‹ Herculanum et PompéiChapitre 8 sur 8 · PR. PRO. COS · texte numérisé non relu

PR. PRO. COS

Les statues des femmes sont évidemment des portraits ; elles n'ont rien d'idéal, et elles portent, au contraire, certains signes particuliers , comme la saillie des pommettes et la dé-

pression du bas du visage, qui annoncent une individualité bien accusée. On remarque sur le front de quelques-unes d'entre elles des trous destinés à recevoir des ornements en métal ou peut-être des perruques à la mode. Il y avait, en effet, chez les Romains une grande variété d'artifices pour l'arrangement de la chevelure, et toutes les modes que nous avons vues défiler successivement chez nous depuis trente ans, y compris le chignon, se trouvent dans les statues antiques. Jugez du désespoir d'une femme comme il faut de se voir représentée d'une façon ridicule à la mode de la saison dernière! Vite le sculpteur se mettait à l'œuvre, et il ajustait sur la tête de la statue une perruque où le galant édifice des cheveux se dressait en diadème, s'arrondissait en tour, se tordait en boucles , se tressait en nattes , se développait en flots ondoyants, se hérissait en toupet ou s'accumulait en chignon, suivant le caprice du jour. On poussait même l'attention plus loin , et quand c'était le tour de la couleur blonde d'être belle , on dorait la chevelure pour mieux imiter les reflets d'or des perruques qu'on empruntait aux filles de la Germanie. Si, au contraire, les cheveux noirs étaient en faveur (mode assez rare, attendu que cette nuance est trop naturelle en Italie), un marbre noir vous servait à souhait. Le vêtement, quand il existait, donnait moins de soucis; il se composait généralement d'une tunique et d'un pallium, dont les plis simples et harmonieux se prêtaient admirablement à la sculpture. Heureusement la crinoline n'était pas inventée ; car, avec ses lignes antisculpturales , elle eût infailliblement tué la statuaire . Ne rions pas trop de ces caprices ; car les modes, toutes futiles qu'elles sont, ont fourni aux archéologues des signes précis pour reconnaître les différentes époques : pour eux , les fantaisies de la vanité valent les caractères tirés de la facture même du travail.

Le musée degli Studi est tellement riche , qu'on peut y suivre une série ininterrompue d'œuvres originales de l'art grec de toutes les périodes. La Minerve et la Diane d'Herculanum, le groupe d'Oreste et d'Electre, sont des exemplaires rarissimes de facture archaïque; la tête de Junon, dans la galerie de Tibère , et les athlètes Farnèse , sont des monuments vraiment distingués de l'école sévère ; l'admirable fragment de la Psy-

ché et le bas -relief de Bacchus et des Grâces sont des types de style tendre et délicat; la Minerve debout, l'Hercule et le Taureau Farnèse, la Néréide du Pausilippe, le bas -relief d'Orphée et d'Eurydice, la Vénus de Capoue et l'Aristide d'Herculanum, sont des chefs-d'œuvre de la sculpture grecque au temps de sa plus grande splendeur. L'Aristide est vraiment merveilleux. L'artiste, renonçant à toute prétention, à tout effet, a représenté simplement un homme revêtu d'une tunique et d'un léger manteau, le bras droit enveloppé dans les plis du vêtement , le bras gauche passé par derrière pour soulever le pallium ; aucun mouvement , aucune action ; le visage n'a aucune expression particulière. Mais, avec ces éléments si simples , que cette statue est belle ! Comme elle respire bien cette grandeur calme qui est le cachet le plus irrécusable de l'antique ! Que c'est bien là l'homme maître de ses passions , bon, indulgent pour les autres, mais sévère pour lui-même, inflexible dans le devoir, et portant sur toute sa personne la sérénité de la vertu ! Que c'est bien le juste, tel que le paganisme se le représentait! Ce caractère éclate tellement (c'est là le comble de l'art), que tous les antiquaires, d'un commun accord, ont donné à cette statue le nom d'Aristide, quoique aucune inscription ne l'indique, et que le portrait du sage Athénien soit complètement inconnu. On ne l'a jamais vu ; mais on le reconnaît au premier coup d'œil. Quant à la Vénus, quoiqu'elle ait été trouvée à Capoue dans un amphithéâtre bâti au temps d'Adrien, c'est-à-dire à la meilleure époque de l'art romain, elle est si belle qu'on l'attribue, soit à Alcamène, soit à Praxitèle. Quelques antiquaires, la comparant à notre célèbre Vénus deMilo, supposent même qu'elle en serait l'original, dont celle-ci ne serait qu'une belle copie mutilée.

