OBSERVATION VI
Observation qui nous a été donnée par notre Maître, le Professeur Agrégé L. de GENNES, et suivie par lui avec le Docteur LÉGER.
M. X.., mécanicien, âgé de 37 ans, a dû manier incidemment du CCE : il s'agissait de dégraisser avec ce produit des bouteilles métalliques contenant normalement de l’air comprimé. Au cours de cette manœuvre, ses mains étaient directement en contact avec le hquide ; il était surtout exposé à l’inhalation des vapeurs qui se dégageaient. Aucun moyen de protection n’était employé. Il a travaillé dans ces conditions une moyenne de dix heures par jour, pendant trois jours consécutifs.
Le premier jour, le lundi 13 novembre 1939, se passe sans incident ; il n’est seulement légèrement incommodé que le lendemain où il éprouve une sensation gustative désagréable, impression d’écœurement.
Les premiers signes cliniques témoignant de l’intoxication ne se mamifestèrent vraiment que le mercredi soir : nausées, vomissements alimentaires répétés, malaise général. [l remarque pour la première fois une réduction de la quantité de ses urines : il n’existait pas de modifications de la fréquence des mictions mais chacune se limitait à l'émission de quelques gouttes qui lui ont paru teintées de sang.
Malgré tout, il retourne à son travail le lendemain, il ne manie pas de tétrachlorure de la journée. Dans la soirée, il vomit son diner.
Le vendredi matin, après s'être présenté à l’usine, il se couche et fait appeler son médecin traitant : outre les vomussements alimentaires et bilieux, un léger subictère conjonctival est noté. L’anurie est presque totale : pendant une période de huit jours du 15 au 23 novembre, la quantité