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raient avec un iislciisilc particMilier nommé obcliscolychnium ( ôgeXfT/toXJ/viov ) , ([ni paraît être wne lanterne fixée au bout d'une pique : on le trouve mentionné par Théopompe, cpii vivait en 370 (i). Cette espèce de lanterne était également employée par les simples particuliers qui voyageaient après le coucher du soleil.
Une loi recommandait à ceux qui péchaient la nuit sur les cotes de se servir de leurs lumières de manière à ne pas tromper les navigateurs, qui auraient pu les prendre pour des phares (:>.) : des lumières cachées dans des lanternes pouvaient seules se prêter à ces pj récautions. Aussi Alexis de Thurium , dans le passage déjà cité , met-il en scène un pécheur qui dit à son compagnon : « Prends le trident et la lumière : » et celui-ci répond : » A oici la lanterne de corne (jue tu cherchais. »
Enfin, les convives, en revenant de souper, se faisaient éclairer de la même manière ; c'est pourquoi Martial place une lanterne parmi les apophorètes (3). Ceux qui sortaient la nuit, pour quelque expédition pins secrète, avaient également avec eux un eschive qui remplissait cet office, dangereux sous tous les rapports; car, M. Antoine étant accusé d'inceste , l'esclave qui avait porté la lanterne devant lui fut mis à la question (j). C'est probablement pour des occasions pareilles que Catilina avait ce lanternaire dont parle Cicéron f j) : un marl)re antique
(1) Athcn., XV. (3) Epiyr., XïV, 61 et 62.
(2) Digest., L. 10, de Incend. (i) Yaler. Maxim., VI, 8. ruin. naufrag. (5) In Pison., 9.
parle de celui de Virgile, P . Firgllii servum ad lychnuchum(i).
Toutes les lauterues n'étaient pas de bronze , comme celle que nous allons décrire. On en a trouvé deux d'argile ('.i) ; et S. Anselme (3) fait mention d'une lanterne de bois de saule, lignis compacta salignis. Les écrivains militaires ne parlent que de lanternes de bois , ç/a'voj; TiajATwTrpaç (4) ; et probablement elles étaient aussi de bois, ces lanternes légères qui se vendaient si bon marché à Venusia (5). Peut-être y en avait-il d'argent et même d'or, comme l'indique ce vers de Martial (f)) :
Dux lanterna via3 clausis feror aurea flammis ;
« Lanterne d'or, je guide sur la route où l'on porte mes tlaninies empri- « sonnées; »
si toutefois on entend l'épithète aurea du métal de l'ustensile, et non pas de la couleur de la flamme.
Toutes les lanternes antiques n'avaient pas non plus la forme d'un cylindre : on en faisait de carrées, si du moins on s'en rapporte à la leçon vulgaire , to ^ï 'yaviov £G-co T£Toa77l£'jpov (7) , ct il la figurc qul est en tête de la fameuse inscription albaine (8).
Ces préliminaires étant étal)lis, passons à la description
(1) Boni, YII, n. 9. African.
(2) Barlotti et Passeri. (5) Scoliast. Juvenal.
(3) De Laude virginvm, apud (6) Epigr., XIV, Gi. Gang., s. V. Lojiterna vitrea. (7) Jul. Afric.
(A) Philon., Poliorcet., Jtil. (8) Abbat. Marini.
3'^ Série. — Bronzes. ' 1.3
(le notre l)r()nze. La première fîj»iire eu donne une vue
dans latjnelle on l'eeonnaît aisénieiil sa forme prineipale et rensemhle de sa stiiietiire. Il est c\ lin(li'i([ue, et composé de lames de eiii\ l'e jainie plaeées entre deux soutiens (](> hron/eeoulé.JA'fond estinu' ])Ia(pieeli(Mdaire, renflée au milieu, appuyée sur tiois pieds s])liéi-i(pies, etgaruie (ruue bordure de la([uelle partent les deux supports rectaui; ni aires : ceux-ei soutieiuient vers leur sonunité une seconde bordure eireulaire pai-eiile à eellcî du dessous, mais se doublant, se repliant sur elle-même, et laissant un \ide ((ui n'est ouveit cpie par le bas. Dans cet intervalle, et dans un autre pareil <[ui se trouve à la bordure du dessous, devait être encastiée une lame de matière transparente qui entourait toute la lanterne. Les anciens employaient principalement àcetusai^ela corne, qu'ils savaient réduire en lames très-miin*es (i), et surtout la corne du bœuf sauvaij,e appelé [Iras, aurochs (:>>>). On en a trou\é des fragments dans une lanterne de Pompéi. IIssc! servaient aussi de meiid)ianes animales (3), de vessies ( jj, ou d'un lini^e impréi^né d'huile (5) : mais ces deiniers matériaux, fort comnuuis , étaient abandonnés aux pauvres. On ne ])eut mettre en doute que les anciens n'aient aussi appliqué (juehjuefois le verre à cet nsai^e, comme le font les modernes (()).
(1) Alt'x. 'l'hiir., Olyinpiod., et (i) Martial., Epig., XIV, 67. VhlWsi., lacis ci ((dis; Vhmt.,Awph., (ri) Gic. ad Ait., IV, 3 ; Plaut.,
I, i,iriri; XI, i(i. z/rtrc//., III, a, 42.
(2) Plin., XI, ;î7. (G) Lactant. Firm.; D. Anselm., (3)D. Anselni. loc. ciL;h\\. Afiic. loc. cit.; îsidor., Orig., XX, \0.
Oiicoinpreiidra inieii\ lu constnictloii de ce précieux moniiiiieiit de l'antiquité en examinant la eonpe perpendiculaire, avec le couvercle levé, qui forme la seconde figure de notre planche, ainsi que le plan et la coupe horizontale qui se trouvent au bas. L'index suivant fera connaître toutes les parties marquées dans le dessin par des lettres et des chiffres correspondants.
N° I . Vue extérieure de la lanterne.