‹ Herculanum et Pompéi (volume 2)Chapitre 6 sur 7 · PI -V · texte numérisé non relu

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TROISIÈME SÉRIE. i95^

le regard rêveur et le sourire mourant de celle qui laisse sur la terre des amis éplorës.

La vignette est un de ces emblèmes de la chasse si fréquents à Pompéi. Le Génie a blessé un ours qui le poursuit; il vient de lui lancer sa dernière flèche, qui est tombée sans effet; mais il échappe en riant à l'animal furieux , tandis qu'un chien arrive à son secours.

PLANCHE lOL

Ces deux peintures sur fond blanc ont été trouvées ensemble dans une maison située près des portes de Pompéi , et au pied des murs de la ville , qui sont eux-mêmes couverts de refends pareils à ceux qui occupent le bas de chacune des fresques. La première représente un jeune homme aux cheveux blonds ; une draperie changeante, rouge et verte, lui laisse à découvert le liras droit et tout ce côté du corps : cette habitude d'avoir l'épaule nue, que l'on qualifiait par l'épithète £;oaia;, était propre non-seulement aux philosophes cyniques (i), mais aussi à une grande partie de la jeunesse des villes grecques (2). I! est assis sur le bord d'une muraille, occupé à dérouler d'une main un volume et à le rouler de l'autre à mesure qu'il le lit.

(1) Lucian., Vet. Atict.,1; Salmas. patient. ad Tertull., (IePalL,p. HO, ^255 cl (2) Theocr., MylL, II, 78 ; Xe-

390 ad iOO ; D. Gyprian., de Bono noph., Conviv. ,p .098.

L'autre figure est celle d'une jeune femme, dont les cheveux également blonds , mais flottants sur les épaules, sont retenus sur le front par une branche de laurier. C'est la coiffure propre à CalHope (i), à Phœbus (2), aux poètes, aux musiciens (3), aux prophètes (4). Son V élément intérieur (tiinica Interior) est vert et retenu sur l'épaule au moyen de trois agrafes, genre de tunique qui s'appelait péronatride, Trspovarpi; (5) ; une large draperie de couleur changeante, rouge et verte, est jetée làdessus, et laisse le bras droit de la musicienne plus libre que l'autre, bien qu'elle touche de la main gauche seule ment les cinq cordes de sa lyre d'or.

Le magnifique péristyle de la m lison dite du Questeur, à Pompéi, était décoré de cette fresque, qui représente, sur un fond jaune, une de ces danseuses dont l'image se répète si souvent dans les habitations des deux cités vésuviennes. Celle-ci porte les attributs d'une bacchante : la couronne de lierre avec corymbes ceint ses blonds cheveux; la nébride couvre la moitié seulement de son beau sein, et ses mains blanches et délicates portent le

(1) Ovid., Vast., V, 79. (4) TibuU., Eleg., II, 5, 66.

<2) Ici., Met., I, 564. (o) Thpocr , hlyll,, XV, 21 ; An-

(3) Virg., .En., I, 740. ihol., III, 123, 2.

"iviiv"ri'i;K>

TROISIÊMIi: SÉRIE. 197

tliyrse couronne de myrte et hi patère d'or. Sous la nébride, au l)as du sein, se rattache une draperie légère de couleur violette, ([ui flotte au gré des zéphyrs éveillés par la danse, et ([ui dévoile ainsi les contours d'un beau torse et des membres les plus ii,racieu\ : luie écharpe blanche voltige sur le cou et autour du.bras gauche; les pieds sont ornés de périscélides. Les danseuses que les anciens faisaient paraître daus leurs repas prenaient souvent ces brillants et riclies attributs , propres à jeter de la variété dans leurs pas ou leur pantomime , en justifiant la hardiesse de leurs attitudes et leur nudité presque entière. Surtout, elles prenaient souvent le disque ou la patère, qui leur faisait donner le nom de pi/iacidcs, Trivaxu^£;(i). Dans les festins, elles apportaient ou enlevaient en cadence les plats d'or et d'argent qu'elles faisaient briller au-dessus de leur tête en traçant dans l'air des figures rapides et variées.

Ce qu'il y a de plus admirable dans cette peinture , comme dans toutes celles du même genre , c'est la rapidité, la facilité, la sûreté, et, dirai-je comme les Italiens, la fluidité de pinceau des artistes de l'antiquité. Ces qualités sont, à la vérité, essentielles dans la fresque, qui ne souffre ni lenteurs , ni corrections : et les occasions de les acquérir par un travail forcé étaient aussi multipliées dans les siècles anciens qu'elles sont rares de nos jours.

Poil., Onom., segm. 103.

198 PEliMURES.

Une des plus impérieuses nécessités de la poésie et de la peinture commande de personnifier toutes les affections de l'âme, tous les actes de la vie, et même les conceptions les plus abstraites. Homère, Pindare, Eschyle nous offrent comme des êtres réels : la Terreur, ^oêo; (i) ; la Poursuite , îtoxvi {•2} ; le Repos , Hgu/> (3) ; la Vérité , ÀXâOsia (4); le Prétexte, nprWL; (5) ; la Nécessité, Àvày/.-/-. (6) ; la Honte, AiG/uvr, (7). Et c'étaient là non-seulement des allégories consacrées par les poètes, mais encore des divinités reconnues par les peuples. On adorait, chez les Athéniens, la Force , Bia (8) , l'Impudeur, ÀvauW (9) , et la Pudeur, A->U; (10) ; chez les Thébains, la Richesse, moOTo; (i i), et la Fortune, Tuyr, (i'>.); ^^ Sicyone, la Persuasion, n£iOco(i3); àOlympie, l'Occasion, Kaipoç (i 4); en Élide, l'Ivresse, MiOr, (i5); à Épidaure , la Mansuétude , Httiov/i (i()); à Sparte, la Mort, ©avaro; (17).

Suivant les traces de la religion, l'art multipliait de

(1) Hom., //., £, 538 ; it:schyl., (9) CÀc.,de LL., II, 1.

A(/am., M2(). (10) Pausan., III, 20, iO.

\î>) Homer., IL, s, 339. (M) Id., i6, 2.

(3) Pindar., Pyth. , 82. (12) Id., IV, 30, 3.

(i) Id., Olymp., 10, G. (13) Id., II, 7, 7.

(5) Id., Pyth., 5, X>. (14) Id., VI, U, 7.

(6) ^schyl., Promcih., 515. (15) Id., VI, 2i, 6.

(7) Id., Theb. , 394. (16) Id., II, 29, 1.

(8) Pausan., II, 4, 7. (17) Plutarch., Cleomen., 9.

PEINTUREES

Mr 13".

plus en plus ces êtres imai^lnaires. Par sa nature même, plus féconde en ce genre de création que sa sœur la poésie, la peinture étendait clia([ue jour le domaine de l'iconologie : elle a créé de la sorte une foule de personnages abstraits dont on cliercherait en vain le nom dans les auteurs classiques.