L'art romain n'est pas moins bien représenté à Naples, et l'on peut en suivre les progrès jusqu'au temps d'Adrien, au moyen des statues de Flore, des Balbus, d'Adonis, d'Antinoiis, et des bustes dp Caracalla, de Puppienus, de Gailien, etc. etc., pour en noter ensuite la marche descendante, la décadence et la barbarie sous les Césars postérieurs. Ces comparaisons fournissent un objet d'étude des plus attrayants.

Le cadre de cet ouvrage ne comporte pas les longs dévelop-

pements que nécessiterait l'examen du musée de Naples. Toutefois, en parcourant les trois portiques Miscellanées, des Dieux et des Empereurs, les sept galeries de la Flore, des Marbres de couleur, des Muses, d'Adonis, de Jupiter, d'Atlas ou des Hommes illustres et de Tibère, et la salle des Vénus, nous ne pouvons nous empêcher de mentionner quelques objets plus remarquables : un Chasseur, figure de paysan avec la barbe en pointe, coiffé du pélase, couvert d'un vêtement de peau, portant pendants sur son épaule gauche un lièvre et deux colombes, petit tableau charmant de naturel; — le Gladiateur blessé, torse d'une rare perfection, avec des membres restaurés : les membres contractés par la douleur, les cuisses et les genoux frissonnants , le corps tombant en avant , donnent à cette statue une vérité surprenante; — le Vainqueur blessé, étude de muscles et de mouvements digne de Praxitèle : la parfaite exécution de l'œuvre , la beauté de l'attitude , et le style achevé des phs de la chlamyde ont même fait supposer que l'original était en bronze, le bronze admettant plus de fini dans les détails; — un buste de Celius Caldus, tête d'une expression étonnante, qui nous montre à quel point l'art peut donner l'illusion de la vie , et travaillée avec une maestria dont approchent bien peu de portraits en marbre ; circonstance singulière, cette tête ressemble parfaitement à celle de Napoléon jeune, au moment du consulat; — un Apollon Cylharède, que Winckelmann préférait à toutes les autres figures de ce dieu ; — le Ganymède enlevé par l'aigle, où l'artiste a eu le talent de donner de l'expression à l'aigle lui-même; — VAniinoiis sous la figure de Mercure, parfaitement semblable à la célèbre statue du Capitole : ce chef-d'œuvre peut se comparer aux travaux les plus splendides de l'art grec, et il nous donne la mesure de la perfection que l'art romain avait atteinte sous Adrien; — une Agrippine assise et pleurant Gerrrranicus , que "Winckelmann juge la plus belle des trois Agrippine les plus renommées : il est impossible d'exprimer d'une manière plus sobre une plus profonde douleur; cette tête baissée, ce regard fixe et morne, ces traits altérés, cette poitrine qui se gonfle sous le sanglot, ces mains serrées convulsivement, il n'en faut pas davantage pour nous émouvoir profondément, et l'on com-

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prend que cette simplicité, cette sobriété de moyens , est l'essence même du beau antique; — un Jules César, admirable tète colossale où se reflète tout le génie du personnage; — un Caracalla, fameux buste que Lysippe lui-même, au dire de l'illustre critique allemand, n'aurait peut-être pas exécuté plus parfait; — enfin une riche collection de Vénus dans toutes les attitudes, exprimant la perfection des formes humaines. La plupart de ces statues sont très bien conservées; d'autres, mutilées, ont été.restaurées plus ou moins heureusement, quelquefois avec des fragments antiques. Plusieurs ont souffert de la chaleur des cendres volcaniques qui les ont ensevelies, elles ont perdu leur patine ou sont légèrement calcinées à l'extérieur.

