‹ Hépatite amibienne chroniqueChapitre 8 sur 10 · EE TU QE · texte numérisé non relu

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selles est dans les cas douteux d’une importance capitale. Nous ne reviendrons pas sur sa technique, si bien mise au point par Mathis et Mercier, Garles et Barthélemy, Ravaut el Charpin. Mais celle recherche de parasites dans les selles est loin de donner toujours des résullats posilifs. On doit répéler les examens, provoquer l'apparition des para, siles par des purgatifs énergiques ou mieux par Île lavement iodo-ioduré de Maulé qui est de beaucoup le meilleur procédé. Malgré cela les examens négalifs sont assez fréquents, et souvent on ne lrouve ni amibes, ni kystes. Charpin, dans sa thèse, a montré qu'au cours des accidents hépaliques aigus il se produit. au niveau du foie un véritable abcès de fixalion, etque la cessalion de l’amibiasé intestinale est analogue à la rétrocession dc l'écoulement urétral au cours de l’orchite blennorragique. Dans l'hépatite amibienne chronique ces faits sont moins fréquents e& moins Lypiques qu’au cours des hépaliles suppurées, mais doivent êlre cependant signalés puisque dans rois de nos observalions la recherche des kystes amibiens malgré des examens répélés est restée négalive. : :

En dernier lieu, quandil n'y a pas de signes d’entérile dysentériforme el que la recherche des kystes amibiens resle négative, il ne faut pas écarter le diagnoslic d'hépatite amibienne chronique et recourir à

l'épreuve du lrailement par l'éméline. Celte épreuve

ete

diagnostique conseillée par MM. Paisseau et Hutinel dans leur communicalion du 8 novembre 1918 pour l'hépatite amibienne chronique, est conseillée également pour les hépaliles aiguës par MM. Ravaut et Charpin

(Presse médicale du 10 février 1919). « Ge sont les

effets si constants, si 1immédials de ce médicament sur :

les phénomènes douloureux, les signes respiratoires et l'état général qui mettent souvent hors de doute l’origine amibienne des accidents » (in Annale de Médecine 1919). SE

Nous avons vu plus haut qu'en présence de signes pulmonaires persistants el plus accusés du côté droit il

faul penser à une réaction d'origine hépatique, que dans

les formes associées au paludisme la quinine restant

sans résultat doit orienter les recherches dans le sens de l’amibiase. La triade symptomatique : manifesla- Lions hépatiques avec foie augmenté ou même normal malgré la longue durée de l'affection, la névralgie phrénique, les signes d’irrilation de la base droite permettent de distinguer celle hépalite chronique des gros foies bosselés amibiens décrits par M. Ravaut, ou de j'abcès du foie, dans lequel entre la fièvre el la tuméfaclion hépatique, un point hépatique nettement localisé, la polynucléose et l'examen radioscopique lèveront tous

les doutes,

Anatomie pathologique

Les lésions que MM. Paisseäu et Hutinel ônl constalées à l'autopsie d'un sujet porteur d'une hépatile chronique, el ayant succombé à une affeclion inlercurrente, ont élé minimes macroscopiquement au point de vue hépatique. /

Par contre dans ce cas, ils avaient pu constater l'existence d’une périhépalique sous-diaphragmatique très marquée, qui expliquait les symplômes observés cliniquement; ces symplômes traduisent l'irritation diaphragmatique. Celte existence de la périhépalie adhésive semble êlre le reliquat d'un phénomène aigu, comme loutes les adhérences périlonéales qui suivent les réactions inlra-abdominales aigues. On peut donc se demander, si les poussées évolutives qui viennent enlrecouper l’évolution de l'hépatite chronique, ne donnent pas une réaction hépalique d'ordre congestif, qui rétrocédant spontanément laissent comme reliquat une péritonile limitée au pourtour dé l'organe. Ce qui semblerait

le prouver, c'est que si la médication par l’émétine

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agit rapidement sur les poussées évolutives de l'hépatite chronique, él sur les symplômes bien caractérisés de péritonile sous-diaphragmatique, par contre dans quelques observations, notamment dans lobservation n° 2 que nous publions, le malade a gardé malgré le traitement une sensation de gêne douloureuse du côté droit témoignent une périlonité adhésive que la médicalion spécifique n'avait pu faire rétrocéder complèlement. Celle inefficacité du lrailement spécifique sur les lésions cicatricielles s'observe aussi ‘neltement dans la syphilis el dans le paludisme.

MM. Achard el Foix, dans deux cas d'amibiase hépatique tradive à forme nodulaire, se présentant cliniquement comme une cirrhose hyperlrophique ont trouvé un foie hypertrophié el scléreux presentant des nodules jaune soufre ressemblant à des gommes syphilliques. Histologiquement on pouvait déceler 3 zones. dans lesquelles se trouvaient des amibes réfrin-

geutes avec des vacuoles et des globules rouges inclus.

Traitement

Comme toute complicalion de l’amibiase l'hépatite chronique est justiciable du traitement par l'émétine ; celté médicalion agit-avec une rapidité {elle que nous avons relaté plus haut l'intérêt de l'épreuve lhérapeutique dans les cas de diagnostic douteux. Si l'efficacité du traitement par l’éméline au cours de l’amibiase n’est mise en doute par aucun des auleurs, par contre les opinions sont encore très différentes quant à la posologie de ce médicament. La tolérance du sujet est un fac- {eur très important, le choix d’une bonne préparalion en est un autre.

Pendant la médicalion il faut surveiller le malade, examiner.le cœur, et surtout prendre la lension artérielle, sa baisse rapide étant un des premiers signes d'intolérance. Les accidents qui surviennent au cours du traitement sont de trois ordres.

1° Les piqüres sont douloureuses et mal supportées jocalement, cet accident tient soil à une préparation

irrilante, soit À une injection faite trop superficielle-

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ment. À ces troubles locaux peuvent s'ajouter quelques nausées. |

2° Des accidents plus graves peuvent survenir au cours du traitement ; ils sont caractérisés par une hypotension manifeste avec affaiblissement des contractions cardiaques.

3° Des accidents graves peuvent survenir après la cessalion du traitement. Ces accidents résultent de l’accumulation de l’émétine dans l'organisme.

*« Les signes d'intoxication consistent en vertiges, vomissements, diarrhée, faiblesse des pouls et lipothymie ; ils présentent celte particularité de survenir quelques jours après la suppression du médicament, ce qui concourt avec la nolion de l'accumulation et rend illusoire toute surveillance de l’action toxique de l’éméline », (Paisseau et Hulinel). ; 4

Cette nolion de la toxicité de l’émétine et de l’accu mulation du médicament domine loute la posologie. Il faul agir par doses fraclionnées el espacées largement, ne pas dépasser 0,08 centigrammes par jour, l’action du médicament sur les symplômes cliniques pouvant per metlre de diminuer la quantité injectée. Et tout cas la dose de 0 gr. 50 en une série paraît être une dose sus-

ceptible d'éviter les accidents graves. Enfin l'association du 914 à l’émétine, préconisée par M. Ravaut donne de bons résultats : « L'action déprimante de l’un est corrigée par l'action eutrophique de lautre,. tous deux combattent efficacement l’amibe dysentérique (Ravaut et Krobunitzky).

Ed À FRS" À LR

Pour notre parl nous croyons que le traitement initial doit êlre une médicalion d'agression, selon l’heureuse formule du professeur Carnot a propos du paludisme, l’associalion de l’émétine et du 914 n'étant pra-

liquée qu'après celle « médication d'agression ».

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