Le personnage que représente notre fres(|ue doit-il être rangé tout à fait dans cette catégorie? Sans doute, cette femme ailée, la tête ceinte d'un diadème, parée de boucles d'oreilles et d'un collier d'or, vêtue d'une large tunique d'une étoffe transparente sur laquelle est jetée une draperie flottante à mille plis, cette femme, qui soutient de la main gauche un bassin, et qui pose sa main droite sur l'anse d'une espèce d'aiguière appelée prochoiis, xpo/oo; (i), doit être nommée , comme le propose un critique italien, la Libation. Mais ce n'est point là un être dépure fantaisie. La Libation, Spo ndèilizov^r^, est une dea Heures des Grecs, la septième entre les dix, celle qui suit le Midi, Méscmbria ('M£(7r,[j.€pla), et précède la Prière {Kit/) : Hygin parle de ces dix Heures conmie d'autant de personnages mythologiques (a).

Le pendant de cette fresque est une figure presque semblable, que nous ne donnerons point par cette raison, et qui porte un bouclier et une couronne. Quelques archéologues l'appellent la Recoîuiaissance militaire.

(1) Homer., Odyss., I, 13G. (-2) Fab., 183.

ÎOO PEINTURES.

Peut-être serait-il plus logiqued'y voir une autre Heure du jour, la quatrième, par exemple, appelée Gymnasia (TupaTia), et consacrée aux exercices athlétiques et "uerriers.

Cette danseuse, couronnée de feuilles de vigne ou de groseillier, avec de petites grappes qui pendent derrière les oreilles, et portant une corbeille pleine de fruits de toute espèce, est encore une fresque de Pompéi. Elle est peinte sur fond jaune. Une draperie verte , doublée de violet, posée sur le bras gauche, ne couvre que le bas de cette figure, en formant mille plis onduleux, et semble prête à tomber tout à fait à ses pieds. Voilà encore une de ces danseuses qui prenaientun costume de bacchante pour embellir le festin et charmer à la fois tous les sens des convives. On sait que les anciens croyaient devoir à Bacchus, non-seulement la vigne, mais encore tous les fruits (i). C'estpourquoi, parmi ces danseuses bacchantes, les unes versaient le viu, d'autres la liqueur des Naïades; celles-ci offraient les produits de la chasse, celles-là, enfin, apportaient les dons de Pomone; et toutes étaient consacrées également au culte de Bacchus et de Vénus- Hétaira.

(I) Alhen., Il, 85; ïhcocr., /c/y//., Il, 1-20.

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PEIÎsTURES

TROISIÈME SERIK. 201

Depuis Cicërou (i) jusqu'aux astrologues du moveii âge, ou a proposé uu grand uonibre d'explications physiques ou morales de la fable de Saturne, mutilant sonpère Uranus, dévorant ses enfants, et chassé enfin par son fils. Jupiter. Saturnus, quod saturetur liberis, scilicet annis ; « le Temps est appelé Saturne parce qu'il dévore ses enfants, c'est-à-dire les années. » Diodore est l'écrivain qui a enveloppé le plus complètement le sens historique de cette allégorie : nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer le lecteur, curieux de ce genre d'explications, à l'ouvrage du savant Sicilien (:2), et aux bons traités de mythologie.

Les statues consacrées à Saturne représentent ordinal rement ce dieu avec un aspect vénérable, la tête couverte d'un pan de son large manteau, soit pour rappeler les profondes méditations qu'il a consacrées au bien de l'humanité, d'où lui est venu le surnom A' Aucylomete, à.y,\jk(i[j:r-rr^, esprit subtil ; soit plutôt (3) pour rappelerles ténèbres qui enveloppent l'origine des temps personnifiés dans Saturne. On lui met à la main une faucille, parce qu'il a enseigné l'agriculture aux hommes encore sau-

(1) DeNaL Deor., II. (3) Yiscont., Mus, Pio-Clemcnf.

(2) Hist. iiniv., V. VI, tab. 2.

3° Série. — Peintures. 26

202 PEIINTURES.

vages; ou parce que le Temps, terrible moissonneur, fauche les jours des vivants.

C'est ainsi que l'a figuré le peintre de Pompéi : majestueux dans sa démarche, vénérable dans tout son aspect , un large manteau lui enveloppe la tête , tout le corps, et même la main gauche, ce qui paraît une allusion aux sacrifices de la déesse Fides, dans lesquels les prêtres ne devaient montrer que la droite (i) : en effet, il ne manque point de rapports entre Saturne , Astrée et la Bonne Foi. On reconnaît ces nobles traits de la famille des dieux, plus sereins dans le maître du tonnerre, plus sauvages dans le roi du Styx, plus mobiles dans celui de l'Océan. Voilà encore cette barbe partagée en deux parties, qui, moins inculte, ou plus rare, ou plus touffue, caractérise les trois fils deRhéa.

Les images de Saturne , sculptées dans le marbre ou coulées en bronze, sont très-rares. Il existe deux de ses images peintes : l'une a été trouvée dans le sépulcre des Nasons; l'autre, infiniment précieuse par cette rareté même, est celle que l'on voit ici.

Ces deux figures font partie de la décoration arabesque du magnifique atrium de l'édifice de Pompéi

(l)Tit. Liw, Hist. Voy. Bronzes, Bus!., pi. 5.

PEINTUKES t ^(^ a/^ /"t/

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que l'on appelle la maison du Navire. Elles représentent deux jeunes guerriers, on héros, entièrement nus, portant tous deux un manteau de pourpre et une couronne de chêne. En l'absence d'emblèmes et d'attributs caractéristiques , il serait inutile de passer ici en revue tous les personnages mythologiques ou historiques que l'artiste a pu se proposer. On pourrait rappeler les Dioscures, mais nos guerriers n'ont point le casque en forme d'œuf; Harmodius et Aristogiton, mais ils ne portent point le glaive couronné de myrte. De conjectures en objections, cette interminable recherche n'amènerait aucun résultat. Bornons-nous donc à faire remarquer les différences qui distinguent nos deux figures entre elles.

Le jeune guerrier qui occupe la droite de la planche est ceint du parazonium; son manteau, détaché de ses épaules, est jeté sur son bras gauche, et il essaye, sur le bout de son index, si le fer de sonjavelot est bien aiguisé; en un mot, il semble se préparer au combat. L'autre figure, quoiqu'un peu plus forte de proportions, paraît être le même jeune homme , ou un de ses compagnons d'armes, qui vient déterminer l'entreprise, qui sort vainqueur de l'attaque méditée. Il a rattaché sa chlamyde de pourpre, qu'il porte en triomphateur; il a quitté l'épée et le javelot pour le bouclier et la lance : mais il porte celleci renversée. Enfin, il tient de la main droite un objet qu'il semble examiner curieusement , et qu'aucun archéologue n'a pu déterminer jusqu'ici : sans doute, cet attribut serait la clef de toute l'allégorie, si notre peinture en ren-

ferme une. Nous ne pouvons qu'émettre une conjecture : cet objet nous paraît être le fer d'un énorme javelot, lancé sans doute par une machine de guerre : échappé au danger, et triomphant, le guerrier contemple l'affreux projectile qui a failli l'écraser sur le seuil même de sa victoire.