On ne saurait passer sous silence quelques bas-reliefs d'une exécution vraiment magistrale , des sarcophages, des fontaines lustrales, des trépieds, des urnes cinéraires, des puleal ou rebords de puits, des coupes, des candélabres, des cadrans solaires, desantéfixes, et une foule d'autres objets où le ciseau antique s'est exercé avec bonheur. Citons surtout, quoiqu'il n'appartienne pas à la collection pompéienne , le grand cratère de Salpion l'Athénien, signé du nom de son auteur et représentant Bacchus enfant confié aux nymphes par Mercure. Ce magnifique vase, qui est un des chefs-d'œuvre du beau idéal, provient de l'antique Formies, et fut longtemps abandonné sur la plage de Gaëte, où il servait aux matelots comme de borne pour amarrer leurs barques ; et c'est à cette circonstance qu'il faut attribuer les profonds sillons qui en ont mutilé plusieurs personnages. Malgré ces dégradations, les figures n'en demeurent pas moins incomparables d'exécution.

Que dirons -nous maintenant des bronzes, où la délicatesse et le fini du travail ont atteint une perfection dont nos meilleurs bronzes modernes ne sauraient nous donner une idée, même lointaine ? Ces chefs-d'œuvre sont d'autant plus dignes d'intérêt, qu'ils sont presque introuvables. Les barbares, dans leurs dévastations , ont quelquefois respecté les statues de marbre : mais ils n'ont point respecté les statues de métal , dont ils pouvaient immédiatement tirer un parti avantageux par la fusion. Il en résulte que les beaux travaux de la toreutique grecque sont extrêmement rares, et par conséquent très peu connus. Il

faut aller à Naples pour les apprécier et les admirer, les ruines d'Herculanum et de Pompéi, d'où on les a presque tous extraits , ayant été soustraites à l'avidité des Hérules et des Vandales par la catastrophe de l'année 79. Le métal a un peu souffert de l'action des cendres brûlantes : les bronzes d'Herculanum ont la surface d'un vert foncé et relativement unie; ceux de Pompéi sont altérés, rongés, et ont une couleur vert-bleuâtre qui fait qu'on en reconnaît à première vue la provenance.

Le musée de Naples possède cent quinze grands bronzes artistiques, d'une merveilleuse facture pour la plupart. Les plus célèbres sont le petit Faune dansant, vrai chef-d'œuvre de grâce et de légèreté aérienne; — le Faune dormant, d'une telle vérité qu'on croit entendre sa respiration régulière et qu'on tremble de l'éveiller; — le Silène ivre penché sur son outre vide, et faisant claquer ses doigts avec une suprême expression de contentement bachique; — un Mercure au repos j un des bronzes les plus parfaits de l'art grec , tant pour la beauté idéale des formes que pour le fini du travail; — les bustes deSénèque et de Platon, si vivants, si expressifs, qu'on s'imagine qu'ils vont parler ; — un cheval de grandeur naturelle, resté seul du quadrige de Néron dont il faisait partie , et trouvé à Herculanum sous les ruines du temple d'Hercule ; — enfin une tête colossale de cheval, reste admirable de l'antique sculpture grecque de Naples.

