‹ Hépato-néphrites Dues a L’intoxication Par Le Tétrachlorure De CarboneChapitre 43 sur 48 · RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Des recherches expérimentales faites sur l’intoxication par le tétrachlorure de carbone (par inhalation), il résulte que là encore, comme dans l’observation clinique, les lésions hépato-rénales sont de beaucoup les plus importantes.

L’animal de choix est Le lapin, chez qui on peut reproduire une hépato-néphrite analogue à celle observée chez l’homme, sauf les œdèmes.

De l’étude de l’ensemble des résultats expérimentaux, on peut dégager les conclusions suivantes :

La cylindrurie est un fait d'observation constante ; élimination des cylindres granuleux est parfois précoce, dès le premier jour, d’autres fois plus tardive ; elle peut être transitoire ou au contraire persister jusqu’à ia mort.

L’albuminurie est aussi presque constante ; elle est dans l’ensemble plus durable que la cylindrurie. L’urobilinurie est, à de très rares exceptions près, constamment retrouvée ; elle persiste presque toujours jusqu’à la mort.

L'augmentation de l’urée sanguine : il s’agit, soit

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d’azotémie progressive et modérément élevée, soit d’azotémie oscillante comme le fait s’observe assez souvent dans les néphrites expérimentales.

Les examens histologiques des reins montrent, dans un quart des cas, des reins normaux.

Dans un quart des cas, des lésions de glomérulite franche caractérisée suivant les cas et suivant les points d’une même coupe par la congestion élective ‘de l’anse capillaire avec tuméfaction et parfois nécrose endothéliale, par la présence d’un épanchement plus ou moins abondant, par l’adhérence du floculus à la capsule et par la sclérose discrète de la capsule, Ces lésions étaient associées dans la règle à des lésions des tubes contournés.

La tuméfaction épithéliale, la présence de fines granulations que le Mallory teinte en bleu dans lépithélium même et dans la lumière des tubes ont été constatés dans des reins de lapins tués et autopsiés immédiatement, il ne s'agissait donc pas de lésions cadavériques. :

Dans un quart des cas, les lésions glomérulaires étaient insignifiantes, mais les lésions des tubes de la corticale étaient accentuées. Ces lésions étaient parfois de la simple tuméfaction trouble, à laquelle pouvaient s'associer de fines granulations ou même des débris cellulaires dans la lumière des tubes. D’autres fois, les cellules épithéhiales avaient un aspect vacuolaire sans que les colorations spéciales y missent de graisse en évidence.

Enfin, dans le dernier groupe, on constatait, dans

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les tubes de la médullaire, au voisinage de la papille, de nombreux cylindres ou débris granuleux, bien que l’épithélium des tubes fut très peu altéré ; sur certaines préparations, il n’y avait pas coexistence de débris analogues dans la corticale : c’est là un fait remarquable, très peu fréquent dans les néphrites expérimentales.

Dans 1/5 des cas, on ne trouve aucune altération hépatique notable.

Dans 1/20 des cas, nécrose globale.

Dans les autres cas, les lésions constatées consistaient, soit en une clarification cellulaire, d'ordinaire centrolobulaire, soit en lésions péri-portales (traînées lymphocytaires discrètes, avec début d’organisation conjonctive et de sclérose périportale jeune) soit en congestion des veines sus-hépatiques.

Dans l’ensemble l'atteinte hépatique était plus accentuée que l’atteinte rénale. Il n’y avait pas toujours concordance entre les lésions du foie et celles des reins, certains lapins ayant un foie altéré alors que le rein était normal et inversement.

Les surrénales examinées étaient normales. Dans quelques cas, un certain degré de congestion de la médullaire pouvait être observé.

Dans 1/4 des cas la rate présentait une ébauche de réaction myéloïde.

Rarement, quelques lésions d’alvéolite hémorragique en îlots avec plages d’alvéolite fibrinoleucocytaire, ou lésions congestives de la paroi bronchique

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avec desquamation épithéliale et présence d’un exsudat fibrineux dans la cavité bronchique.

En résumé, à la suite d’une intoxication unique par inhalation de vapeurs de tétrachlorure de carbone chez le lapin, il est de règle d’assister à l’évolut'on d’une néphrite albuminurique et cylindrurique : l'élévation de l’azotémie survient parfois, elle reste modérée.

L’atteinte hépatique concomitante se décèle par la constatation d’une urobilinurie. Les aspects anatomo-pathologiques de cette hépatonéphrite sont très variables d’un animal à ’autre.

Chez l’homme, les lésions sont mal connues du fait de la rareté des cas mortels.

Au ue ,des quelques autopsies pratiquées on a trouve :

Les poumons congestionnés, de coloration foncée ; à la pression, il peut s’en écoulerune spume rougeâtre assez abondante. Des zones de consistance différente y sont observées que l’épreuve de l’eau montre privées d’air.

Le foie est augmenté de volume ; il est dur, scléreux à la coupe et présente un aspect granuleux et une coloration jaune paille ; il donne l’ mpression d’un foie cirrhotique. Cette notion concorde bien avec les opinions des expérimentateurs qui estiment que l’inhalation de tétrachlorure de carbone constitue l’un des moyens les plus sûrs de réaliser une cirrhose expérimentale chez l’animal.

Les reins sont augmentés de volume ; leur surface

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est lisse, rouge foncé. La capsule est assez adhérente. À la coupe, l’épaisseur de la substance corticale est augmentée par rapport à celle de la médullaire. L'examen histologique des reins permet de constater l’existence d’amas leucocytaires au niveau des glomérules, un degré modéré de néphrite chronique

diffuse.

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