Le sujet de ces peintures est à peu près le même. De part et d'autre, sur un fond rouge est représentée une jeune femme blonde, couronnée d'une guirlande de lierre, assise, ou plutôt à demi couchée sur le sol, nue jusqu'au-dessous delà ceinture, et le reste du corps enveloppé dans une draperie rouge de laque, qui ne laisse voir que le pied gauche sans chaussure.

Passons aux différences.

La première a pour bouclesd'oreilles deux cercles d'or très-délicats, appelés hélictères, ilv/.x-r^z; (i) : sa main gauche tient cette large feuille de couleur d'or, dont nous avons parlé si souvent, et qui peut être un flabellum, une feuille de nymphéa consacrée à Vénus, ou enfin une feuille de figuier, attribut de Bacchus Sycitès (lu-ATni). Enfin, elle se soulève en s'appuyant sur son bras droit étendu , la main posée à plat sur le sol.

<1) Poil., V, 97.

T'SHif Série

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TROISIÈMK SÉRIE. 205

IVautrea des pendants d'oreilles formés de trois perles; de la main gauche elle tient nne corne d'or qui peut être un rliyton ou la cornucopia; son bras droit replié porte, vers le coude, un pan de la draperie , et s'appuie sur un tympanum garni de ])andelettes auxquelles sont suspendus des grelots.

Fous les attributs de ces deux figures conviennent à des bacchantes ; mais ils ne répugneraient pas à des nymphes. D'ailleurs, leur attitude est plutôt celle qu'affectent ha- ])ituellement les divinités des fontaines : la finesse de leurs traits, la délicatesse virginale de leurs membres d'albatre, s'accordent mieux aussi avec cette dernière supposition. On peut tout concilier en les appelant nymphes, nourrices de Bacchus.

Semblables par le cadre , qui est d'or et garni d'oves , semblables par le fond, dont la couleur est rouge, ces trois peintures ont de plus quelque rapport entre elles par la nature du sujet, et surtout par l'attitude des personnages qu'elles représentent. Elles ont été trouvées dans une maison d'Herculanum , où elles remplissaient trois dessus de porte.

Dans le premier cadre , on voit une Léda ou une Némésis, qui offre à un cygne une patère d'or, dans laquelle il y a quelque nourriture ou quelque boisson

peut-être du neetar. Nous avous moutré ailleurs le rapport de ces deux sujets. La jeuue femme est accoudée sur le bras droit , et une draperie blanchâtre , posée sur le coussin où elle s'appuie , couvre ses jambes et sa cuisse droite, en ne laissant voir que l'extrémité du pied droit: cette même draperie passe ensuite sur son bras gauche et voltige derrière ses épaules. Les cheveux de notre Léda, longs et flottants sur les épaules, sont serrés sur son front par un diadème d'une couleur jaunâtre , et peutêtre d'or, comme ses boucles d'oreilles et ses bracelets.

Le cadre suivant offre une femme, dans une attitude et un costume à peu près semblables, mais inverses ou symétriques. La draperie de celle-ci, qui laisse voir ses deux pieds, est d'une couleur qni change du vert foncé au brun rougeâtre. Couronnée de lierre, elle tient de la main gauche un vase d'or en forme de corne, et de la droite elle paraît faire ce signal que les Latins désignaient pas l'expression concrepare digltos ou dlgitis (i).

La cithariste du troisième cadre est couchée sur le ventre , dans une position toute fantastique , ou qui suppose au moins qu'elle s'appuie , du côté gauche, sur des coussins, pour toucher avec les deux mains les huit cordes de sa lyre d'or, en forme de harpe, appelée cetra. Ses cheveux sont parsemés de feuilles de lierre ou de vigne : une draperie , des mêmes couleurs que celle de la seconde figure, passe sous son corps , flotte derrière elle , et couvre ses cuisses et la moitié des jambes.

(l)Petron.,27;D.Hieron.,£)j26'?. ad. liust.

TROISIÈME SÉRIK. 307

planchf: 109.

Sur ce fond noir, entouré d'un par(|net, d'un eliambranle et d'un plafond d'areliiteeture rongeâtre, on voit une l\illas parée d'une rol)e violette, couleur dont les Spartiates se revêtaient à la i^uerre à cause de son analoi'ieavec celle du san<> ( i ). La déesse porte autour du cou, sur la poiti'ine et les épaules, ce qu'on appelle proprement réi>ide, arnuue faite d'ahord d'une peau de chèvre et décorée de la tête de (jor<^one : ]'éi>i(le est réellement la cuirasse ou le gorgerin (:2j, bien que ce mot se soit employé abusivement en parlant d'un bouclier (')). Elle est coiffée d'un casque d'acier rehaussé d'or, et dont le cimier est orné de plumes blanches. De la main droite , elle porte une lance d'or, et à son bras gauche , qui est renversé en arrière , on voit un l:)ouclier d'or ou de cuivre à deux anses ou brassières. Ces anses appelées ô'yava, inventées par les Gariens ( j), ne furent adoptées par les Spartiates qu'au temps de Cléomène (5). Auparavant, on se servait de courroies appelées -rslaj^.covs; (f)), à l'aide desquelles le bouclier se portait suspendu au cou comme l'épée : ces courroies étaient attachées au bouclier

(1) Pliit.,//is/. /rtc, tom.n,p.i>:j8. (i) Hprodot. , I, 171 .

(iî)Homer., ///of/., £,738; Eurip., (5) Plut., Cleom., tom. I, p. 809.

Ion., 993 et seqq. ; Poil. V, 100; (6) Poil. 1,130; Homer., Iliad.

Hesych., Harpocr. et Suid. in atyt'ç. Ç, iOi et 405.

(3)Sen., Bcrc. fur., 901.

208 PEIÎNTURES.

par des espèces d'agrafes, TropTrat ou TropTray.e;, ou bien elles i^lissaient par de petites coulisses formées par des verges de fer, et appelées canons , xavova; (i).

Cette particularité , propre à terminer des discussions grammaticales déjà fort anciennes , et peut-être oubliées , donne un certain prix à cette peinture, d'ailleurs assez médiocre.

Le second cadre offre, à sa partie supérieure, une draperie, de laquelle semblent sortir six têtes de serpent de couleur cendrée. Cette draperie rappelle que les fêtes de Baccluis se célébraient souvent à la campagne sous des tentes (2), usage que l'on rappelait même à la ville quand on tendait de draperies le triclinium (3) en l'honneur de Bacchus inventeur des festins (4) : peut-être aussi ces voiles étaient-ils une allusion aux mystères, car la statue de Bacchus était oud)iagée pendant la théorie sacrée (5). Auprès de cette statue se trouvaient les dragons mystiques (G) : ils sont représentés ici formant, pour ainsi dire, à Bacchus, une couronne ophioide, ocpuo^ea ;7.iTp-/;v (7), circonstance qui ne s'est encore rencontrée dans aucun moninnent.

Au-dessous de cette draperie, au milieu d'un fond blanc , et sur une console dorée soutenue encore par deux

(1) Eu^taUl., in lliad, 0, 707. (i) Diotl., IV, 4.

