‹ Herculanum et Pompéi (volume 3)Chapitre 8 sur 22 · PI. 23. (S) PI · texte numérisé non relu

PI. 23. (S) PI

mitive , on ne pouvait y trouver place que pour des ornements très-restreints ; car c'était un parti trop mesquin que de couvrir d'arabesques damasquinées les socles sur lesquels posent les i^ritfés de lion , ou la plinthe de la base de la colonne (i). Ainsi , pour donnera la partie inférieure une richesse correspondante à celle du sommet, il fallut ajouter au-dessus des trois pieds un disque capable de recevoir toutes sortes d ornements. A la vérité, il ne faut pas faire de cette disposition une règle générale ; mais il suffit qu'on la trouve ojjservée dans un certain nombre d'exemples pour que nous devions la mentionner, sans prétendre cependant assigner des limites an caprice des artistes ou des hommes riches qui leur commandaient de pareils ouvrages. On a essayé (a) de donner au pied une forme conoide, en partant immédiatement des griffes de lion; et par là on obtenait en effet un espace assez étendu pour y déployer une grande richesse d'ornements; mais si nous examinons attentivement cette forme, nous la trouverons moins élégante que le disque , ou même ([ue les simples feuillages.

Nos candélabres sont de bronze; mais on vn rencontre un petit nombre dont la matière est du fer. Tous ont des ornements, soit en bas-relief, soit d un travail encore moins saillant; mais tous paraissent être sortis du moule entièrement terminés : ils n'ont demandé aucune nouvelle façon, sauf dans ([uelques parties du

(l)Pl. -2(). (-2) PI. IS. ■ •

14 BROWZES.

moindre relief, qui ont dû être refonilléesplns profondément. Ce (|iil le démontre, c'est le poli des plans et la netteté des lignes, (pii ne laissent voir mdie part la trace du l)urin.

Quant aux ornements composés de divers métaux, afin (pie la variété des couleurs fasse mieux ressortir des détails f|ui se perdaient les uns dans les autres, ils appartiennent, comme nous le disions tout à l'iieiue, à ce genre de travail que Ton appelle damasquinure. On l'exécute en creusant le métal principal, de telle sorte que les côtés du creux soient en biais et qu'il aille en s'élargissant vers le fond, comme une es])èee de mortaise; on prend alors des plaques du second métal , de la même grandeur que les excavations faites dans le premier, et on les y fait entrer de force au moyen de certains outils; enfin, on polit soigneusement la surface entière de l'ouvrage, de manière que le fond et les morceaux enchâssés ne paraissent faire qu'une seule pièce. C'est p;u' un moyen à peu près semblable que l'on obtient ces teintes d un noir violàtre dont on forme aussi quelques dessins : après avoir creusé le métal comme pour la damasquinure, on verse dans les creux une matière en fusion que l'on ;qipelle nielle [nigella) , et l'on polit tout le travail, f[ui prend aussi ce nom. Sur ]es nielles et l'art de nieller, on peut consulter Benvenuto Cellini, Baldinucei et Vasari.

La fameuse table isiaque prouve que la damasquinure fut en usage dès les temps les plus reculés. Les livres saints en font eux-mêmes mention dans ce passage :

TROISIKME SÉRIE. 15

(( Nous te ferons des bijoux, deseollierscrordaniasfuiinés d'argent; » Murœnulas aareas faciemiis tibi venniculatas argento (i). Homère décrit la coupe de INestor et le sceptre d'Achille,

Xpuffsioi; v;Xoia[ TTSTTOtpaî'vov (2).

« ornés de clous d'or » ; il en dit autant en d'autres ternies de l'épée d'Agamennion (3); et Pausanias parle ainsi du Jupiter Olympien : T?, <^e àoic-eoy. toO 0£oj yafisv in-l r;/.r--zvj [xeralVji; toî; râTiv r.vOiTaavov (.\) : « Daus la main droite du dieu est un beau sceptre orné (littéralement^e^^/Y) de toutes sortes de métaux. » Le sens de ces différents passages pourrait être contesté , si Athénée , parlant à son tour de la coupe de Nestor, ne s'exprimait ainsi (5) : 01 aèv ouv leyou-

