‹ Herculanum et Pompéi (volume 3)Chapitre 1 sur 22 · Herculanum et Pompéi · texte numérisé non relu

Herculanum et Pompéi

Le premier représente sans contredit nn Jupiter. Homère, à qui les artistes de l'antiquité ont emprunté presque tous les types des Divinités païennes (i), a décrit, dans des vers très-connus et dignes delà majesté et de la grandeur du sujet, la tète de Jupiter, secouant une épaisse

(1) Strabon, VIII, p. XVl, cl Hérodote, II, 53. L'auteur de la vie d'Homère.

2* Série. — Bronzes. J

chevelure, ft'onrant de noirs sourcils et faisant trembler le vaste Olympe :

XUaV£V,<îtV ETT ôziÇVGl VEUGE KpOVlOJV.

'Aaêpoffiai ô'àpa yaîrai E'-TTEppwaavTO avaxToç Kpcrrbi; ai:' aOavaxoio' (jLE'yav o' eXe'Xi^ev "OXuixttov (1).

Une grande barbe (2) devait ajouter de la majesté au visage du père, du roi (3) et du dieu des dieux (4). Enfin, à tous ces titres, et encore à celui de roi des rois, â'va^ àva/.TOiv, connue 1 apjxlle l^^scliyle (5), à celui de souverain universel, de qui relevaient tous les souverains de la terre (G),

Reges in ipsos imporium est Jovis (7) ,

le diadème était un attribut qu'on ne pouvait lui refuser, et (jui lui a été donné presque toujours, comme on a pu le voir dans les peintures de cet ouvrage et dans les autres liiomiments antiques (8). Au reste, chez plusieurs peuples de l'antiquité, et surtout à Athènes, Jupiter était adoré sous le nom particulier de Ze^; paciT^eJ;, ou Zeùç ava;, Jupiter roi (q).

(l)//., a, V. 5:28. et CEiIliniaqiie, H. in Jov., v. 79.

(^2)Gicéron, de Nat. D., l, 30; Lu- (7) Horace, III, Od., I, 3.

cîen, de Sacrif., il. (8) Beger, Th. pal., p. ^, et Th.

(3) Hésiode, ©Eoy., 47 ; Pausanias, Brand., t. I, "p. 80 ; Tristan , t. III, V, in fine;Pindare, Pylh., lY, 34i, Cotinti. hist., p. 330; Liebe, Goth. et yVem., Y, 6i. Num., p. 304,

(4) Macrobe, Sat., I, 0, (0) Schyle, Pers., v. M2, Aga- (ri) Suppl., V. 532. 7)iewn., v. 303; Démosthène, in (G) Moschus, Id. ,11, 158 ; Platon, Jmc, p. 51)7.

Alcih., I, p. 32; Hésiode, Oeoy. , v.90,

Le second est un l)iiste d'Hercule, autant qu'on en peut juger à la coui-oniie (jui lui ceint la tête et r[ui se compose de feuilles de peuplier [populus Alcidœ gratissimd) (i), entrelacées avec une bandelette ou un diadème, et aux traits de son visage. Il est bien constant que les artistes de l'antiquité mettaient une religieuse exactitude à conserver à leurs divinités les traits que la tradition, ou le génie créateur de quelque poëte illustre, leur avait prêtés. Quant à Hercule, le t>q)e de son visage était si bien gravé dans les esprits des peuples, et si bien observé par les peintres et les statuaires païens, que Plutarque, voulant donner à ses lecteurs un portrait de M. Antoine, se contente de comparer sa figure à celle de ce dieu. Notre buste est d'ailleurs conforme au signalement d'Hercule tracé par Clément d'Alexandrie (2). Il avait le front large, les cheveux et la barbe épais, le nez aquilin et les yeux bleus.

Le carquois, dont on aperçoit le bout sur l'épaule droite de la troisième figure de cette planche, la peau de bête qui lui couvre la poitrine (3), le désordre gracieux de sa chevelure (4), et l'ajustement peu étudié des tresses qui forment sur le milieu de la tête une espèce de croissant, font reconnaître une Diane chasseresse (5).

(1) Virgile, Jïcc/., YII, v. Gl, et 11, v. 23.

Phèdre, III, 17. (5)Bonanni,iWM6. A'/rcAer,pl.XV,

(2) IIpoTp., p. 19. p. 54; Beger, Thés. Br., t. III, p.

(3) Virgile, .£;i., I, 322. 130-131; Montfaucon, t. I, pi.

(4) Ovide, I, Met. 477 ; Horace, II, LXXXVIII, p. 148.

BROISZES.

Dc^s trois ])iistesque l'on a réunis dans cette plaiiclie, le premier représente une .Innon. Cette déesse a presque toujours la tête couverte d'un voile, pour rappeler c[u'elle présidait au\ niariai^es sons le nom de Pronuha (i). D'ailleurs elle recevait des païens un triple cvdte, sous les dénominations diverses de Jiuion vierge, raî^a, virgo; de Junon mariée^ T£>.£ta, ou -^au.-Oly./niatrona^ et de Junoji veuve, '/■hi^, vidua (;>.); et, à ces trois titres, elle devait avoir un voile sur la tête, il parait qu'à Sparte (3), et peut-être chez tous les peuples de la Orèce et de l'Italie antique (4), les feiinnes mariées se voilaient non-seulement la tête, mais encore le visai»e, tandis (pie les jeuiies filles découvraient les traits de leur figure, et ne se servaient du voile que pour envelopper et pour reteivir leur chevelure. La couronne était \\\\ ornement de lu\e en faveur chez les matrones romaines et chez les dames de la Grèce et de l'Etrurie (5). Ainsi donc, si Junon n'avait droit à la couronne radiée, en sa qualité de reine des dieux et d'épouse de Jupiter, cet ornement lui conviendrait comme au gé-

(1) Ovide, Ep. her.. H, \ I ;Yirgile, (i) Plutaccjuo, Qu. Gr.rc, p. 302 ; .^w.,IV,oî);Sprvius,iiiVirg., loc.cit. Qu. Rom., li, p. 2(37; Yalerius

(2) Pausanias, IX, 2 ; Plutarque , Maximus, VI, 3, § 10.

dans Eusèbo, P. £"., III, I, Conj. (T,) .Elian., V. ^.,1,18; Lucien,

Pr., p.lil,et(>w./;ow.,p.28o, t. IL Amor., il, e( Lucain, II, 358; Yir-

(3)Plutarque,/l/)o;}/i.Z-«c,,p.227; gile, I, Ain., Co5.

Clément d'Alexandrie, rxd.,\\, 10.

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