(^2)Tibull., Elcg., II, 5, 97; (ri) Athen., V. p. 108; Eustath.,

Athen., V, p..l9(), Plut. ;Si/mpos., OcL, p. 857. IV, 5. (()) Valer. Flacc, If, ^21(1

(;j) Serv. ad .■/•:?«., I, 701. (7) Nonn., Dionys., VII, 102.

3 '^^ Série.

serpents, on voit la figure d'un Génie ayant des ailes rougeâtres, une couronne de pampre, une éeliarpe violette en sautoir sur la poitrine , un bâton pastoral dans la main gauche , et une grappe de raisin noir dans la droite. Nous avons dans cette figure le Racchus ailé, ^Ck%, dont nous avons déjà parlé (i); le Bacchus botryphore , fio- Tp'jcpopo;, d'Orphée et des gemmes antiques (2); le Bacchus pastoral , vofxio; (3) : ou peut-être n'est-ce en réalite que le Génie de Bacchus avec tous ses emblèmes réunis.

PLANCHE tlO.

Il est difficile d'assigner une dénomination précise à la figure que l'on voit à droite en regardant cette planche. Sur ini fond l)lanc est peint un jeune homme presque entièrement nu , sauf une draperie, d'un violet très-clair, jetée sur son bras gauche et son flanc droit ; ses cheveux châtains sont épars sur ses épaules et sa poitrine : il n'a d'autre attribut qu'un long bâton doré, qui peut paraître un candélabre ; car on voit à son extrémité quelque chose qui ressemble à une flamme. Cette figure est debout sur un disque doré, posé perpendiculairement, orné d'une tête d'animal et supporté par des feuillages également dorés : ce disque est placé en avant d'une partie d'archi-

(1) Bronzes, Bustes, pi. i. (3) AnthoL, I, 38, 11.

(2)Gor.,n. 31.

210 PEIINTURES.

tecture Jaunâtre , composée d'une corniche avec son architrave, et d'un plafond que l'on voit en perspective. Si l'on veut s'arrêter à quelque conjecture, le flambeau (i) et quelques traces d'une couronne, peut-être de roses (2), que l'on voit dans les cheveux, peuvent porter à reconnaître ici une image du dieu Comus : son attitude presque héroïque et le flambeau debout indiqueraient seulement qu'on l'a représenté au commencement du festin , et non déjà ivre et sommeillant à demi, comme le dépeint Philostrate.

De l'autre coté, on voit aussi un beau jeune homme nu; sa chevelure flottante est ornée d'une couronne d'olivier; il présente de la main droite un rameau du même arbre, et de la gauche un disque chargé d'un objet qu'il est impossible de distinguer : sous ce disque pend vuie petite draperie , un inantile. Les pieds de cette figure sont posés sur un membre d'architecture effacé en partie, mais qui ressemble au balustre ou coussinet d'un chapiteau ionique; sa tête , faisant les fonctions d'un Atlas, d'unTélamon (3), supporte une colonnette d'une forme capricieuse.

L'objet qui se trouve sur le discjue a porté quehjues critiques à voir dans cette figure un Pélops portant son omoplate sur une patère (4). On risque moins de s'égarer en ne cherchant ici qu'un camille , un jeune ministre des

(t) Aristoph., Pl.,WAl;Etij7noL, (3) Vitmv. YI, 10.

s. V. Ktouoç. (i) Hai'd. ad Plin., XXVII, A.

(■2) Philostr., Imarj., \, 2.

PETNTURES^-

S^'}* Série.

autels, dont les attributs sont fort reconnaissables : nous eu dirious volontiers autant de la première figure. Les hypothèses les plus j»énérales, les moins précisées, sont les plus admissibles dans beaucoup de cas.

PLANCHK ni.

Ces deux f"raii;ments de fresques différentes offrent deux figures de femme. Debout, près d'une colonne dont le piédestal est fort nettement tracé , et ayant audessus de la tète un nœud de la bandelette, ce qui indique un temple , la première est couronnée de feuillage ; elle est vêtue d'une tunique verte, à une seule manche, l)ordée de plusieurs listels , sur laquelle est jeté un manteau blanc à frange. De la main droite, elle présente quelques fleurs à loui'ue ti^e, et de la gauche elle soutient une espèce de corbeille blanchâtre pleine de fleurs et d'herbages. La seconde est dans une attitude semblable et couronnée de^méme : sa tunique est rouge et son manteau jaune ; elle soutient la corbeille de la main droite , et porte deux fleurs de la gauche. Selon toute vraisemblance, ces deux femmes sont deux prêtresses qui viennent apporter à quelque divinité la première offrande que les hommes aient déposée sur les autels (i) : elles présentent les vei'veines, verhenas , nom collectif qui comprend, suivant

(I)Porphyr.,rfe.4Ô5^.,II;Girald., dr Sacrif. , Pott. , ArcheoL, II, 4.

les luis, plusieurs plautes sacrées, et, suivant d'autres, toute espèce de fleurs et de plantes que l'on offrait aux dieux (i). Il est à remarquer, cependant, que les fleurs étaient une offrande particulièrement agréable à Junon Lucine : les femmes enceintes venaient lui présenter le dictame et les lis (2) ; elles devaient s'approcher de l'autel avec la chevelure dénouée, comme l'est celle de nos deux matrones :

Si qua tamen gravida est, resoluto crine precetur (3).

Dans les fragments que contient la vignette , on voit une bordure formée de pampres et de raisins , parmi lesquels jouent un chevreau et une panthère : on y voit aussi un seau suspendu :

Et gravis attrita pendebat cantharus ansa (4). « Le pesant cantharus était suspendu par son anse brisée. »

Dans ce cadre étaient probablement ces deux musiciens, dont l'iui joue de la double flûte , l'autre, des cymbales.

(l)Serv., jEn.,Xll,\^0,etFcl., Alex. PœcL, II, 8. Vllï, (m. (3) Ovid., Fast., III, 255.

(2) l»ascal., de Coron.; Clément. (4) Yirg., Ed., VII, 33.

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TROISIÈtMK SÉRIE. 2U

Danscette femme abandonnée à un somijre désespoir, et tenant en main une épée , on ne peut s'einpéelier de reconnaître nne des héroïnes de l'antitjnité (pii se sont servies dn j»laive ponr mettre fin à leurs jours. Ainsi, Canace se perça de l'épée que lui donna son père (i). Mais les conjectures se portent naturellement sur la plus célèbre de toutes ces infortunées, dont un mytho^raplie a dressé le long catalogue (a). Toutes les circonstances peintes dans l'Enéide se trouvent reproduites ici : n'est-ce point là cette triste Didon qui, sous ses bandelettes royales, porte, depuis le fatal départ, sa blonde chevelure en désordre ?

Flaventesque abscissa comas (3).

Ne reconnaissez-vous point la reine de Carthage à cette robe orientale à longues manches (4) , teinte de la pourpre de Tyr ?

Tyrioque ardebat murice la^na (3).

N'est-ce point la veuve de Sichée, déjà dans le second éclat de sa beauté? Voilà bien cette taille comparable

(1) Ovid.. Ephl. XI. (4) Enn. apud OÏL, YII, 1-2.

(2) Hygin., Fab., 243. (o).^r«., IV. 202. (3)Vhiî., /#r«.,IV, 589.

