; ;

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chats deviennent fort abondants et purulents, et bien qu'ils ne soient pas fétides, M. Szczypiorski pense à une collection interlobaire avec gangrène probable.

Le 5 janvier 1903. — Il résèque la sixième côte et ouvre une cavité interlobaire remplie d'un magma purulent, non fétide. Tout autour, le poumon est le siège d’un anthracosis des plus accusés, et l’auteur se demande si cette infiltration du poumon par les poussières charbonneuses et métalliques, n’a pas été pour quelque chose dans l’absence constante de fétidité des crachats et du foyer.

Toujours est-il que cinq jours après, en faisant le pansement, M. Szczypiorski retirait, sans le moindre effort, un bloc volumineux de parenchyme pulmonaire, qui figurait tout le lobe supérieur détaché en masse et sphacélé ; au fond de l’énorme cavité, on voyait la coupe béante d’une grosse bronche.

Le malade s’affaiblit rapidement et finit par succomber dans l’'hecticité. Il s’agissait donc bien d’un processus de sphacèle, malgré l'absence de fétidité, et d’un sphacèle de dimension tout

à fait anormale.

Observation XVIII

Fneumonie du sommet droit terminée par gangrène (Observation personnelle).

Le 20 novembre 1909. — Entre à la Pitié dans le service du . Dr Thiroloix, au n° 8 de la salle Monneret,le nommé D... Gustave, âgé de 29 ans, emballeur.

La maladie a débuté il y a quatre jours, dans l’après-midi par un frisson violent: D... était auparavant en bonne santé,

Le frisson fut intense et se prolongea toute la nuit. En même

Ê — 170 — temps survinrent de la fièvre, de l'agitation, de l’insomnie., Les phénomènes généraux dominaient; le point de côté, la toux, l’expectoration étaient à ce point atténués,qu'ils ne frappèrent point l'entourage. Ce fut le délire diurne et nocturne qui par sa violence, obligea la famille à amener le malade à l’hôpital. |

Les renseignements fournis sont les suivants : D... a ses parents vivants et bien portants ; lui-même n’a jamais été malade, mais il fume et boit avec excès. Il boit du vin et surtout de l’absinthe, dont il absorbe jusqu’à 10 et 12 verres par jour.

21 novembre. — Le malade a passé une nuit très agitée, et l’on a dû placer un infirmier près de lui, pour l’empêcher de quitter son lit. Le délire a été bruyant, avec cris, appels, injures, mouvements désordonnés, lutte contre l’infirmier.

Aussi D... donne-t-il lors du premier examen, l'impression d'un malade profondément intoxiqué. Il a les traits tirés, le teint plombé, la langue rôtie, le ventre est météorisé, il y a de la diarrhée fétide ; le foie et la rate sont volumineux et douloureux. Le pouls est régulier, mais rapide (120) et la polypnée très marquée (46). L'examen thoracique dénote une zone mate et silencieuse, comprenant tout le sommet droit. La température est de 39°4,

22 novembre. — Matité, exagération des vibrations vocales, souffle tubaire, bouffées de râles humides dans le sommet droit. Crachats rouillés typiques, pour la première fois. Aucune atténuation des phénomènes généraux; teinte subictérique, albuminurie ; hémoculture pneumococcique positive,

24 novembre. — Délirium tremens, agitation, loquacité in-

tarissable, tremblement des muscles de la face et des mains :

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hallucinations visuelles (chloral, bains tièdes, acétate d'ammoniaque ; vin cordial). Got

26 novembre. — Quoique parvenue au septième jour,la pneumonie ne fait pas sa crise. Le sommet pulmonaire droit est le siège de gros râles'humides. L’expectoration est jus de pruneaux, te idee non fétulee |

28 novembre. — État général mauvais. Le teint est pâle, terreux, les yeux excavés, le nez pincé. L’abdomen est très météorisé. Le pouls est filiforme ; la température à 40°. L’expectoration est devenue purulente et fétide. On fait pour établir le pronostic et la médication, une injection sous-cutanée de 2 centimètres cubes d’essence de térébenthine.

29 novembre. — Il n’y a aucune réaction, le pronostic est mauvais. En effet, l’état du malade est très mauvais ; la prostration est extrême. La poitrine est remplie de râles humides. Les crachats dégagent une odeur très pénétrante de dent cariée, de pourriture.

30 novembre. — Mort dans le collapsus hyperthermique (404).

Autopsie. — Nous ne signalerons que les lésions intéressant notre sujet. |

Le lobe supérieur du poumon droit semble une éponge molle, verdâtre, dégageant une odeur infecte comparable à celle du poisson pourri ou de la carie dentaire et qu’on ne peut supporter sans nausée. Le parenchyme pulmonaire y est d’une fragilité telle, que la simple pression du doigt y creuse des cavités; tout y est nécrosé et gangrené. Le reste du poumon, ainsi que les plèvres et les ganglions du médiastin sont normaux. L’examen microscopique du pus y décèle du pneumocoque, des cocci

et des bacilles variés. La mise en culture anaérobie et aéro-

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