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ERONZES
A - d'il . V . I . F
l)Ei;\IÈ.ME SKIUK. ;,
(rua coté, une tête barbue ceiutc (11111 (liadcnic de perles toiubaut sur les épaules, ce (jiii indicjue un Jupiter; et de l'autre côté, une seconde tête conroiuiée de lierre, qui doit être celle de Jupiter Annnon. ].e fût i\\\ pilastre est creux et renieniie une tii^e plus mince, ci;alement carrée, portant un vase à deux anses couvert de son discpie. Cette seconde ti«'e se meut dans la première, de sorte qïie le vase peut descendre jusc[ue sur le chapiteau, ou être élevé à volonté à deux ou trois hanteui's différentes, de 3 à 5 pieds environ : il est maintenu dans ces différentes positions par le mo\en de la fîclie de bronze, attachéeà une chaînette, que l'on met dans un des trous dont est percée la tige mobile. A l'égard de la petite lampe, placée entre le lampadaire et le candélabre, on en trouvera l'explication à l'articie de la planche "](), qui en offre une toute pareille,
Kncoreiui hunpadaire en forme de pilastre . (|ui est posé non pas au milieu de sa plinthe à pieds de lion, ornée d'arabesques damasquinées, mais sur l'un des cotés du quadrilatère que forme cette plindie. Cette disposition se retrouve dans tous les lampadaires, sauf celui de la planche précédente. Et ce n'était point au hasard (jue les aneiens l'avaient adoptée, mais afin de laisser une place libre pour arranger les lampes avant i\c les suspendre, et pour
6 BROINZES.
posci" le vase qui contenait l'Iiiiile avec laquelle on les alimentait : opération qui devait se renouveler assez fréquemment, vu la petitesse de ces lampes. Ici, elles sont au nombre de quatre, suspendues à nn pareil nombre de brandies assez conq^liquées et endjellies d'ornements, qui sortent des (juatre coins d'un chapiteau fort bizarre. Une de ces lampes, au moins, est remarquable par la plaque de bronze capricieusement découpée à l'aide de lacjuelle cette lanq^e est suspendue.
C'est sans contredit à un adorateur de Bacchus qu'appartenait ce lampadaire de bronze trouvé à Pompéi, en iSi'2 : cela résulte du petit Bacclnis qui se voit sur la base de ce meuble, et de jjlusieurs end:)lèmes que nous aurons lieu de remarquer dans le cours de notre description. Sur une plinthe rectangulaire, qui a par devant une échancrure arrondie, et qui est soutenue par quatre pieds de lion posant eux-mêmes sur de petits socles ronds, s'élève un pilastre terminé par un chapiteau de fantaisie. Au-dessous du chapiteau et à la face antérieure du pilastre, on voit le masque d'une belle Bacchante entoiu'ée de sa longue chevelure ; à la fiice opposée est un bucrane, une tète de victime. Des coins de l'abaque partent quatre crochets ou enroulements, qui, décrivant des courbes gracieuses, soutiennent qua-
3"?' Sirio
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ff. Jt<pu.i> cuJie'
tre lampes à deux mèches, appelées (lilyclines(f^'>jyvovj ouhï\ychiie^(bifychni). Ces lampes, toutes de la même grandeur, sinon de la même figure, sont antiques, bien qu'elles n'aient point été trouvées avec le lampadaire. Une seule est tout unie; les trois autres empruntent leurs ornements au règne animal : celle qui est opposée à la première, suivant la diagonale du chapiteau, outre une coquille à chaque extrémité, a deux aigles portant le foudre; la troisième est ornée de deux taureaux sortant à mi-corps de chaque côté : enfin la quatrième porte de même deux têtes d'élépliant. Cette dernière, au lieu de chaînettes, est soutenue par deux dauphins, dont les queues réunies supportent une boide et un petit anneau. Le pilastre n'est point au milieu de la plinthe, comme nous l'avons déjà observé en déduisant les motifs de cette particularité (i), motifs auxquels il faut en ajouter un dernier que suggère le bronze actuellement décrit : c'est que l'on plaçait quelquefois sur l'espace libre de la plinthe de petites idoles, des autels, ou d'autres objets de même nature. Ici, nous voyons, sur la droite, un autel chargé de bois déjà en partie enflaiiniié, et à gauche, un enfant qui doit être ou Bacchus lui-même, ou un Génie bachique. Entièrement nu, avec la che\elure bouclée et une couronne de lierre, il est monté sur un tigre, dont la queue, aujourd'hui brisée, était relevée sur le dos de l'animal, comme on le voit par les tronçons qui
(1) Planche ',) de ce volume.