214 PEIJNTURES.

à celle de Diane, qui l'emporte sur toutes les autres déesses (i). Ne la voyez-vous pas , efl'rayée de ses propres desseins, roulant un œil sanglant, ses joues tremblantes toutes marquées de taches livides, et pâle de la mort qu'elle médite?

At trépida, et cœptis iinnianibus effera Dido, Sanguineam volvens aciem, niaeulisque trementes Interfusa gênas, et pallida morte fiitura (2).

Quel portrait! je ne veux point parler du tableau du peintre de Pompéi , qui a pourtant son mérite , mais bien de celui du peintre de .Mantoue. Quel portrait! quelle touche! quelle couleur! Voyez, elle tient dans son fourreau l'épée dardanienne, qui va bientôt réfléchir une sinistre flannne (3) ; voyez, elle va s'élancer sur ces degrés, franchir cette porte; elle sera tout à l'heure dans ce palais où le bûcher l'attend :

Interiora donius irrunipit limina, et altos Gonscendit furibunda rogos, ensemque recludit Dardanium.

Adieu, pauvre Didon! adieu! Après ce tableau, je trouve bien peu de chose à dire sur ce bacchant vêtu de la nébride , et portant le thyrse aux lemnisques verts,

(1) .En., I, riOri. (3) Loc. cit., (\W.

(2) .€n., IV, 042 et seqq.

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qui s'agenouille pour déposer le van sacré. Je trouve cette autre femme fort peu intéressante. Je dirai pourtant que cette fennue a des souliers verts , une tunique rouge et le manteau de même couleur; celui-ci, bordé de vert, est un manteau pézophore , xs'C^joopo; yiTwv (i). C'est , dit-on, une prêtresse, qui fait ici le pendant de la pauvre Didon. Anne, ma sœur, Anna, soror, que ne ponve/.-YOus être là !

Ces deux jeunes hommes se ressemblent sous beaucoup de rapports. Leur costume, disposé de la même manière, se compose également d'une simple draperie rouge; tous deux sont couronnés de laurier, et tous deux tiennent dans la main gauche une branche de laurier ornée de lemnisques : chez l'un, seulement, ceslemnisques sont entrelacés, et forment une espèce de chaîne (:>.). La seule chose essentielle qui les distingue, c'est que, delà main droite, l'un tient une patère ou un vase seml)lal)le, l'autre porte un petit rouleau , peut-être un volume de papyrus, peut-être un bâton de connnandement, une espèce de sceptre.

La pensée la plus simple qui se présente à la vue de

(i) Pol., VII, 51. nanotti, Med., p. 408.

(^2) Sert, ad ALn., X, 538; Buo-

ces figures , c'est celle de deux sacrificateurs : on sait en effet que , pour supplier les dieux , on s'approchait de l'autel avec un rameau entouré de bandelettes (i). Cependant quelques archéologues voient ici deux concurrents qui ont remporté la palme lemniscate , c'estîi-dire la première (2), soit dans les agonales à Rome (3) , soit dans les jeux de la Grèce (4) , où l'on décernait de pareilles palmes. La patère du premier serait aussi un prix (5). Le rouleau que tient le second serait la baguette , pàê^o;, radis, donnée au gladiateur émérite, ou l'ouvrage que le poëte a lu pour gagner la palme lemniscate (6); ou même le livre qui a été donné comme prix à ce poëte (7) ; ou , enfin , le volume d'or que le chantre vainqueur consacrait dans quelque temple , comme le fit une femme, nommée Aristomaque, couronnée dans le combat poétique des jeux Isthmiens (8).

Ces deux Muses font partie de la décoration du tablinum de l'édifice de Pompéi connu sous le nom de Maison de Castor et Pollux. Thalie porte de la main gauche un

(1) Mn., V, 77.i, et VI, 530. Car m., VI, 8.

(2) Cic, 'pro Rose. Amerin. (6) Auson., Epist. ad Paul., 20.

(3) Serv. ad ^n., VI, 772. (7) Aul. Gell., XVHI, 2.

(4) Pausan., VI, 19. (8) Plutarch., Symp., V, 2.

(5) P'\ndAr.,Nem.,X, 81 ; Horat.,

PEINTUKKS

3"^ Se

yl^ B" V, 5. P 34.

TmjLs^jim

'O.ùur.

masque et de la droite le batoii pastoral : une longue tuni([ue rouge avee un ample manteau vert forment tout son eostume; sa simple eoift'ure se compose d'un ruban agrafé sur le haut de la tête, pour retenir ses cheveux courts et frisés. Euterpe tient de la main gauche deux flûtes, et de Tautre main elle arrange la couronne de laurier qui ceint son noble front ; ses vêtements sont à peu près les mêmes que ceux de sa sœur. Toutes deux ont une chaussure qui leur couvre entièrement les pieds. Les emblèmes du masque et des flûtes ne pouvaient laisser aucun doute sur les noms qu'il fallait assigner à ces deux personnages, une fois reconnus pour deux Muses. Mais a-t-il été dans l'intention du peintre de représenter de pareilles divinités? c'est ce dont on peut douter quand on compare l'arrangement des vêtements et la disposition des draperies avec le costume grec exact que la tradition assignait aux filles de Mnémosyne , tradition à laquelle les artistes de l'antiquité se conformaient rigoureusement (i). On en conclut que ces deux figures doivent représenter deux simples citoyennes dePompéi, auxquelles l'artiste a bien voulu décerner les attributs de deux Muses, sans cependant leur ôter leur costume latin : l'allégorie, la déification ne sont qu'incomplètes. Cette explication est d'autant plus probable, que des transformations pareilles et bien constatées se sont présentées

{[)\isconl\, Musc. Pio-Clement., tab. 14. toni. I, tab. 16 et seqq. ; tom. IV.

3* Série. — Peintures. 28

plusieurs fois dans les deux cités vésuviennes. Ainsi , nous avons vu à Herculanum toutes les femmes de la famille Ballîus ou Nonius , transformées en Muses pour décorer le théâtre , mais conservant néanmoins leurs traits, leur physionomie individuelle, et même une partie du costume italiote ( i ) .

Le même tablinum a encore fourni une troisième Muse, une Clio, que nous ne donnons point ici, à cause de sii presque identité avec ses deux sœurs.

La vignette représente un cerf poursuivi par un chien: cette peinture, sur fond noir, fait partie de la décoration d'un autre atrium. On y reconnaît la supériorité habituelle des anciens dans h représentation des animaux.

LTne femme danse entièrement nue , couronnée de pampre, et laissant flotter, sur ses deux bras qu'elle lève, une légère écharpe d'une couleur indécise : elle est vue de dos, et ses formes ont quelque chose de svelte et d'élancé (|ue l'on trouve fort rarement dans l'art antique, et qui est plutôt le cachet de la renaissance : à la décence, à la chasteté , à la pureté des formes près , on dirait une nymphe de Jean Goujon.

Le mouvement de la figure est bien caractérisé; et sa

(1) Voy. Bronzes, statues, pi. 68, 69, 70 et 78.

