LES CONDITIONS DE L’INTOXICATION
Nous dirons un mot successivement de la facon dont pénètre dans l’organisme le tétrachlorure de carbone et des facteurs qui peuvent intervenir pour renforcer son action toxique.
Étant donné le grand pouvoir de volatilisation du toxique, c’est la voie respiratoire qui est la voie principale de pénétration dans l’organisme. Les vapeurs de tétrachlorure de carbone ont d’ailleurs une action très irritante et leur inhalation détermine des phénomènes d’excitation très vive.
La voie digestive bien que moins fréquente mérite de retenir l’attention. Hazz recommande de ne Jjamais dépasser la dose de 3 centimètres cubes chez l'adulte en capsules préparées le jour même pour éviter l’évaporation et la dose de 20 centigrammes par année d’âge chez l’enfant à partir de deux ans.
Enfin, la voie cutanée n’est pas à négliger. Les recherches expérimentales de KionrrA ont permis à cet auteur de penser qu’il n’y avait pas absorption directe de CCI à travers la peau saine, mais il ne faut pas oublier que l’application sur le cuir chevelu de lotions à base de tétrachlorure a pu déterminer
des accidents graves.
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D'autre part, fait admis par KionTrA, l’absorption de CC par voie cutanée est indiscutable lorsqu’il existe des excoriations ou des brülures tégumentaires. À ce dernier point de vue, il apparaît comme très dangereux d’user d’extincteurs au CCI pour sauver des personnes entourées de flammes.
La grande affinité chimique du CCI et en général de tous les dérivés halogénés des hydrocarbures pour les substances lipoïdes du cerveau et des nerfs explique la série des phénomènes pathologiques d’ordre nerveux se développant dès la pénétration de ces produits dans l’organisme.
Un certain nombre de facteurs peuvent intervenir à titre de causes prédisposantes. Il y a des facteurs tenant au sujet lui-même : état de déficience hépatique ou rénale, alcoolisme chronique ou absorption d'alcool contemporaine de l’inhalation ou de l’ingestion de CCI. |
On a parlé de sensibilisation au produit, d’idiosyncrasie ; on a voulu faire jouer un rôle prédisposant de l’hypocalcémie, mais les recherches de Ber- NARD n'ont pas confirmé cette dernière hypothèse.
A côté des facteurs individuels, il en est d’autres tenant aux conditions mêmes dans lesquelles s’effectue l’intoxication ; cette dernière peut être massive ou prolongée pendant plusieurs heures. Il faut surtout retenir comme particulièrement dangereux la manipulation du produit en espace clos, chaud et humide.