‹ Herculanum et Pompéi (volume 3)Chapitre 2 sur 22 · r^J./WSS'^SS · texte numérisé non relu

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nie tiitclaire que les femmes mariées adoraient sous le nom de Juno niatrona (i).

Le second buste de cette planche est un fragment d'ujie statue entièrement perdue. I.e diadème, seul attrihutqui le distint^ue, laisse le cliamp lihre aux hypothèses, et Jie peut pas être une indication suffisante pour (pi on se hasarde à lui donner un nom. Cependant, de toutes les divinités païennes, Junon, Vesta et \ énus sont les seules qui pourraient revendiquer ce fragnicut.

Le troisième huste, plus caractérisé cpie le second, n'est pas moins difficile à explic{ucr. On se (h'mande d'abord s'il représente un homme ou mie femme. IjCS traits gracieux, délicats, et pourtant viiils de la lj<;ure, pourraient convenir à \\\w ama/.one, à une lemme aux habitudes f>uerrières, à Minerve,. par exeiiq^le, ou à un adolescent dont la tête délicate sendjle languir sous le poids du cimier, ^hu^s encore jeune, le valeureux jeune homme, ysvvyJoç vcxvia;, conuue l'appelle Lucien (:>.), le guerrier à la belle chevelure (3), est peut-être le personnage que l'artiste a voulu représenter. (Cependant les formes féminines du bras favorisent la ])iemière de nos deux hypothèses. On aime nneux xoirdansce buste une Minerve dont le cimier est l'attribut le plus fidèle. T^a longue chevelure qui tombe négligennnent et sans art convient très-bien à une déesse qui consacrait tout son temps à des occupations utiles, à l'étude, aux beaux-arts

(i) Horace, III, Ode lY, m. (3) Ovide, Faslcs, lll. I.

(2) DiaL des dieux, XV.

et aux fatigues de la j>;uerre. Quoique la nudité d'une des épaules, du l)ras droit et de la poitrine, ne soit pas ordinaire ehe/ une déesse aussi modeste et aussi sévère que l'était Pallas, il est eertain qu'on la trouve représentée ainsi dans plusieurs nionuinents antiques (i). Quant à la virilité graeieuse des traits de la figure, ne saiton pas que les poètes anciens {--i) ont souvent donné à Minerve le nom si heureusement trouvé de virago P Un auteur grec (3) l'avait appelée yuv?) àv^^r^r,, femme virile.

I /attitude peu guerrière f[u'ou Ini a donnée dans ce buste, et l'absence de l'égide on de la lance, font supposer qu'elle remplit ici le rôle de Minerve Ergané^ qui présidait exclusivement aux arts libéraux, et dont les anciens plaçaient la statue dans leurs bibliothèques, leurs gvnuiases et leurs ateliers [\).

De tous les personnages de la Fable, celui sur la nature, l'origine et l'existence duquel la tradition est le moins constante, est sans contredit le vieux Silène. Diodore (5) place son existence dans l'antiquité la plus reculée

(1) Beger, Thcs. lir., t. II, p. 638; (3) Lucien , Fvgit., Tl.

t. III, p. 223 ; Musée de Florence, (4) Ovide, Fast., III, 5 ; Pausanias,

t. I, pi. G l et m. I, 2.i ; IX, 27 ; Platon, Crit., p. 559.

(2) Ovide, Met., H, 705, et VI, (5) III, 71.

et, après avoir avoué que son origine était tout a iiiit inconnue, il le fait rejouer dans l'île de Nysa, où il fut la tige des Silènes qui accompagnèrent Baccluis Arahicjue dans son expédition contre les Titans. Suivant un poète (i). Silène n'eut pas de père, et ne dut le jour qu'à la Terre. Cette fiction a été adoptée dans la poésie ancienne, pour répandre quelque lumière et quelque noblesse sur les naissances illégitimes. Enfin, l'on a dit encore que Silène vécut au temps de Midas; qu'il fut immortel , d'une nature inférieure à celle des dieux, mais supérieure à celle des hommes (2) ; et qu'il habita Malée en Laconie, où il épousa une jeune fdle, dont il eut le centaure Pholus (3).

