‹ Hépato-néphrites Dues a L’intoxication Par Le Tétrachlorure De CarboneChapitre 18 sur 48 · LES SOURCES DE, L’INTOXICATION · texte numérisé non relu

LES SOURCES DE, L’INTOXICATION

Le tétrachlorure de carbone répond à la formule CCE. C’est un liquide incolore, ‘d’une grande fluidité, ininflammable et incombustible dont lodeur rappelle celle du chloroforme. Son point d’ébullition est de 78° environ ; il‘peut être légèrement abaissé du fait de la présence des traces de sulfure de cearbone (impuretés). Son poids spécifique est de 1,59 à 200C et son point de fusion de — 230. Il est très volatil, ce qui augmente notablement son degré de toxicité ; comme nous l’apprend Konn-ÂBRESsT, son point de volatilisation relatif en comparaison de celui du pentachloroéthane qui est de 1 peut être fixé à 20, tandis que celui du chloroforme est de 30. À ‘toute température, l'air, surtout humide, paraît agir sur lui pour donner de l’oxyde de carbone, du phosgène et des vapeurs chlorhydriques, substances très toxiques ou irritantes. Toutefois, pour Konx- ABREsT, la dissociation pyrogénée du tétrachlorure de carbone donne naissance, non à du phosgène, mais à du chlore.

Le tétrachlorure de carbone s’obtient en faisant réagir le chlore sur le sulfure de carbone en pré-

no

sence de catalyseurs, comme l’iode, le chlorure d’antimoine ou le chlorure d'aluminium, ou par action du chlorure de soufre sur le sulfure de carbone, en présence de fer pulvérulent. On l’obtient aussi par la chloruration directe de l’éthylène.

Le tétrachlorure brut est purifié par lavage à la soude diluée et rectifiée.

Telles sont les principales propriétés physico-chimiques de ce corps. Il convenait de les rappeler avant d'étudier les circonstances étiologiques de. l’intoxi-

cation.

Les sources d'intoxication par le tétrachlorure de carbone sont à l’heure actuelle en assez grand nombre, et pour les étudier, il faut envisager les divers emplois de ce dérivé hydrocarburé.

Au cours de la préparation du tétrachlorure, les ouvriers peuvent être exposés à l’action combinée du chlore, du sulfure de carbone, mais c’est surtout au cours de l’emploi du CC que les accidents toxiques sont à envisager.

Dans l’industrie du caoutchouc : on tend de plus en plus à le substituer, dans cette industrie, au sulfure de carbone, moins coûteux, mais très inflammable et considéré comme plus toxique.

Le tétrachlorure de carbone sert à la préparation des ciments ou mastics au caoutchouc. Lorsque le mélange est fait à la main dans des récipients ouverts, il y a risque d’inhalation de vapeurs.

Comme dissolvant de l’acétate de cellulose dans la préparation de certains vernis.

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Comme solvant des graisses, des huiles et des corps gras ; citons, par exemple, son emploi dans le nettoyage à sec (le tétrachlorure de carbone est un succédané de la benzine dans les teintureries établies sur le territoire de Paris), dans l’industrie de la soie (opération de dégraissage), dans la récupération de l'huile de tourteaux, dans l’extraction des parfums naturels, dans le traitement des bois parasités (pulvérisation sur les charpentes de mélanges à base de tétrachlorure de carbone).

Dans les salons de coiffure, depuis quelques années, l’usage du CC s’est extrêmement répandu, dans le but d’éviter, d’une part, les longues manipulations du savonnage et du séchage, et d’autre part les dangers d’incendie et d’explosion de corps tels que l’éther de pétrole. L’emploi du tétrachlorure dans ces conditions peut être toxique, soit pour la personne qui le manipule, soit pour celle qui reçoit les soins capillaires. Dans ce cas, en plus du danger d’inhalation des vapeurs, il y a lieu d’envisager l’action irritante sur les téguments.

Les accidents les plus communément observés actuellement sont consécutifs à l’emploi d’extincteurs d'incendie (certains renfermant 95 à 98 % de tétra- . chlorure de carbone).

Il semble que l’utilisation de ce corps, surtout en espace confiné et humide, puisse donner lieu à des accidents imputables à ses produits de décomposition pyrogénés. Fiszpner et Karz ont attiré l’attention sur ce danger dans les usines et autres espaces

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clos : s’il n’y a pas un apport d’air convenable, des vapeurs toxiques peuvent être dégagées en quantités telles qu’une personne exposée pendant cimq à dix minutes à ces vapeurs peut, sinon être frappée de troubles sérieux, du moins présenter des malaises durables. On a signalé un certain nombre de cas mortels provoqués par l’usage d’extincteurs au pyrène. Pour remédier à ce grave danger, on s’est préoccupé de trouver des stabilisateurs empêchant la décomposition du tétrachlorure ; toutefois, il faut bien reconnaître que cette décomposition est inévitable lorsque le CCI est soumis à une température particuhèrement élevée, celle qui règne, par exemple dans un foyer d'incendie.

Restent à signaler les applications thérapeutiques du tétrachlorure qui sont assez nombreuses.

En chirurgie, on l’utilise comme antiseptique, car il dissout et dénature les lécithines qui forment la partie primordiale des protoplasmes vivants. On l’a employé pendant la guerre de 1914 pour la désinfection des trajets fistuleux, la détersion des plaies anfractueuses. Son pouvoir antiseptique peut être augmenté en lui faisant véhiculer d’autres substances antiseptiques (désinfection des mains par une solution de CCI£ iodé).

En dermatologie, il peut rendre des services dans les affections du cuir chevelu. Henry l’a employé dans la gale folliculaire pour le nettoyage et le décapage de là peau. Citons aussi son emploi dans la

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