‹ Herculanum et Pompéi (volume 3)Chapitre 22 sur 22 · o) HisL nat., XXXV · texte numérisé non relu

o) HisL nat., XXXV

(2)Cic. de Lcf/.,\l,\ 1 ;Virg.,^n., (6) Plin., IX, 2o. VIII, 1H7, et Serv.; Tibull., Eleg.,

BP-OITZ?.;

on l'ouvre. L'ouverture destinée à la mèche paraît un peu grande; mais peut-être y mettait-on un petit cylindre pour soutenir le fll , comme dans nos lampes modernes.

PLANCHE 32 (comprise par erreur dans l'explication générale des candélabres).

Ces deux lampes suspendues (pensiles), élégamment travaillées en forme de nacelle, et représentées chacune sous deux aspects différents, de face et de profil , sont de bronze. La première, trouvée à Pompéi en 1756, porte un masque funèbre sur chacune de ses deuxfaces lesplus longues. L'autre, trouvée à Herculanum en 1739, a le dessous de ses deux becs en forme de coquille; et près de chacun des deux anneaux auxquels s'attachent les deux chaînes se dresse un petit aigle tenant la foudre dans ses serres, d'où l'on peut conclure que cette lampe était consacrée au maître des dieux. Viennent ensuite deux petites lampes portatives de terre cuite.

Ce gladiateur, dontle casque est orné d'un panache, etqui se tient dans la position que les Latins appelaient status (1), couvert de son bouclier et prêt à frapper de son épée, rappelle les lampes de cette espèce qu'on voit à la planche 48.

Enfin cette Victoire ailée, un pied sur le globe, tenant d'une main la palme et de l'autre la couronne, se rattache encore aux deux dernières lampes de la même planche.

Le milieu de cette planche est occupé par un trépied de bronze à trois griffes de lion, portantsa lampe du même métal. Celle-ci, un peu

(I) Petron., 95; Lips. , Sat., U, 20.

3* Série. — Bronres. 20

lourde, est remarquable cependant par les arabesques dont elle est ornée ainsi ([uv par sa poignée. Elle est vue sous deux aspects.

Sur les côtés sont deux lampes de terre. L'une, simple fragment, est ornée d'un cercle d'oves et d'une ligure de Pégase, symbole que l'on trouve assez fréquemment sur les lampes sépulcrales, comme indiquant l'essor que les âmes des justes prennent vers le ciel. Platon fait une allusion pareille quand il dit : « Les âmes qui n'ont point une bonne monture tombent misérablement sur la terre, tandis que les autres s'élèvent vers l'Olympe. »

Deux faisceaux renversés et un autel éteint, qui décorent le deuxième , con\àennent au sépulcre d'un grand prêtre : tel est du moins le jugement qui a été porté sur une lampe presque semblable à celle-ci (2).

Enfin, la lampe qui occupe la partie supérieure de la planche est fort petite, bien quelle paraisse destinée à recevoir dix mèches ; de sorte que, si onles allumait toutes à la fois, elle ne pourrait éclairer que peu d'instants. Puis, on ne voit aucune communication entre le réservoir elles lumières. Tout cela porte à croire que ce n'était pas autre chose qu'un jouet d'enfant, sans aucun usage réel. Il est démontré que les anciens faisaientfabriquer, pour l'amusementde leurs enfants, toutes sortes d'armes et d'ustensiles sur des proportions beaucoup plus petites que celles des objets dont les hommes faits se servaient. Plaute énumère des jouets de cette espèce : ensicuU^ securiculœ, etc. (3), «de petites épées, de petites haches. » Stace donne aussi aux enfants, breviora lela et sceptrum minus (4-), «des traits plus courts, un petit sceptre.» Il est impossible de comprendre autrement la quantité de petits objets, petits vases, petites bouteilles, petites clochettes, petits plats, petits miroirs, petites lampes (5), que les

(1) Phœdr. (5) Princ. Biscari, liagion. sopra

(2) Licet., YI, 104. i trastuUide' bambini, pa^'j;. i't,17,

(3) Plaut. , Fiudent. , IV, A, 110. 19 et 23.

(4) Stat., Teb. VI, in princ.

rilOISlKMK SKIUI.. 327

touilles ont produite, et qui se trouve niaintenantaccumulée dans les collections. C'est surtout dans les tombeaux que l'on a trouvé la plupart de ces reliques précieuses. Ainsi, les anciens plaçaient auprès des restes mortels des enfants qui leurétaientenlevés, les jouets, les bijoux que ces enfants avaient aimés. C'est là une de ces superstitions du cœur par lesquelles la douleur maternelle tente instinctivement de se tromper, hélas ! tout en sachant bien qu'elle le tentera vainement. Ces luttes que se livrent en nous l'intelligence et le sentiment ont laissé des traces dans la poussière de tous les siècles : elles sont aussi vieilles que la race humaine,

Les lettres gravées sous la lampe, C. TV. PRI, peuvent s'interpréter, Caius. lYlHus. PRlmitivus, PKlscus ou PRIwus, noms qui se rencontrent dans les inscriptions (1) : le dernier parait préférable comme étant celui d'un fabricant de lampes déjà connu par plusieurs monuments (2). .

Deux lampes déterre ont été ajoutées à cette planche. La première, quoique nous«en ayons vu tout à l'heure une du même genre (3), est d'un modèle fort rare; elle porte sur son disque une cigogne, oiseau qui se trouve sur les médailles de la famille Antonia et de la famille Caecilia (4), et qui était à la fois l'emblème de la Piété filiale et celui du Printemps (5).