subsistent; de la main j^auclic, il tenait la hridc, (jui a disparu; et de la droite, il lève une eorue, uii rliytou à l'aide duquel il se dispose à boiie. Uarea, la surfaee de la plinthe est bordée d'une danias([uinure ou d'une nielle représentant une vi^ne dont les feuilles sont d'argent, le tronc et les grappes de cuivre rouge.
Toutes les parties de ce lampadaire sont travaillées avec nue exquise délicatesse. C'est lui des plus beaux broîi/es de la collection.
PLANCllK 6.
La composition de ce hunpadaire révèle un altiste nigénieux. Sur le devant d'une plinthe quadrangulaire, argentée et chargée d'ornements gracieux, il a placé un autel isolé et surmonté d'un globe : derrière, à quelque distance, il a élevé une colonne cannelée dont la base est détaillée sur le coté de la figure principale, et qui se termine par un vase d'oii sortent trois branches supportant un pareil nombre de hunpes. Cet arrangement se rapporte sans doute à l'usage antique de placer les autels au pied d'un arbre ou d'une colonne, ce qui formait un accouplement des plus harmonieux. Il faut maintenant déterminer la divinité à qui cet autel était particulièrement consacré , et nous u'hésitojis point à l'appeler IVuitel de la Victoire. Le globe, représentant l'uiuvei-s, était chez les anciens le s\!nbole de la domi-
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TROISIÈ^IE SÉRIE. 9
nation en général ; et l'empire romain étant pris, par exagération, pour le monde entier, on se servit du globe dès le temps d'Auguste (i) pour désigner cet empire universel. Nous savons même que la statue de Pompée , au pied de laquelle fut immolé César, tenait en main le globe, figure de l'univers. On en donnait deux à Jupiter, l'un pour le ciel, l'autre pour la terre; mais les empereurs se contentaient de ce dernier : et sur les médailles on le voit dans la main de Didius Julien, de Caracalla, d'Elagabale et de Constantin , avec cette épigraphe , Rector orhis , Maître du monde. Or, l'empire s'acquiert par la Victoire, qui chez les anciens était sœur de la Force ou de la Puissance ; c'est pourquoi le globe passa au nombre des attributs de la première déesse, et devint même à lui seul un symbole qui la représentait. Nous le trouvons avec cette signification sur un grand nombre de monuments et surtout de médailles : parmi celles-ci , une des plus remarquables est celle (2) qui porte la tête d'Adrien couronnée de laurier, avec cette épigraphe : AYTOKPAT. AAPIAN02, « Adrien empereur » ; etsur le revers, un autel portant un globe, avec la légende : K. K., Koivov Kp-/iTwv, « La communauté des Cretois » . Il n'est point inutile de rappeler aussi un bas-relief du musée Pio-Clémentin , représentant le triomphe de Bacclius, dans lequel on voit, au milieu d'un groupe de tigres, emblèmes de la conquête de l'Inde, un autel qui brûle devant un piédestal portant un globe.
(1) Isidoriis. (2)Eckel.
3^ Série. — Bronzes. 2
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C'est donc bien là l'antel âc la Victoire; et si un célèbre archéologue (i) eut fait attention à la j>rosseur de cette boule et aux objets dont elle est entourée , il n'aurait pu la prendre, comme il l'a fait, pour un monceau de fruits mal modelés.