TROISIÈME SÉRIE. 2l9

danse animée la distingue tont à fait de la Vénus Callipyge qu'il serait d'ailleurs absurde de vouloir reconnaître ici. Cette figure lascive ne rappelle point à l'esprit d'autre souvenir cjue celui des lubriques florales, fêtes dans lesquelles les courtisanes de Rome paraissaient nues sur le théâtre. Les pas qu'elles y dansaient, on ne peut les désigner que par des mots grecs : c'était TàTroîcivo; et râ77o<7et<7i; ; et ces mots grecs, on ne saurait encore, par respect pour les lecteurs , les définir autrement qu'en grec même ou en latin : àaekyri zï^-n opy/iTetov àv T-?i tt; ogçjo; TTspKpopa (i), cliiiiibus et coxendicibiis sithlevatis, lumborum ciispitucUne flactuabaiit (2).

La vignette représente, parmi des vases d'argent et de cuivre, différents objets, qui ont été traités par le peintre d'une manière si large et si fantastique, qu'il est bien difficile de les déterminer maintenant. C'est un petit pilastre auquel différents instruments sont suspendus, et un petit tabouret qui en porte plusieurs autres ; il y a aussi une palme, et l'on remarque particulièrement un cercle de métal garni de plusieurs anneaux, qui est sans doute le trochus décrit dans ces deux vers de Martial (3) :

GaiTulus in laxo cur annulus orbe vagatur? Cedat ut argutis obvia turba trochis.

« Pourquoi cet anneau babillard glisse-t-il dans ce large cercle? c'est « pour que la foule ouvre ses rangs devant le bruit aigu du trochus. »

(i) Poil., IV, 1-4. Orchesl., in 'Attoxivoç.

(2) Arnob., II ; vid. et Meurs. , (3) Epigr., XIV, 169.

Sur un fond rouge on voit voltiger un Amour ou un Génie porté par des ailes , dont la couleur changeante passe du rouge au vert. Une draperie verte pose sur son épaule gauche et se jette en sautoir sur sa poitrine, tandis que les deux extrémités de cette espèce d'écharpe restent llottantes derrière lui. Il porte sans effort, sur son épaule gauche, un énorme vase de métal, qui a une seule anse et un pied en pointe arrondie : ce pied, pour que le vase tienne debout, doit s'enfoncer dans une base propre à le recevoir.

Au temps où cette peinture fut faite, on se servait, à Home et dans toute l'Italie, de vases de métal; mais si l'antique simplicité, qui ne permettait de posséder que des vases de terre, avait disparu dans les choses mêmes, elle régnait encore dans le discours : en parlant de ces vases de métal précieux, on les appelait /ipaaa, poterie (i). Mais c'est bien du métal, en effet, que porte notre gracieux petit Génie; et, pour s'expliquer l'aisance avec laquelle il plane sous son fardeau, il faut lui attribuer toutes les forces d'une divinité.

Les vases de cette forme, qui ne pouvaient se poser ([ue sur une base ou un trépied, s'appelaient psyctères,

{{) Athen., VI, p. 229, et ibi Casaubon.

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iS'?* Série

?I/jxTv;p3; (i), quand ils servaient de rafraîehissoirs , ou f[uand ils eoiitenaient une j>Tande quantité de vin pour le conserver frais : quelquefois le psyctère était posé avec son trépied sur la table, et chaque convive en tirait le vin au moyen d'un tube ou canal, probablement muni d'un rol)inet (>-). L'inscription de Sigée (3) réunit ensemble le cratère et l'épistate : or cet epistate, appelé aussi Jiypostate {\), et, dans l'antique explication, liypocratere ( j), n'était pas autre chose que la base même du cratère. Cette base s'appelait encore engythbque , èyyu- GwTi (()), d'où les Latins avaient fait le mot incitega (j), qui désignait la base de l'amphore. De cet usage vient l'expression crateras statiiere, établir les cratères (8). Les deux petits cercles qui remplissent la vignette sont peints sur w\\ fond vert. Ils offrent encore deux petits Génies ailés. Le premier porte une écharpe jaune et un chapeau de même couleur, d'une forme que nous avons déjà remarquée dans le costume des pécheurs : c'est ce qu'on appelait le pétase thessalien, le plleiim uinhellatuni (9). Surson épaule gauche, ce petit enfant ailé, qu'on peut appeler le Génie de la pèche, porte une ligne; de la main droite, il tient \u\ objet que l'on ne peut dis-

(1) Antiphan. ap, Athen. , XI, (5) Vid. et Herod., I, '^e. p. 503. (6) Athen., V, p. ^210.

(2) Poil., VI, 99, et X, 7i, et ibi (7) Festus., s. h. v. Hemsteihuys. (8) Virg., jEn., V. 723.

(3) Murator., Inscript., tom. IV, (9) Ferrar., Analect. de Ec vest., p. 21 1 i. 47.

(4) Pausan., X, 26; Poil., X, 79.

tinguer : peut-être sont-ce deux poissons qu'il vient de prendre.

Son compagnon a une draperie rouge ; il soutient de la main droite une patère d'or, et porte dans la gauche un sceptre du même métal. Cette peinture a quelque rapport avec un sacrifice , et peut être un sacrifice à Vénus , comme l'indique le sceptre. Peut-être aussi cette petite figure, avec ses attributs splendides, représente-t-elle l'ambition, opposée aux goûts champêtres que rappelle l'autre tableau.

Ces six petits sujets sont peints sur un fond jaune ; ils se trouvaient tous compris dans la décoration d'un même appartement. On peut dire, sans crainte de se tromper, qu'ils représentent le triomphe de l'Amour sur les autres divinités ; c'est la mise en action de cette épigramme de l'Anthologie (i j :

ISuXTqffavTïç "OX'jiji.Tov ïo' toç OTrXoiffiv "EpiOTEi; KoafJLOuVT' àGavatwv cnuXa cûpuaaao'asvot. <I>oiéou TÔqa cfspouat, At'oç Si xepauvov, "Apr^oç

"OXttov, xai xuv£r,v, 'HpaxXéoix; poTraXov, EivaXt'ou T£ Oeoû TciêoXà; Sopu,Oûpaa te Bax^ou , IlTYivà ttÉûiX' '£ptji.ou, XâuLTraoa ô' 'ApTSjjLioo;. Oijx àj^Oot; OvTiToTç EIXSIV SsXEEffCJtV 'EptOTfOV AatuLOVEç oT; ottXwv xo(7u.ov EOioxav £/,£iv.

(1) AnihoL, IV, 12, Oi; vid. et ibid., 63.

3j™«Si

A d ■ H . V 5 P BS .

TROISrÈME SÉRIE. 22?

« Voyez coiiiiiifi los x\niours (It'sarniont l'Olympe et se parent des dépouilles des immortels. Ils enlèvent à Phœhus son arc, à.Iupiler sa foudre, à Mars son armure et son casque, à Hercule sa massue; au Dieu des mers ils prennent son trident, à Bacchus son thyrse, à Mercure ses talonnières ailées, et à Diane son flambeau. Ah! les mortels ne doivent pas s'indif^ner de céder aux flèches des Amours, puisque les dieux abandonnent leurs armes aux Amours et leur permettent de s'en faire une parure. »

Le pinceau , en traduisant , a pris quelques licences ; les larcins des Amours se composent de la corne d'abondance dérobée à la Fortune, de la massue d'Hercule , des fruits volés à Pomone , à Bacchus ou à Priape , du pétasus ailé de Mercure, d'une corbeille de fromages et d'une perche, objets consacrés à Sylvain et à Paies, et enfin du casque et de l'épée du Dieu de la guerre.