Le premier buste de cette planche représente un Silène. Sa tête presque chauve , un front ridé, des sourcils grands et épais, des yeux éraillés ou chassieux, un nez petit et camus, une bouche plate, une barbe épaisse, luie poitrine velue, enfin les graines de lierre (4) attachées à une bande ou à une espèce de diadème , ne permettent pas de douter de l'intention de l'artiste. Il est viai de dire cependant qu'on trouve peu de Silènes à (pii Ton ait donné un diadème; mais l'antique souverain de lîle de Nysa et le précepteur de 13acchus a j)u très-bien ceindre son front de cet ornement, attribut de la ro>auté, et dont l'invention était due à son élève.

(1) Nonnus, XXIX, 2G2. liv. II, p. 01.

(2) .Elian., T'. H., III, 18. (i) Pline, XVI, 35. (3)Pausanias,III, 25; ApoUotlorc,

8 BROiNZES.

Ou a propose plusieurs étyuiolo<>ies pour le nom de Silèue. Ou la liiit dérlNci- de ciA}.aiv£iv , sillaineui ^ (|ui siguilie à la fois regarder de travers et railler uiëcliammeut et avee esprit (i); de giUo; , eliauve sur le devant de la tête (m), et de civo;, lueinhre viril (')).

Quelque difCéreuee qu'il y ail entre l'idée (pu^ l'on se l'ait eu j^éuéral de Silèue et de Socrate, Ton n'a })u s'einpéelicj- de saisir luie ressend)lauce frappaute entre le visage de Silèue et eelui du philosophe païen (4). C'est en quelque sorte à regret (pie l'on trouve chez le martyr de la vérité et de la sagesse le même nez eauuis et petit, et les mêmes yeux que ehez le vieillard intempérant, dont l'usage immodéré de la boisson appesantissait le regard. Ce rapproehement avait été fait par les écrivains de l'antiquité , et Xénophon appelle Socrate le plus laid de tous les Silènes.

Enfin , le diadème qui décore le front de ce buste décidera peut-être quelcpies personnes à y voir un BaccJius Indien; mais 'nous ne persistons pas moins en faveur de Silène. •

Les deux autres bustes couronnés de pampres et de grappes semblent aussi des Silènes; cependant les traits de leur ligure, (pii indiquent un âge vert plutôt qu'une

(1)/Elian., V. //., III, iO. £/).9,P.o86;HfimsterhusiussurLu-

(2) Hesychiiis, in gîXXo;, cien, t. I, Dial. des Morts, XX, i ;

(3) Le scoliaste d'Aristophane, V\'à{on,Thcœt.,\i. \U\,oi Banquet, I\uées, KM). p. 3;i."J; Xénoplion, Conv., p. 883;

(4) Savaiono, sur Sidonius, IX, Xénoplion, loc. cit., p. 801.-

vieillesse avancée, et les nébrides (jiii leur coiivreiit l'épaule conviennent mieu\ à des Faunes.

On pourrait voir un Bacchus dans le premier buste de cette planche. En effet, les cornes ou éniinences dionysiaques , qui commencent à poindre sur le front , ont été souvent considérées comme des attributs de ce dieu, soit par les poètes (i), soit par les artistes (-2). Ce sont même des cornes de taureau que l'on donne souvent au dieu du vin : Euripide , Sophocle, Orphée (3) lui imposent les surnomsde Ta>po/,cp(o;, {Wy/.-zoi;, TrjpoasTWTTo;. Bicuplus encore, on ledésii^nait absolument sous le nom de raOco; (i) ; et Plutarque rapporte (5) que les Éléennes iiivocpiaieiit Bacchusen s'écriant : A'i'.z raupe, Fénérable taiircaii, riens. . . avec tes pieds de hœiij', tw ^osm --j^i. Cette (lilformité attribuée à l'inventeur de la vii:;ne, est fondée soit sur l'idée mystique de sa naissance due à une vache (b) , soit sur l'usage des premiers honuiies, qui se servaient de cor-

(1) Ovid., de Art. am., III, 3-48; Montfauc, tom. I, part. II. pi. I.%7 Fast., 111,380 ; Met., IV, 19; florat., et 1&2.

OU., II, 19; 30; Propert., El., Ill, {3)Bacch., lO();Stial)., \V.1008;

15, 19;Nicand.,'A)4t-.?.,v. 31 ;Au- Hymn.,XU\, I.

son., ep. XXIX; AnthoL, I, 38; li) Lycophr., v. :>09; Atli., XI,

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