<ji.v étwOsv 8ziv hj-ei^tG^y.'. to'j; •/o'jorsoO: rXo'j; tw àpy'JpfÎJ £X,-waaTi •/caTa TÀv è{A7waiGT'//.r,v T£-/vr,v : « Quelques-uns disent f[u'il faut que les clous d'or soient enfoncés extérieurement dans le vase d'argent selon l'art ernpœstique. » Ce passage pi-ouve surtout que l'art dont il s'agit était bien répandu parmi les Grecs, puisqu'ils lui avaient imposé une dénomination spéciale. Quant aux Latins , les monuments mêmes que rapporte notre ouvrage nous dispensent de chercher des autorités pour ce qui les concerne. Nous rappellerons seulement Dion Cassius , selon le témoignage duquel le peuple romain fit écrire les décrets de César en

(1) Caniic, 1, 10. (i) Eliach, cap. 2.

(2) Iliad., l, ();J2, et a, 2i6. (5) Deipnosop/i., p. 48K.

(3) Iliad., X, 29.

lettres d Oi' sur des colonnes d'arij^eiit, que l'on phu'a sous les pieds de Jupiter Capitolin (i).

Il reste uii seul pointa traiter : en quels lieux de la Grèce ou de l'Italie se fal)ri([uaient les candélabres les plus recherchés? Mous ne connaissons qu'un passage de Pline qui soit propre à jeterquehpie lumière sur la question : Prlvatim jEgina candelahvoriuri superficie m duntaxat elahoravit ; siciit Tarentum scapos. In hoc ergo commendatio officlnarunt, est (■>>.). A prendre ces mots dans leur sens littéral , il semblerait que les artistes d'Egine travaillaient parfaitement la superMcie seule des candélabres , et que ceux de Tarente excellaient dans la fabrication des fûts, des tiges. Mais ce second objet surtout suffirait-il pour établirla réputation d'une fabrique? Tout l'ornement que recevaient les fûts, c'étaient quelques cainielures, quelques nœuds imitant ceux du roseau : était-ce là tout ce qu'on faisait à Tarente ? Non , sans doute : on y établissait la proportion du fût avec les autres parties, et par conséquent l'ensemble du candélabre; et c'est en cela que se montrait l'habileté de l'artiste. Quant aux Eginètes , ils se distinguaient par l'art avec lequel ils travaillaient les ornements de certaines parties, soit en fonte, soit en damasquinure. Non que les Tarentins ébauchassent pour cela des candélabres que les Eginètes achevaient : les uns et les autres fabriquaient et perfectionnaient; mais les premiers se recommandaient

(1) Lib. LXIV, pag. 38^, éd. Reim. (2) Lib. XXXIV, 6.

TKOISIÈME SliRIE. 17

davantage par l'eiiscnihie, les autres par les détails. Kn effet, on ne iiian([nait pas à Tarente du goût le plus délicat pour les objets d'art d«'s plus ])etites proportions : témoin les belles médailles de eerte ville ; et, d'une autre part , Egine savait jeter en ])ron7,e des statues tout entières , connue le prouve la réputation de son école de sculpture et cette phrase même de Pline : Iiisula et Ipsa nec œs glgnens ^ sed offic'uiariiui temperatura nobilitdta fi); « cette îleneproduitpointdecuivre (on reinarcjuera le jeu de mots : JEgina, œs gig'/ic/is); mais elle s'est illustrée par l'habileté de ses fbndeui's.

Ce que l'on peut encore admettre , c'est fpie les candélabres d'Egiue différaient, f[uant à leur modèle , de ceux de Tarente. 3Iais en ([iioi consistait cette différence? Il est difficile de le déterminer sûrement, les auteurs anciens u'ayant laissé, à notre connaissance, aucun renseignement sur ce point de l'histoire de l'art. Néanmoins les candélabres peuvent se distinguer en (leii\ classes : les uns dont le fût pose inuiiédiatement sur une base à trois pieds, les autres dont les pieds sont reccMiverts par un disfpie. Les premiers sont en général plus simples, moins ornés que les seconds : car le dis(jue ne fut ajouté , comme nous l'avons fait obsei-ver, ([ucpour donnera la partie inférieure une richesse c()ri('sj)()n(laiite à celle du dessus, richesse qui consistait aussi en ornements à la superficie. Ne s'ensuit-il pas que 1 on peut attribuer, avec

(1) Lib. XXXIV, 5. • . •

3'^ Série. — Bronzes. â

!8 lUlO.NZKS.