On voit dans ce bronze un nouvel exemple de l'esprit de l'art grec , esprit qui unissait toujours la sobriété à l'élégance, et la sagesse à la nouveauté. A la première vue, cette composition peut seml>ler étrange et fantasque; mais en la considérant de plus près, et d'après nos indications, on apercevra que les anciens, dans l'invention des ornements en apparence les plus capricieux, partaient toujours de l'imitation d'une réalité : ils suivaient constamment cette même marche logique qui avait déduit de la construction d'une simple cabane toutes les décorations de l'architecture.
PLANCHES 7 à 24, 2G, 28, 29, 30, 31 et 32 (2).
Toutes ces planches représentent des candélabres, qui ne diffèrent entre eux que par les détails; nous avons jugé à propos de réunir dans un seul article ce que nous avons à en dire, et d'indiquer seulement auxquels de ces objets d'art s'appliquent celles de nos ol)servations qui ne sont pas tout à fait générales.
(1) Visconti. cription de la planche 23 et celle de
(2) Voy . , après cet article, la des- la planche 27 .
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A.dH . V'.S. P.354
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3^' Ceri>
3T?e Série
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BROÎsZES.
BRONLES
TROISIÈME SKRIE. 11
Le candéhibre dans son orii^iiic n'est évidemment pas autre chose que la tige d'une plante, et surtout d'un roseau , que l'on fichait en terre , et à la sonunité de laquelle on mettait un plateau pour y poser une lampe. Tels devaient être, selon nous , les candélabres de bois mentionnés par Pétrone et par Nonnus , et dont se servaient sans doute les habitants de la campagne; car ils sont comptés par Gaton au nombre des ustensiles nécessaires dans une métairie. C'est à l'imitation de ces meubles simples et rustiques que furent faits ensuite les candélabres de métal (i), dans lesquels le plateau ou le disque prit souvent la forme d'un vase (2). Quelquefois cependant cette sommité se modifia d'une manière plus bizarre, selon le caprice des artistes, et devint un buste, une fleur, etc. (3). La base que l'on donna bientôt à ce petit meuble fut formée le plus ordinairement de pieds d'animaux, et spécialement de griffes de lion. Le candélabre lui-même affecta souvent la forme d'une colonne svelte et allongée , avec cannelures , la base et le chapiteau, régulier ou fantastique.
Nous venons d'énumérer toutes les parties dont se compose un candélabre conqîlet ; mais le luxe ne se contente pas encore de cette simplicité, et vient la cacher sous mille ornements divers. Ayant donné, comme nous l'avons dit, la forme de vase au plateau qui supporte la
(1) ri. 30. . (3) PI. i6et2C.
(2) PI. 20 et 28.
12 BROISZES.
lampe, il ajoute à cette partie tons les embellissements dont les vases en général sont susceptibles : il la charge d'un bas-relief (i), ou d'un petit travail encore moins saillant (^.) , genre de guillocliage qui couvre également toutes les parties de la coupe et le disque qui la couvre, et même la cymaise du fut. Pour ajouter à l'élégance de ces différents membres du candélabre, on y introduit encore un autre genre d'agréments. Ce sont des feuillages rameux, et quelquefois des arabesques de différentes couleurs, ce qui résulte de l'emploi accessoire de métaux dont la teinte contraste avec celle du Ibnd. Et cette incrustation , appelée par nous damasquinurc et par les Italiens taimtà, secomplique encore grâceà l'emploi d'un procédé de gravure pareil à celui que nous nommons nielle (3). La partie supérieure des candélabres ayant été décorée avec cette profusion , le reste ne pouvait demeurer nu. Le pied fut d'abord orné de trois groupes de feuillages (4) ; bientôt d'autres feuilles vinrent lier deux à deux les trois griffes de lion (")) : on plaça aussi dans cet intervalle des rosettes, des palmettes (6) , et l'on mit sur les trois pieds des masques de divers animaux (7) . On remplaça même les pieds d'animaux par trois jambes d'homme, ce qui est d'un effet peu agréable et presque monstrueux (8). Toutefois , en conservant an pied du candélabre cette forme pri-
(2) PI. 23. (6) PI. 16, 17 et 23.
(3) PI. 18. (7) PI. 17 et 22.