Il nous reste à indiquer les couleurs des draperies que porte chaque Génie : nous le ferons, en commençant par le haut et la gauche : i° vert et rouge; 2" pourpre tous deux; 3° rouge tous deux; 4*" ^'^l't et rouge; 5" rouge et vert; 6° rouge tous deux : le panache du casque est couleur de sang.

jMais une variété, que nous ne pouvons qu'indiquer en général, et la variété la plus essentielle, c'est celle de toutes ces physionomies malignes, audacieuses, friponnes, sournoises, empreintes enfin de tous ces jolis petits défauts qui accompagnent la plus ardente des passions de l'homme.

Cette peinture est sur un fond rouge bordé de l)andes blanches. I/enfantailé qu'elle représente est sans doute l'Amour, le plus ancien, le plus beau et le plus puissant des dieux (i) : ayant pour unique vêtement une chlamyde violette, c'est-à-dire, tout nu, comme les poètes l'ont toujours représenté (2), il appuie sur son épaule droite une longue baguette, sans doute le sceptre d'érable que lui donne Ovide (3); delà main gauche il soutient, au moyen d'une courroie, sa lyre, qu'il a posée à terre :cet instrument est la lyre sicilienne , appelée cpopaiy^. Les attributs ordinaires de Cupidon sont l'arc et le carquois; cependant la lyre lui fut donnée par Pausanias (4), et plusieurs monuments (5) le représentent avec divers instruments de musique : peut-être ce que nous appelions tout à l'heure un sceptre n'est-il qu'un bâton fendu, une espèce de crotale pour battre la mesure. Platon appelle l'Amour (G) le maître de poésie et de nuisique. Peut-être aussi vient-il de dérober les attributs d'Apollon , sa lyre et son bâton augurai (7).

(l)Hésiod., Théog., 120 et seqq. (5) Mus. Fior. Gcmm., loni. If,

(-2) Mosch., Idyll. , I, 16 ; Ovid., tab. 1,1; tab. 16, 2; Thés. Brand,

AmQr.,1, 10, 15. tom.I, p. 180.

(3) De Pont.,lU, 3, U. (0) Conviv., p. 3f>5.

(i) Pausan., II, 27. (7)Scholiast. Hom., //<W.,o,25G.

TROISIÈME SÉRIK. 225

La seconde lii^iire est un (jéme pasloi'al (iiii tient en main le pédnm et qui est couronné de fenillai^es. Ce petit tableau n'offre rien de remarquable, si ce n'est une exécution assez correcte.

La première de ces deux fresques, sur fond noir, avec un plafond et une espèce de cadre de couleur roui^catre , représente un jeune homme blond, ayant des ailes rosées, et une chlamyde violette retenue sous le menton par une agrafe d'or. Il tient de la main droite une petite Ijranche d'arbre chargée de quelques feuilles et de quelques fleurs blanches : c'est probablement un de ces rameaux qu'on jetait sous les pas des vainqueurs dans les jeux gymniques (i). Cette coutume qu'on appelait la phyllobolie, (pu^Vjêo7ia, paraît venir de l'Orient (y.) : elle existe encore en quelque sorte dans nos théâtres, où Ton jette des bouquets et des couronnes aux artistes aimés du public. On allait chez les anciens, jusqu'à jeter, avec les fleurs, des bandelettes,desceintures, des bijoux, des habits méme(3): c'est un progrès qui nous reste à imiter.

Notre Génie de la Victoire tient de la main gauche une grande palme. Cette palme, que la Victoire et ses

(1) Clément. Alex., Pœd., Il, 8, (^2) Herod., YIII, 99.

p. 81 . (3) Paus. , IV, 1 G; Suet. , Ner. ,25.

226 PELMURES.

Génies tiennent toujours ainsi, le vainqueur qui la recevait devait, au contraire, la porter de la main droite : il tenait les autres prix de la gauche (i) :

Palmam autem dextra, laîvaque nitentia dono Arma ferens Tydeus (2).

Sur un fond et dans un cadre seml^Iable, la seconde fresque offre également un jeune homme ailé, avec une ii'hlamyde jaune nouée sous le menton , s'appuyant de la main droite sur une lance, et tenant de la main gauche un bouclier qui porte la tête de Méduse. On ne peut douter, d'après ces attributs, que ce bel enfant ne soit le Génie de Minerve. Ce personnage allégorique, qui se trouve sur quelques monuments (3) , est pourtant assez rare, ce qui ajoute du prix à nos deux fresques, déjà remarquables, d'ailleurs, par la beauté du dessin et l'expression des deux figures. On voit, par cet exemple, que c'est bien à tort que les Génies des dieux ont été mis en doute par le docte Maffei.

Ces trois figures, qui représentent des Génies ailés, sont peintes sur fond blanc. Le premier a autour du cou un collier d'or à deux rangs : une draperie rougeâtre, jetée

(1) Pausan., YIII, i8. (3) Passer., Mus. E(r., tom. 111,

(2) Stat., r/ieb., VI, 905. p. 57 et tab. 86.

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sur son bras droit, flotte derrière lui ; il tieut de la niaiu droite un masque tra-ique et de la gauche une massue. On peut reconnaître ici le Génie de la Tragédie, la massue figurant, aussi hie.i que le masque, parmi lesattributs de Melpomène.

L'enfant ailé qui occupe le milieu de la planche porte une écharpe rouge en sautoir; il tient à deux mains un flambeau : sans doute l'artiste a Aonlii représenter l'Amour éclairant les pas de sa mère.

Enfin, le troisième enfant, d'une taille pins leste, d'un port plus dégagé que les deux autres , danse et tourne

gracieusement sur lui-même, en faisant voltigerau-dessus de sa tète un ruban , une tresse, une sorte de guirlande , qu'il tient délicatement entre le pouce et l'index de sa maui droite, et dont l'autre extrémité repose sur une patère soutenue par sa gauche. On ne peut méconnaître le Génie de la Danse dans cette charmante petite figure, je dirai presque dans cette charmante petite composition, si bien agencée, si bien mouvementée. Du reste, les deux autres petites fresques, remarquables à un moindre degré sous le rapport de l'idée, oITrent une exécution également franche et facile.