(|ii('l(Hi(' \ raiscmhlaiicc , raddilioii du distjtic aux seuls EiiiiK'U'si'

Un indice \ieiit eoidirmer eelt<' supposition. On a tiouxé piès (rSlejculanuiii une liahilalion niagnificpie , dont le nuiilre avait reeueilli toutes sortes d'objets d'art d'orii>ine i;ree((ue : là étaient les papyrus et la plupart des statues et des bustes de bronze (]u nuisée d'Hercnlalunn , ou\rai>(*s tout liellcni{|ues selon nous. Or tous les candclal)res irouxés parmi ces monuments ont leur pied p,arni (hi discpie (i) , et sont des phis remarqual)les par leur travail el la délieatesse de leurs oi'nemeuts.

Remarquons enlin que parmi les candélabres découverts jusqu'à ce jour ceux de cette dernière espèce sont relativement en petit nombre : il est donc clair que dans les villes de la Campanie on faisait un usage presque coustant de l'autre espèce, ou du candélabre à trois pieds sans (lis([ue : ce ([ui porterait à croire que cette dernière l'orme était nationale, italiote , tarentine; taudis que la première était étrangère, grecque, et probablement éginète.

Le candélabre cpie cette planche repi'ésente est remar- (juablepar renseiuble de la composition , non moins que

BKO.NZES,

THOISlIvMK SKKIi:. 19

par k's onieiiUMits. !l sV'Irvc sur une hase lornu'c de li'ois pieds de bœuf, ornés chaeiiii (rmi masque de lion. Cette base estreeonverted'iiM (lis([neaii milieu (l(i([iielestplaiUé un pilastre on phitot nii licrmcs : le j)ilastre, le (lis([iie et la base forment trois pièees séparées; et en ontre ce dernier membre se compose de trois parties mobiles, jointes entre elles par des viroles, comme on le voit dans le détail qni est à coté de la figure principale, et de manière à former an milieu une grande charnière dont la fiche cylindrique est Textrémité inférieure dn fut. Quand cette extrémité est engagée dans tous les anneaiiv de la base , et attachée par la petite cheville qne l'on xoit suspendue à une chaînette, les trois pieds de bœuf sont fixés, et forment entre eux trois angles éiianx. Le chapiteau du pilastre est orn('' d'un petit ^lercnre, tenant de la main droite ini instrument crochu, i\nc épée recourbée, et de la gauche la tête de ^lédnse ou plutôt celle d'Argus, La face opposée dn même chapiteau offi-e encore le même dieu; mais ici ce n'est plus le meuitiier d'Argus, c'est le protecteur des marchands et desAoleurs : il tient une bourse et un caducée. Enfin, une tig(; plus mince glisse, comme on l 'a déjà vu précédemment ( i ) , dans l'intérieur du pilastre : cette tige supporte un vase , orné à sa partie inférieure de feuillages et de jierles, et, vers ses bords, de pei'les e! d o\(^s.

20 BRONZI S.

PLANCUK 27. ^

On remarqiu' dans et' candélahix' niic élôij,ance et Tiiic siiii^iilai'ité (l'orn('m('nts(|ni iiK'ritcn! une notice (listiiictc. TiC fVil est une colonne ionjijne, soutenne pai' trois i^riffes (le lion soi'tanl tliin enlacement de (enillai;('s et d'arabes- (jues combinés avec grâce. Siu' le chapiteau un sphinx est accroupi dans la posture indiquée par Euripide (i) :

O'joav 0 u-i'XXoucr' uttÔ Xeovto'ttouv ^iai/

a II ('fait a>sis , ;ig:itaiit >a quoiio sou? son coi'p^ de lion. »

Entre les ailes du monstre s'élèvent quelques larges feuilles, du sein desf[uelles srndjle éclore comme une fleur le plateau destiné à supporter lii lanq^e, plateau que les Grecs appelaient TT'.va/.iov ou 77!.va/,icr/,'.ov. Sans doute l'artiste qui a tait cet emploi de la figure du sphinx travaillait pour (piek[ue lionune d'Etat, auquel il a voulu rappeler, pendant les longues veilles, Finq^ortance du secret dans les affaires politiques. L'allégorie exprimée par le sphinx se perd dans lapins haute antiquité, et néanmoins les artistes et les poètes ont beaucoup varié dans la représentation et la description de ce monstre. Sophocle et Aristophane lui donnent la tète d'une jeune fille et le corps

