‹ Hépato-néphrites Dues a L’intoxication Par Le Tétrachlorure De CarboneChapitre 31 sur 48 · CHAT · texte numérisé non relu

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Le 6-12-39 :

urines : albumine : traces non dosables ; urée sanguine : 2 gr. 68.

Le 11-12-39 :

urines : albumine : 0 gr. 15 ?

sang : urée : 0 gr. 98 ; albumine : 58 gr. 40 ; sérine online ie 2 R. A. : 51 vol. % (acidose légère).

Numération gl.

globules rouges : 3.810.000 ; Eh 47010 valeur gl. : 0,8.

Formule leucocytaire :

Poly-neutro : 70 ; Eosino : 1 ; Baso : 07 Monocytes : 7 ; Lymphocytes : 22.

Le 15-12-39 :

urines : albumine : O0; sang : urée : 0 gr. 50.

Alors que l'impression de ce travail était en Cours, nous avons eu l’occasion d’observer dans le bataillon du 5€ Régiment de Dragons Portés où nous étions médecin, un cas d'intoxication collective par le Tétrachlorure de Carbone.

Deux hommes présentèrent une hépato-néphrite grave, mortelle pour l’un d’eux. N'ayant pu les conserver dans notre infirmerie de bataillon, nous avons dû les confier au Médecin-Capitaine JanBow, qui dirigeait l’Ambulance médicale n° 94 à Rethel. Nous devons à son obligeance d’avoir pu les suivre de très près et d’avoir pu faire pratiquer tous les examens humoraux possibles dans une telle formation.

L'attaque du 10 mai nous fit égarer ces observations qui étaient entièrement rédigées. Nous venons de les retrouver à Montpellier chez le Professeur Jan- BON qui avait pu les conserver.

Le 17 mars 1940, nous sommes appelé à 16 heures pour visiter un cantonnement où plusieurs hommes d’une même chambre sont malades.

Ils se plaignent tous de nausées ou de vomissements, de douleurs abdominales plus ou moins intenses, de vertiges, de frissons.

Devant le caractère collectif de ces symptômes, nous essayons de rechercher l’étiologie que nous pen-

sions un instant être le poêle situé au milieu de la pièce et nous avons appris l’histoire suivante :

Un dragon de l’escadron d’auto-mitrailleuse se procure du CCE (qui servait à remplir les extincteurs) afin de détacher leurs vareuses. Deux litres environ de ce liquide sont ramenés dans la chambre le 14 mars.

Le soir même, plusieurs soldats commencent à nettoyer leurs vêtements. Le poêle est allumé, les fenêtres sont fermées.

(Se reporter au schéma ci-contre.)

1) Nuit du 14 au 15 mars.

Dans la nuit, tous les soldats de cette chambrée «ne se sentent pas bien ». Trois d’entre eux (parmi lesquels un de ceux dont nous relations l'observation) sont pris de vomissements non alimentaires, vert jaunâtres, visqueux, accompagnés de coliques avec sensation de brûlures épigastriques.

Dans la chambre À se trouvent :

— R.. (Observation VIT ;

— V.. (vomissements, coliques) ;

— B... (vomissements, coliques) ; chez ce dernier, on constate le 18 mars, à l’occasion d’un examen complet de tous les occupants de cette chambrée, une albuminurie, non dosée, qui n’est plus retrouvée le lendemain ni les Jours suivants.

— $... (Observation VIIT) est absent « de garde ».

— X.. couché sur un lit surélevé et non sur la

paille est indemne.

PAR Ne TE

Dans les chambres B et C, personne n’est touché (l’aération est partiellement: réalisée par le courant d’air porte-fenêtre).

Ces vomissements se répètent au cours de la journée. Bien vite, ils incriminent « ce liquide » et ne se présentent pas à la visite, de peur d’attirer l’attention sur leur larcin.

2) Nuit du 15 au 16 mars.

À 20 heures, pour se débarrasser de ce liquide qui les a incommodés et croyant avoir à faire à une « essence spéciale », ils décident de l’utiliser pour ranimer le poêle.

L'effet produit n’est pas celui escompté. On rallume alors le poêle par des procédés plus normaux et le reste du bidon de CCE est jeté par la fenêtre !.…. Mais il se dégage une odeur telle que l’on aère la pièce en laissant deux heures durant la porte et la fenêtre ouvertes.

Dans la chambre A se trouvent :

— R.. (Observation VIT), dont les symptômes persistent,

et 5. (Observation VIII), qui est présent pour la première fois ce soir-là et qui se plaint des mêmes troubles que son camarade R...

— V.. et B.., étant « de garde » ce soir-là, ne s’y trouvaient pas.

— X.. présent, reste one (Lt surélevé).

Chambres B et C. Personne n’est touché.

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