Cette tête appartenait à un cheval qui décorait la grande place du temple de Neptune, comme étant le symbole de la répubUque napolitaine. Au moyen âge, le peuple croyait que ce cheval était l'œuvre des enchantements de Virgile , regardé par lui comme un grand magicien , et il en fit l'objet d'un culte superstitieux : on amenait les chevaux malades et on leur faisait faire quelques tours autour du cheval de bronze, celui-ci ayant la vertu de les guérir, parce qu'il avait été fondu sous l'influence d'une certaine constellation. Pour mettre fin h cette superstition, l'archevêque fondit le cheval de bronze en 1322, et en fit une des cloches de la cathédrale ; la tête seule fut sauvée de la destruction. Le peuple fut ramené à des pratiques plus chrétiennes par cette mesure radicale, et dès lors il conduisit les chevaux malades, pour les faire bénir, devant l'église

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dédiée à saint Éloi, évêque de Noyon, dont le culte avait été introduit à Naples par les Angevins. Lorsque la guérison était obtenue, les fers du cheval étaient cloués, comme objets votifs, sur la porte de l'église Saint- Éloi. Aujourd'hui cette dévotion s'est transportée à l'église Saint-Antoine.

Si les grands bronzes sont essentiellement des œuvres d'art, les petits bronzes ne sont pas dépourvus de mérite artistique, bien loin de là. Le goût était si naturel chez les anciens , que tous les instruments façonnés dont ils se servaient, jusqu'aux ustensiles de cuisine, portent un cachet remarquable d'élégance et de distinction. C'est encore à Naples qu'il faut aller

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pour étudier et pour admirer cet art familier, ou , comme on dit aujourd'hui, cet art industriel des Romains. Les fouilles d'Herculanum , de Pompéi, de Stabia, ont mis au jour une quantité innombrable d'objets, plus de quinze mille, et ce chiffre s'accroit tous les jours. Ce n'est pas sans un vif intérêt qu'on parcourt les sept salles consacrées à cette curieuse collection, unique dans son genre. Ustensiles de cuisine, balances, poids et mesures, candélabres et lampes, patères, vases pour les sacrifices, instruments aratoires, outils, armures, billets de théâtre, objets de toilette, instruments de chirurgie, instruments de musique, encriers, styles, plumes, cachets, etc. etc., tout s'y trouve k profusion, sous mille formes variées, et Ton peut assister ainsi, par l'imagination, à la vie domestique des anciens.

Quelques-uns de ces objets, par le caractère artistique qui y brille , méritent une mention spéciale. Nous citerons donc un

fourneau portatif, en forme de bastion crénelé, ayant aux angles quatre bastions également crénelés qui servaient de bouilloires ; l'intérieur contenait le foyer, et les créneaux recevaient les broches pour faire rôtir les viandes : cet ustensile est d'une rare élégance ; — des balances et des poids , vérifiés et étalonnés au Capitole , comme le porte une inscription ; — des moules à pâtisseries, figurant en relief des coquillages, des poulets , des lièvres , des fruits , etc. ; — des estampilles , pour imprimer des fleurs , des feuillages ou des dessins variés sur les pâtes ; — un très beau candélabre trouvé dans la maison de Diomède à Pompéi : il représente un pilastre corinthien avec quatre bras légers pour soutenir quatre lampes aux formes gracieuses; tous les détails d'ornementation sont d'un goût exquis ; — des chaises curules ornées de tête d'aigle; — le plus magnifique trépied qui nous soit resté de l'antiquité, non moins remarquable par son élégance , la pureté de son dessin , que par la conservation parfaite de toutes ses parties ; — de grands cratères ciselés , pour servir le vin à table , avec le nom de la propriétaire, Gornelia Scribonia; — et, pour ne pas nous arrêter plus longtemps, une foule d'autres objets et ustensiles .d'un rare travail. Nos industriels devraient étudier cette collection; ils apprendraient bien vite à repousser les formes tourmentées et prétentieuses , pour revenir aux lignes pures , simples et calmes de l'antique.