(1 Apud /Elian , XII, T.

d'une chèvre. Palépliate \ ajoute une voix d'iioinnie, et Pisandre une queue de serpent. Dans les monuments de Karnak , le corps est celui d'un lion ; la tête, celle d'un bélier; et, au contraire, dans les monuments égyptiens observés par Hérodote, lateteétaitcelled'unhomme : c'est pourquoi cet historien désigne le monstre par le nom d 'Androsphinx. Quelquefois il a des mains, comme sur l'obélisque du soleil à Rome; quelquefois des mamelles et une queue de poisson. Mais la figure qui remonte à l'époque la plus reculée se compose d'un buste de vierge posé sur un corps de lion : on ne trouve que cette espèce de sphinx, sans ailes et la tête couverte de la calantique oucalvatique, sur les monuments de l'époque où fut sculpté le zodiaque de Latopolis , aujourd'hui Esné. Nous ne voyons donc point ici le sphinx égyptien proprement dit, mais le sphinx thébain, dont la tradition, portée à Athènes par les marchands phéniciens, a été embellie par les artistes grecs. Ceux-ci lui ceignirent le front d'un double diadème, comme on le voit sur notre candélabre, et lui donnèrent des ailes. Ce fut Sophocle qui le premier le peignit ainsi dans ses yers (i) ; et les poètes grecs et latins dirent d'après lui :

Sphinx volucris pennis, pedihus fera, fronto puolla (2).

(1) Sophocl., OEd. r., olC. (2)Auson., IX, 15.

•:2 iUlONZES.

Il y a peu de bronzes antiques dans lesquels on trouve plus de simplicité et de délicatesse que dans ce double candélabre. Le fût est formé d'une tige de plante, cannelée , torse , et feuillée à chaque nœud , qui se divise en deux branches pour supporter deux plateaux, destinés à autant de lampes. Au pied de cette espèce de tronc se trouve une masse de pierre sur laquelle un vieillard se repose en cherchant à verser un reste de vin, de la bouche d'inie outre qui est repliée sur son bras gauche avec son manteau , dans un vase qu'il devait tenir de la main droite. Ce vieillard ne peut être que Silène, le compagnon , le gouverneur, l'hypostratégedé Bacchus, comme l'appelle Lucien (i). Le trouvant quelquefois représenté avec les oreilles pointues, comme dans ce bronze, on le range parmi les faunes et même parmi les satyres; mais, nous l'avons prouvé ailleurs, tel n'est point le véritable sentiment de Tantiquité. La peau velue du vieux buveur, son nez retroussé , son large ventre , sa barbe ondoyante et négligée sont rendus ici avec beaucoup de finesse et de vérité : mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est l'expression de la physionomie, qui, naturellement joviale, se voile cependant de cette inoffensive stupidité

[\) De Sale, 13.

3= Série

BRONZ K S

(^4)'t û/iÂ(i

Ad . Boitchet , se .

A.d'H.V. 3. P. 311 . I i i I i I |6 Pouces.

TUOISIK.MK SKillK. 2S

que produit l'iisai^e iniiHodcrcdii vin. Mais p()iir(|U(ji ce candélahre est-il orné d'un Silène? C'est sans doute parce rpi'il devait éclairer des festins nocturnes : la présence du compagnon de Bacchus était propre à réveiller l'orgie et à ranimer l'émulation des buveurs.

Selon la nomenclature que nous avons adoptée, ce bronze est à la fois un candélabre et un lampadaire, particularité qui le range dans une catégorie toute spéciale. Sur une plinthe rectangulaire, aux quatre griffes de lion, on voit un petit socle d'où s'élève une colonnette cannelée en spirale; elle se termine par une tête couronnée de lierre comme celle d'un baccliant. Cette tète forme une petite lampe. Une figure de détail montre l'ouverture par laquelle on introduisait l'huile; et la bouche est percée d'un trou par où sortait la mèche. Près de cette colonne et sur la même plinthe, mais monté encore sur une base ronde, un joli enfant supporte avec le pouce de la main gauche un anneau auquel une lampe est suspendue par deux chaînes. Sa main droite tient, au moven d'une autre chaîne, un petit crochet destiné à relever la mèche et à la moucher. La lampe que porte ce jeinic ga!(;nii est présentée, dans les figures de détail, sous (leu\ aspects différents, à savoir : décote, afin de mieux montrer sa poignée et les feuillages dont elle est ornée; puis de face

et en plan, pour fiiire voir entièrement le dessus, c[ui est formé d'un mascjue de théâtre.

