‹ Hépatite amibienne chroniqueChapitre 7 sur 10 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Inédite due à M'S Puisseau et HuTiINEL

Le malade F., de l'Artillerie Colouiale, entre à l'hôpilal de Meknès le 10 juillet 1918 pour paludisme et hépatite.

En 1912 a eu la dysenterie amibienne à Saïgon. Traitée par des piqûres d’éméline pendant 8 jours, celte dysenterie persiste Loute l’année. — 2? mois après le début, a présenté de la congestion hépatique : douleurs hépatiques, foie tràs gros violentes douleur à l'épaule droite, température à 38. Le seul

traitement appliqué fut une ponction du foie qui n’a pas don-

né de résullat. Ces symplômes guérisent relativement sans émétine.

A la suile de celte congestion hépalique, le malade présente de la douleur intermittente du côté droit avec par intermittence de la douleur à l'épaule droite, point de côté hépatique, et quelques vomissements sans que la Llempérature monte au-dessus de 38°,

Presque tous les mois, à la suile de faligues ou d’écarls de régime le malade présente des réactions hépatiques, analogues à celle décrite ci-dessus, une ou deux de ces crises s’élant accompagnées d'ictère franc.

Le malade en Indo-Chine a eu des rechules fréquentes de dysenterie.

En 1916 en Macédoine rechute de dysenterie.

En 1918 nouvelle poussée hépatique durant 4 ou 5 jours.

En Macédoine, pendant l’année 1916 contracte le paludisme et présente des accès pendant quelques mois, le dernier accès élant survenu en juin 1917.

A l'entrée à l'hôpital le malade accuse une douleur hépatique qui s'est réveillée il y a 4 jours. Très légère douleur à l'épaule, pas de toux, vomissements bilieux, diarrhée légère. Le foie n’est pas augmenté de volume, la rate est grosse. La base droite est male, avec obscurilé respiratoire et diminution des vibralions. La névralgie phrénique est très nette. L'urobiline est en quantité abondante dans l'urine, la température est à 37,5. Elant donné la présence d’amibes dans les selles et l'absence d'hématozoaires dans le sang on pense à une hépatite amibienne chronique. Un traitement à l’'émé- Line, à la dose de 0,08 par jour est instilué el dès le 17 juillet les douleurs spontanées disparaissent en même temps que la

névralgie phrénique rétrocède.

Évolution

Plus encore que son aspect clinique, c'est son évolution qui caractérise l'hépalile amibienne chronique. En effet ces manifestations hépatiques n’ont jamais aucune tendance à la suppuration, et ceci malgré l'absence de tout traitement spécifique. Dans une des observations précédentes la dysenterie a évolué pendant vingt ans, avec des troubles fonclionnels survenant sous forme de points de côté hépatiques et douleur à l'épaule droite ; dans une autre elle a évolué pendant 6 ans. L’évolulion a élé de 17 années dans une observation publiée dans les annales de Médecine.

Cette évolution chronique, avec phénomènes douloureux vagues dans le côté droit et douleur à l'épaule est entrecoupée d'accidents plus aigus, véritables poussées évolutives qui peuvent se présenter sous des aspects différents

Tantôt la température est élevée et monte à 40, mais affecte le lype intermittent ; l'hépaltomégalie est nette,

on peut observer du subictère, les urines sont foncées,

Sr ee contiennent de l'urobiline ; ces troubles hépatiques accompagnés de congestion pulmonaire à la base droite rélrocèdent spontanément. Chez notre malade n° 1 ces manifestalions furent particulièrement typiques, se produisant 2 fois en 20 ans.

Tanlôt, au contraire les accidents sont moins aigus, point de côlé hépatique, un peu de gêne respiratoire, douleur à l'épaule droite ; la congestion du foie reste légère ; la température se maintient à 38 pendant quelques jours el ces accidents regressent par le repos, sans trailement spécifique.

Enfin dans quelques cas le seul trouble fonctionnel signalé par les malades est une douleur persistante dans le flanc droit où à l'épaule sans que l’on puisse retrouver dans leur histoire d'accidents dans le genre de ceux décrils ci-dessus.

En résumé évolution chronique. sans aucune lendance à la suppuralion, avec poussées évolutives plus

ou moins caraclérisées.

ft L'hépalite amibienne chronique se distingue netlement des aulres manifestations de l'amibiase au niveau du foie décrites jusqu'à ce jour.

Fontan dans son livre sur les Abcès du Foie décrit. des formes larvées, latentes ou frustés ; évoluant toujours vers la suppuralion. L'hypertrophie hépatique est la règle el l’abcès du foie ne se révèle souvent que par une

fièvre à grandes oscillations ou par son ouverture spon-

Beige à

tanée dans le péritoine ou les bronches.

Françon qui vient de consacrer une thèse très complète aux hépaliles aigues abortlives les définit ainsi : « Un syndrome d'accidents hépathiques ‘aigus, identique à l’abcès du foie au point de vue clinique, radioscopique et hématologique : le caractère majeur et exclusif est la guérison par le traitement médical émétine et 914, isolés ou associés, sans opération, ponction évacualrice, n1 issue spontanée du pus ». Cette définilion nous montre loute la différence qui existe entre l'hépatite chronique dont les accidents aigus rétrocèdent sans traitement et celte forme qui sans intervention aboulirait rapidement à la suppuration.

Enfin les formes paradoxales de l’amibiase hépatique décrile par Ravaut et Charpin sont des formes atypiques de l'hépalite aigue suppurée et sont à différencier nellement du syndrome qui fait l’objet de cette thèse. Dans ces formes paradoxales, Ravaut el Charpin insistent sur la dissocialion qui peut exister entre les réaclions hépaliques et intestinaies. Ils signalent labsence d’amibes el de kystes dans les selles au cours de l'évolution d’un abcès du foie, Nous reviendrons sur les rapports de l’hépatite chronique et de l’entérite dysenlérique à propos du diagnostic positif.

Si le pronostic de l'hépatite amibienne chronique non lrailée est moins sombre que celui des hépalites suppurées, ilne faut pas se dissimuler qu'il y a le

plus grand intérêt à faire un diagnostic précoce. Le

MC ne

malade que nous avons vu à l'hôpital Laennec était amaigri, anémié ; les malades des observations que nous rapporions étaient dans un état de santé précaire. Le danger dans l'hépatite chronique n'est pas au foie, mais ilréside dans ce fait que l’amibiase non traitée continue son évolution et peut être aggravée par un

cerlain degré d'insuffisance hépatique,

Diagnostic

Le diagnostic positif de l'hépalite amibienne chronique ‘esl facile quand le malade est un dysentérique avéré. Dans notre observalion n° 1, la coexistence des signes hépatiques et d'une diarrhée dysentérique typique, avec amibes dansles selles, ne permettait aucune hésilation. Mais il n'en est pas toujours ainsi. Parfois les malades présentent seulement une diarrhée chronique sans glaire ni sang, parfois même quelques troubles gastro-inteslinaux mal caractérisés. Dans quelques cas enfin la dysenterie amibienne semble postérieure aux accidents hépatiques, tout comme Mauté (Presse médicale 1916) l’a signalé au cours des hépaties aigués.

On conçoit que dans de pareils cas, il est nécessaire de rechercher avec soins les parasites dans les selles, pour que des accidents intestinaux d'apparence banale puissent être reconnus comme relevant de la dysenterie annbienne.

La recherche des amibes et des kystes dans les

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