Si l'art avait pénétré jusque dans l'industrie vulgaire , on peut juger de ce que pouvaient être la bijouterie et l'orfèvrerie. Le muséedegli Sludipossède environ dix neuf cents ornements en métal ou en pierres précieuses , qui nous permettent d'apprécier à quel degré d'habileté en étaient arrivés les travaux du oiselet , du burin , du tour et de l'émeri , entre les mains des artistes grecs et romains. Tous les bijoux, coUiers, bracelets, pendants d'oreilles , petits diadèmes , anneaux, amulettes, boutons, boucles, épingles, miroirs, etc., ont des formes élégantes, ingénieuses, toujours charmantes : l'or et l'argent dont ils sont composés , les pierres fines dont ils sont ornés , ont moins de valeur que la perfection de la ciselure. Quelle délicieuse paire de pendants d'oreilles , que ces petites balances dont les plateaux sont figurés par deux perles ! Et que pensez- vous de ces

merveilleux bracelets qui imitent des serpents par le mouvement aussi bien que par l'aspect, et qui ajoutent à l'illusion par les fauves éclairs jaillissant des yeux d'escarboucles encastrés sur la tète des reptiles? Les gemmes gravées, sardoines, calcédoines, cornalines, améthystes, agates, jaspes, aiguës -marines, etc., au nombre de plus de trois cent cinquante, ne sont pas des œuvres d'art moins intéressantes. Ces intailles représentent des dieux , des têtes d'empereurs ou

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d'impératrices , des scènes de guerre , de chasse ou d'amour, des sacrifices, etc., et tous ces sujets sont traités de la manière la plus fine et la plus délicate. Les camées antiques, au nombre de onze cents, sont encore plus précieux. Quelques-uns atteignent véritablement la perfection de l'art, et nous citerons entre autres un Auguste, un Jupiter et un Silène au repos, d'une incomparable exécution. Plusieurs de ces œuvres sont signées de noms d'artistes grecs qui nous sont signalés par Pline , et ce détail ajoute singulièrement à leur valeur.

Il est une autre branche d'industrie qui s'allie étroitement avec l'art : c'est la céramique. Naples possède aujourd'hui, répartis dans six salles, plus de trois mille vases peints , appartenant tous à ce genre qu'on nomme ordinairement le genre étrusque, et qui serait plus convenablement appelé le style

italo - grec , puisque ces vases ont été fabriqués , non en Étrurie, mais dans l'Italie méridionale ou Grande-Grèce. Tous sont extrêmement remarquables pour le choix des sujets qui y sont peints, l'étendue et la beauté de la composition, la finesse du dessin, l'élégance des formes, l'importance archéologique et artistique, et surtout la vivacité des couleurs. Les plus précieux sont de l'espèce dite de Nola, bien reconnaissable au noir de jais net et luisant qui en compose le fond, et au beau rouge de brique dont sont peintes les figures.

Après cette belle collection, on ose à peine mentionner les terres cuites de l'époque romaine, quoiqu'elles aient une véritable valeur; mais comme elles sont beaucoup plus connues que les premières, nous ne nous y arrêterons pas. Notons seulement en passant qu'il y a plus de trente mille lampes d'argile, aux dessins les plus variés et aux formes les plus élégantes. Les verres antiques, vases, bouteilles, coupes, etc., méritent aussi d'être signalés. Ils sont au nombre de plus de quatre mille , provenant pour la plupart des fabriques d'Egypte, et ils nous montrent que les anciens avaient des connaissances chimiques plus étendues qu'on ne le croit, et qu'ils savaient travailler le verre de toutes façons , pour la couleur et la ciselure , jusqu'au point de contrefaire les pierres précieuses.

Nous n'en avons pas fini avec les collections antiques du musée de Naples. Pour être complet, il nous faudrait encore étudier les inscriptions grecques, latines et osques gravées en creux , ou bien tracées au pinceau ou à la pointe ; les monuments égyptiens, sculptures, bronzes, terres cuites, momies, amulettes; les papyrus d'Herculanum, dont nous avons eu occasion de parler plus haut ; et enfin la collection numismatique. Mais il faut savoir se borner. Nous nous arrachons donc avec regret à tant de merveilles, et nous emportons, avec le souvenir des villes détruites, l'image d'une civilisation bien supérieure à la nôtre par le côté matériel, mais bien inférieure par le côté social et le côté moral.

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