Il serait dilïieile de trouvei- un sens à eet assemblai^e de deux lampes en ("orme de masque ou de tête, avec d'autres objets disparates. On rencontrer des coloiniettes pareilles à celle-ci dans Mabillou (i) et dans quelques autres recueils; mais aueuu(^ ne ])()rte de lanq)e èi son sommet.

Nous sommes arrivés aux trépieds (2) ou supports de lampe peu élevés, qui se plaçaient sur les tables. En voici trois différents. Le premier, vu en plan et en élévation, est une plinthe circulaire supportée par trois ongles de lion; le second a tout à fait la foruu^ d'un petit trépied, et dans chaque intervaHe que les pattes de lion laissent entre elles tombe un ornement largement feuille. Enfin, le troisième est une petite table soutenue par un seul pied, qui se divise bientôt en trois arcs terminés par le bas h la manière hal)ituelle : les bords du disque sont ornés d'oves et de perles.

(l)ïom. V, pi. 181. \\\, p. 1^28.

(2) Athon., II, p. 38; Diod.,

.ERONZES.

Z^' Sfirae

■' Rou/X' cum^

l'.l'.ONXK.S .

Coi^

fj

Quatre lampes el cleu.\ trépieds de Ijronze. On y remarquera seulement leiiucrane, soutenu par deux lames reeourbées , qui forme la poignée de la première lampe : des narines de eette tête sort la chaînette à laquelle Vobtui'aculuiii de la hunpe est attaché. La tête de hcriif est assez rare dans les lampes : nous \\ei\ trouvons (pie deux exemples (i). La deuxième laiiq:)e a une plaque en forme de cœur au lieu du ])ucrane. Les deux autres n'offrejit rien de particulier. Quant aux trépieds, ils ont les griffes accoutumées et des feuillages diversement découpés et dessinés.

PL.\NCHE 37.

Les deux hunpes que contient cette planche sont vues en plan et en élévation. La première a la poignée terminée en tête de cheval , animal qui figure quelquefois tout entier dans les lampes ['2) : le trépied sur lc([ucl elle pose est l'cmarcpiahlc par la largeur de ses pieds di' lion et parla lèuille unique, et découpée au n;iturcl, (pii joint

(i)Licet., lil). IV;Belloii,p;irl. I, (-2) La Chausse, pi. \\ li et 15.

fig. 17.

3*^ Série. — Bronzes. - 4

■2'3 r.ilONZKS.

ceux-ri entre eux. Dans la seconde lampe, le elieval est remplacé par riiippogryplie (i) : son support, moins commun, est loinié de trois dauphins se touchant ])res- (ine par la queue, et tenant chacun dans leui'i^nenle une concpie mai'ijie.

IVohjet i-eprésenté par la prenrière fiii;ure mérite le nom (1<' candé'lahi-e plutôt ([iie celui de lampe : car ou y voit un pied ([ui l'orme corps a\ee la iampe elle-même. Sur ce ])ied est l!i;ui'é en ronde-hosse le(iénie d'Hercule, repliant ses lonj^ues ailes, appnxé sur la massue, et la peau néméenne éléi:,amment nouée sous le menton. De toute antiquité, des statuettes de Génies ont été employées comme soutiens des lampes. Selon Homère (9.), dans le palais (rVlciïîoiis , on xoyait sur un autel magiiilicfue deux jeunes i;ar(;ons , deux (iénies d'or, /ojcrsoi x.ojûoi , qui suppoi'taient des lampes, f'.t dans une lampe sépulcrale, telle cpTest la m^tre, les (rénies, (pii s'attachaient aux moi'ieis depuis la naissance jus([u'au trépas, sont encore mieux |)lacés. Ouant à Hercule, on ne s'étonnera point de trou\er ici son synd)ole(3) : en effet, le lils d' Vlemène devait commandera l'enfer, puisqu'il ravit

(!) La Chausso, pi. (i; lîcUori, (^2) Odijss., r,. iOO.

jKiit. II, (i-. ii. (3) Lient., YI, 0.