Cette planche contient quatre figures, qui se rapprochent les unes des autres par l'analogie de leurs attributs.

tous relatifs au culte et aux sacrifices. La première est uue dame parée d'uu voile d'une étoffe très-fine, qui, du sommet de la tête, tombe sur ses épaules avec les anneaux de sa chevelure : c'est une espèce de coiffure que l'on appelait xpr/^eavov, et qui était un des attributs de Junon (i) : car la chevelure flottante était de rigueur dans certaines fonctions sacrées, comme dans le culte de Junon à Samos (y.), dans celui de Lucine, de Cérès et de Vesta. Ses oreilles sont ornées de pendants de perles; sa robe blanche, qui est retenue par une agrafe sur l'épaule gauche, laisse à découvert une partie de la poitrine et l'épaule entière du côté opposé. Son manteau, relevé sur son bras gauche, est de couleur verte: et, de ce même côté, elle porte un petit vase rond, fermé par un couvercle : ce vase, qui ne peut mériter le nom iVaccrra, mais plutôt celui de /{}\vl(ie, contient sans doute de l'encens, un parfum quelcon(pie destiné à des fonctions sacrées. Cette dame a les pieds entièrement nus, ce qu'on observait dans les fêtes de Vesta (3) et dans les prières publiques pour obtenir une température favorable f4)-

Vient ensuite un homme qui a la chevelure courte et en désordre : se drapant dans un manteau d'une couleur obscure, il porte de la main droite un petit vase destiné aux sacrifices, et de l'autre une corbeille, un plat chargé de fruits ou d'objets qu'il est difficile de reconnaître.

(1) Ilomor., Hiad., ;,18i, Qt ibi (3) 0\ïd., F(ist.,\l, 397. Eustath. {\)Tcrl\i]\.,Apolorj.,iO;deJrjun.,

(2) Alhen.,XV, 07^2. 16.

TROlSifcMK SKRIK. 229

Dansk' troisième cadre s(" trouve nue feinine re\etiie (rmi costume très-pittoresque. Elle est coiffée d'une l)an- (lelette entrelacée de fenillai^es, qui serre à la fois sa chevelure et un ample voile roui^e tond)ant sur ses épaules Ce voile est le flaniméum (jue portaient les nouvelles épouses et les f lamines romaines : mais il se pourrait aussi que notre li£»ure représentât une femme étrusque ou grecque, au([uel cas le flanniiéum n'aurait plus la menu; signification. Sa roheà longues et lariics manclies est de la même couleur f[ue le voile; elle est relevée par un large repli et soutenue au-dessus des hanches par une ceinture qui se trouve cachée dans ce repli même. Sur la robe, elle porte une espèce de veste très-courte, un justaucorps, de couleur verte , agrafé sur les épaules, et serré, un peu au-dessous du sein, par une bandelette blanche, seconde ceinture, sur laquelle la dame a posé sa main droite .

Crispatur gemino vpstis g^orlynia cinctu (1). « Sa robe Cretoise se replie sous une double ceinture, d

De la gauche, elle porte un disque, sur lequel on voit une cassette à demi ouverte, peut-être une acccrra, et nu petit rameau de feuillage.

La dernière fii>ure est celle d'unhonrme, d'un sacriflcateur sans doute, couronné de feuillages et tenant en main une petite patère.

(1) Claudian., deRapl. Pros., II, 33.

Nous avons réuni dans cette planche qnatre fragments de fresque qui faisaient partie de la décoration d'vni même appartement à Herculannm. Ce sont qnatre figures, toutes portées sur des tronçons de colonnes, peints d'un ronge obscni-. La première est une femme vêtue de rouge, coiffée d'un casque, armée d'une lance et d'mi bouclier : elle a le bras droit et le sein du même coté entièrement nus. La réunion de cette image avec d'autres qui représentent évidemment des mortels ne permet pas de supposer que ce soit une déesse, telle que Pallas ou Bellone : peut-être est-ce luie Amazone, avec un bouclier rond, comme on en voit dans plusieurs monuments (i).

Viennent ensuite deux autres femmes, vêtues également de rouge , couronnées de feuillages, et portant des patères, des corbeilles de fleurs : on peut leur donner le nom de cernopJiores.

Enfin paraît un jeune homme entièrement nu, la chlam\ de violette flottant sur ses épaules, portant le casque et le bouclier d'airain, et armé d'un petit javelot.

Toutes ces figures, et sans doute plusieurs autres qui ont péri et qui décoraient le même lieu, sont placées sur leur piédestal, dans une attitude qui est celle d'une danse : elles exécutent donc toutes ensemble une danse militaire,

(4) Winckelm.,/l/(yn.fl/i/., p. 1«0.

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telle que lapyrrliique, la talésieuiie (i), la curéli({ue ou la cariatique (;^) : eu effet, daus les clauses de cette espèce, ou faisait (juel([uefois figurer euseinhie des hommes et des femmes, ce ((ui leur douuait ini uouvel attrait parfaitement décrit daus uue épii^ranuue latiue citée par Saumaise (3).

Des trois fragments de fresque que cette planche réunit, le premier contient la ligure d'un jeune homme portant une couronne de feuillage dont les lemnisques retombent sur son cou. Il est vêtu d'une tunique verte , à manches courtes, et d'une draperie rouge qui s'enroule autour de son corps, à la hauteur de la ceinture. Ses chaussures sont également ronges. Il porte devant lui, des deux mains , une petite table à quatre pieds qui paraît être de bronze. Ces petits meubles, appelés anclahries y étaient employés dans les sacrifices; on en plaçait dans les temples, dans les curies, dans les sépulcres, et l'on y déposait les objets sacrés. Cet attribut indique que notre personnage est revêtu d'un caractère sacerdotal.

A l'autre côté de la planche s'offre le pendant de cette première figure : c'est une femme portant des boucles d'oreilles, une couronne de feuillage et un grand voile

(1) Poil., IV, 99. (3) Spart., Hadr., 19, et ibi Sal-

(2) Lucian., de Sait., 8 et 10. mas. ; vid. et Apul., 3Je(., X.

!>32 PEIINTURES.

jaunâtre. Sa longue tunique violette tombe jusque sur ses pieds, qui sont nus. Son Ijras droit est à découvert, et l'on voit au poignet un bracelet d'or; delà main gauche elle porte un disque, et sur ce disque une cassette : et ces deux objets paraissent d'or ou dorés. Sans doute, la cassette est une acerra^ et la dame une prêtresse.

Le milieu est occupé par un fragment d'architecture : inie corniche et un sof'tite de forme bizarre sont soutenus par trois pilastres et par une colonne, le tout revêtu d'une teinte jaunâtre. Devant cette fabrique, au-dessus de l'abacus évasé d'une sorte de pilastre , se dresse , sur des griffes de lion et sur une espèce de calice de feuillage, un hermès peint en rouge. La tête de cet hermès est ceinte d'un diadème; \n\e bandelette tourne autour de ses oreilles , descend par derrière , et retombe sur les deux anses carrées qui se trouvent à la place des bras. Enfin, an milieu de la gaine , on voit attaché par des festons de verdure un sceptre ou bâton doré. Sans doute la tête est celle de Jupiter. C'est le J ii piler riciniatiis , coiffé du diadème appelé ricinium(i). C'est aussi \e Jupiter Ctesius, ce dieu domestique aux: oreilles de qui on suspendait des couronnes, queTon plaçait dans l'office de la maison et à qui l'on demandait santé et richesse [v-.'rr^^z) (2).

(l) Arnob., VI, p. 91. Kt£(jioj, et ihi Vales.;Pausan.,1, 31.

(2)'Athen., XI, 0; Harpocrat. in

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