Sur la deuxième on voit un personnage nu, portant sur l'épaule gauche deux seaux suspendus à un bâton terminé par deux crochets, instrument que les Grecs appelaient astsuo^optov ou (Txsuosopeiov,

(l)Murator.,p.l223,n.l,ctt2o6, (4)Beger.,T/t. i?/-.,toni.Il,p..-)3i;

n. 8. Morelli. Thés, num.fam. Ant.A. I ;

(2) Gio. Smez., Antiq. Neornay., cl Fam. Cxc, toni. H.

p. 166. (5) Liebe, Golh. mi>n.,\\.'i2; Aris-

(3) Voy. pi. "2, à l'Appendice. tôt., Hist. anim., IX, 13.

ùvacpopov (1), àricpîxoiÀov (2), Il tient daiîs sa main droite un objet qui parait être un seau plus petit que les deux premiers, ou bien plutôt une grappe de raisin, et alors ce serait le Génie de la vendange.

Cette planche s'est enrichie des deux lampes de terre cuite qui occupent la partie inférieure. La première, qui a douze mèches , est presque semblable à celle que nous avons déjà décrite dans cet appendice en parlant de la planche 30.

La seconde, faite pour être portée à la main , et d'une ligure fort étrange, a cinq becs disposés en étoile.

Elles ont été trouvées toutes deux à Civita-Vecchia.

Nous avons ajouté ici une lampe qui est pensile et portative à la fois; on peut la suspendre, d'une manière assez bizarre, par trois chaînettes réunies dans un anneau, tenant lui-même par une quatrième chaîne à un autre anneau plus grand : et, de ces trois chainettes, deux retiennent la lampe par deux petites anses latérales, et la troisième s'accroche à la poignée. Cette poignée, qui, à volonté, fait de la lampe pensile une lampe portative, est formée de deu\ tiges recourbées qui se rapprochent d'abord, puis s'éloignent pour aboutir à deux ornements en feuillages, entre lesquels s'attache, outre l'anneau déjà mentionné, celui d'une autre chaînette qui porte le bouchon.

Mais ce qui rend cette lampe rare et précieuse , c'est la figure d'un petit rat d'une vérité parfaite et en plein relief, qui, placé

(1) Valer., //îcr.,XVII, 6.

(2) PoUux, Vil, 132, et X, 17; Scoliast. Aristoph., Ran.,8.

près du lumignon, parait sucer la mèche. On sait avec quelle avidité la race dés rongeurs recherche l'huile. L'auteur, quoiqu'il soit, de la Batracho myomachie, ne l'apoint ignoré; car il met ces paroles dans la bouche de Minerve :

Î2 TtaTEp, oux av iroj-iror' è^M (xusl TEipouévoiaiv 'EXôoifJLTjV ETrapwY^Ç» ^''^sl xaxà TroXXa (x' lopyoïv, 2Te|X{xaTa pXctTCTOVTSç, xai Xuj^vouç eivex' èXai'ou (1).

« 0 mon père, certes je ne viendrai jamais au secours de ce peuple af- « fligé : car il m'a tait mille maux, en détruisant mes couronnes d'olivier « et mes lampes, dont il boit l'huile. »

D'ailleurs le rat était consacré à Vulcain, et peut-être notre lampe était-elle suspendue devant une image de ce dieu.

Au lieu de la lampe et du trépied mentionnés à la fin de l'explication, nous avons placé dans notre planche un monument qui a plus d'analogie avec la première figure.

Ces cinq dessins représentent les différents aspects d'une lampe de terre trilychne, portée sur une base en forme d'autel ou de pyramide quadrangulaire tronquée. C'était à la fois un candélabre et une lampe. Au-dessus de l'endroit où se rattachait la lampe, dont on voit le profil et le plan, il y avait une espèce de vase dont on n'a plus trouvé que les débris. Enfin, sous la lampe elle-même, on» lit cette inscription : C. CORVINS, qu'il faut interpréter Ca«i/s Corvinus : c'est sans doute le nom de l'artiste ou du fabricant i\ qui était dû ce produit remarquable de l'art céramique-

{l) Batrachom., 177 et seqq.

Trois des côtés de la pyramide sont revêtus de bas-reliefs représentant trois figures en pied : le premier est visible sur le profil de la lampe, et les autres, dans les deux petits quadrilatères qui se trouvent àcôté. La première figure, presque entièrement nue, s'appuie sur un tronc de colonne ou sur un autel : elle tient de la main droite une branche d'arbre ou un caducée; mais, comme elle est brisée en plusieurs endroits, il estdifficile de dire si elle représente un Apollon ou un Mercure. La seconde, revêtue d'une robe traînante, ceinte d'une large bandelette et la tête couverte d'une draperie , porte de la main gauche une corne d'abondance, et de la droite une baguette, un sceptre ou unjavelot ; près d'elle est une colombe : ce seul symbole désigne suffisamment Vénus; et, en effet, l'on voit souvent sur les médailles cette déesse couverte de longs vêtements et tenant un javelot (1) : c'est Vénus Astarté. La ceinture convient également à cette déesse ; mais on la trouve plus rarement avec la cornucopia , bien que les anciens l'aient confondue avec la Terre (2) et avec la Fécondité.

La troisième figure, qui porte un casque, une lance et un bouclier, ne peut être que Mars. On sait que Mars, Vénus et Apollon, et même Mercure, sont au nombre des dieux que les anciensappelaient 2uvvaov, 2ufx6a){Aoi, 2uv6povoi, napsSpot, 'E7rtxet[x£voi, Ad/iasrentes et Proximi.

" (1) Beger., Thes.Br., t. II,p.602; (2) Macrob., Saturn., I, 21 et 28,

Loiseau, tab. 48, p. 280.

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