A d'- /^.^f^/lt,

'nu)isii::\iK si::\iK.

Aloeste aii\ (k'inciii-cs de Pliiioiî : iMiiiiolpc* , v\{6 par le imtliologiie ^.alalis, dit (pic dans ccit'.' expédition ilcrcidc terrassa la Moi'l. D'ailleurs, la massue d'Hereide et sa peau de lioii , ctaul des s\nd)oles(Ie la Terre (i), ne sont pas déplaeées sur une laiiij)e sépulcrale: le Génie qui les porte pourrait même, à la rii^ueiu', n'être cjue le Génie de la Terre.

La base de cette lampe, ([uoicpie rompue (Vun côté, n'est pas moins remarquable ([ue le reste. Elle })orte sur une de ses faces une tète de jeune homme que Ton peut prendre pour celle de Mercure , appelé noa::aio; ou ^V/oro;7.7To: , le guide des âmes (2). Il a le chapeau à larges bords, le chapeau thessalien ou parrhasien, de la ville de Parrhasia en Arcadie, le petasus unibellatus dont se servaient les voyageurs (3), et que par cette raison on donnait à Mercure, dieu des chemins, surn()mmé/;<?^;^fttus. Les l)ords de ce chapeau sont taillés en rayons, et couverts de cercles qui ressemblent à ceux que l'on voit sur des plumes de paon, ou, si l'on veut, à des yeux. Cette particularité semble faire allusion au meurtre d'Argus; car on sait ({ue, selon les mythographes, Alercure argéiphonte (àpYs-.oov-'.r) est le soleil, cpii fiiit disparaître le ciel étoile , ou Argus panopte [-mû-rr,; , ([ui voit tout) , gardien àe la belle lo (i). 3Iercure a en effet un grand rapport avec Phœbus, puisque ces deux divinités oc-

(l) La Chausse, fZe /;i5/^Ai. Pord. {d]Yc:\ia\, Ana'cct. de lie vei^

max. ftam., tab. 2i. tiar., cap. i".

(3) Lucian., Dial. mort. (4) Mirrob., Saturnal., I, 19.

(uipaioiit miaulcl eu coiiiinmi dans Je t('mj)l(' de Jupiter Olympien(i). Enfin, vommeAetdtulus, (jiii foi-inc la paitie supérieure du eliapcau, ctail nn cinhlènie saeci-dotal (-2); et eonime les préti-es mêmes |)renaient pour coiffure la peau des victimes ([n'ils avaient offertes, ces cii'constances indi((uent bien iMeicure prctre et sacrificateur de Jupiter, à qui il vient d'immoler Ar^us.

Il n'y a rien d'étrange d'ailleurs dans la réunion d'Hercule et de Mercure qu'offre ce monument. Pausanias(3) rapporte que l'on voyait dans le gymnase un Hermès et un Hercule, œuvres d'aitistes égyptiens. De là Mercure reçut les épitliètes Èvaywvio; et Àycovio; (/i); de là encore les athlètes furent appelés disciples d'Hercule et de Mercure (5). Enfin, les statues de ces deux divinités se trouvaient réunies dans les Ilcrnicraclt's ; et peut-être Pausanias ne veut-il pas désigner autre chose que ce doul)le buste supporté par une gaine.

Comme les huupes sépulcrales en général, ce petit monument si })récieux est, non pas de bronze, mais de simple argile : materiam superabat opus!

Cette planche offre encore une hunpe ornée d'arabesques et de perles, vue de plan d'al)ord, puis ensuite de profil et sur son trépied : celui-ci n'est remarquable que par les têtes de lion placées entre les pieds.

(l)Alexan(Ii-., Tab. heliac. (ijPiiular., /V//^, liymii., 2; h-

(;2) (jwU'w , dc.Vct . jure po?it/f., I, thm., od. I . 20; Fostus, sub. verb. 'l'iitulis. (,">)bionys. llalioam.. Exhort. ad

(3) CùHnlh., IV, 32. Àlkl.

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