‹ Herculanum et Pompéi (volume 4)Chapitre 17 sur 17 · K > PS J · texte numérisé non relu

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Deux Génies ailés, tirés par des dauphins, font le sujet de cette peinture, qui a été trouvée dans les fonilles de Résine, le () août ijiS.L'ensendjlede ce tableau est gracieux et plein de goût, et les détails ne manquent pas d'originalité. Les danphins étaient dédiés à A énus, et traînaient sur la mer lecliar de l'Amour: on connaît d'ailleurs la sympathie de ces animaux pour les honnnes, et surtout pour les petits garçons et pourles jeunes fdles(i); ils sont ici attelés sous le joug, et produisent un effet agréable et pittoresque. Il va de l'enjouement et de la gentillesse dans ridéequ'aeuel'artiste de nous représenter un de ces deux petits Génies endormi et se laissant choir dans la mer.

On voit assez souvent sur des marbres ou sur des pierres fines des Génies pareils îi ceux-ci, traînés dans des chars. Les ailes qu'on leur doiuie sont sans doute destinées à exprimer la rapidité de leur course, et c'est aussi dansée but que les conducteurs des chars, dans les courses du cirque, se mettaient quelc[uefois des ailes au dos. Un jaspe roupede Vy^i^vstiniÇti) nous montre un petit Amour traîné dans un char par deux dauphins, qu'il guide avec les rênes et (pi'il stimule avec le fouet. Mais ils ne sont pas, comme ceux qu'on voit dans cette planche, attelés sous le joug.

(I) Plutarque, de Sole ri. animal. (2) P. Il, plaiicho Ml.

:'54 PKLMUIIKS.

Cette planche représente une chasse, qui a été trouvée, le (") août 174S, dans les fouilles de Résine. On doit en admirer la beauté, le naturel et l'expression. L'attitude du petit Génie est gracieuse et animée ; le mouvement de ses ailes et la disposition de la draperie qui, après avoir fait le tour de son cou, enveloppe son épaule et luie partie de son bras, et joue ensuite avec le vent, se rapportent à l'action de la main droite, qui lance un dard. Delà main gauche il tient deux autres dards. Les formes et le mouvement des cerfs "qui s'eufnientet des chiens qui sont à leurs trousses, sont dessinés avec exactitude et avec vivacité.

Ou coimaît toute l'importance que les peuples de l'anti([uité outdonnée à l'exercice de la cliasse, dont ils attribuaient l'invention à Diane et à Aj>ollon(i); c'est pour cette raison que les cerfs étaient consacrés à cette déesse, <pie l'on appelait 'ù.iLor.^A'i/ji. On la représentait sur un char tiré ])ar(piatre biches qui avaient des cornes d'or (2). Les conunentateurs (3) se sont indignés contre cet usage, en s'appuyautcontre Aristote, qui ne donnedescornes qu'aux cerfs. Diane chassait les cerfs, les biches, les daims, les

. (l)Xt}iioplion,7"rfl//r(/f /a(7/fi'.«e; V, '.)9 ot suiv.

Gratius Faliscus, Povme sur lu (3) Spanheini, «;/x i.e;.$ ■2. 12 et

CItasxe. V. |;î ('{ suiv. I.M.

(2) (^alliniaqiic, Hi/wncà Diane ,

lièvres et toutes les l)êtes timides. La chasse des lions, des tigreset des bêtes féroces était au-dessus des forces de son sexe. La fahie nous apprend encore que Diane et Apollon auraient enseigné l'art de la chasse à Chiron (i). Mais il semble plus raisonnable de la faire naître, sans avoir recours à aucune révélation divine, de la nécessité où ont été les premiers habitants de détruire les bêtes féroces, et du besoin qu'ils ont eu de pourvoir à leur nourriture (2). Leschasseursuidiensétaientnourris par le roi(3); les jeunes Persans devaient s'exercer tous lesjoursàla chasse, depuis l'Age de cinq ans jusqu'à celui de vingt-cinq (\). Le roi de Perse était toujours un excellent chasseur (5) ; et enfin ^ onon, roi des Parthes s'était attiré la haine de ses sujets, parce qu'il avait négligé cet exercice (6). Scipion v consacrait tons les instants qu'il pouvait dérober aux alïàires (7), et Horace f8) appelle la chasse :

Romanis soleinnp viris opus, utile fania?, Vitaîque et inenibris.

Lu auti-e auteur (()) l'a f|iialifiée: un exercice de héros et (le rois. Kntin, Plinedit àTrajan : « Quand tu as expédié « tes iiomhicuses affaires., tu. te reposes en cJiangeant de (i Jatigue. Tu appelles te promener, parcourir les forets,

« chasser les bctcs féroces de leurs tanières, gravir les

{l)Xénophon, Traite (Ida chasse. (o) Xénophon, Cijro/jcd., I.

(-2)Lucrèee, Y, 9G4 et siiiv. ; Aris- (6) Tacite, Annal., II.

tote, Polit., l, 8. (7) Polybe.

(3)Stral)on, XV, p. TOI. (8) 1. Èpisl., XVIH.

(i) 1(1., 1(1., p. T.'il. (0) Po'.liix. V, in pra'f.

2ÔG PELNTUnES.

« Diontagncs les plus élevées , et marcher, sans te servir des tt mains, et sans te faire aider par les autres, au bord des « plus affreux précipices. C'était là autrefois Ucxercice « et le délassement delà jeunesse. C'était là l'étude pre- « mièrc de ceux qui devaient commander aux armées. Ils '( apprenaient à lutter de vitesse avec les animaux timi- « des et peureux, de force avec les plus courageux,etd'a- « dresse avec les plus rusés, etc., etc. »

Le (lard lii;iii(' au iioinhre des instruments de ehasse dont tiiit mention (iratiiis Faliscns(i) :

Quooirca ot jaculis hahilom porprnrlimiis usum ; Neii levé viiliuis cat, neu sil liievis inipctus illi.

(I II atteint do loin, et ses blessures sont profondes. »

Onant au rôle que les chiens jouaient dans les chasses des anciens, aux ([ualités f[ne l'on exii^eait d eux et aux soins qu'on leurdoiuiait, nous renvoyons aux traités spéciaux sur la matière (•i).

(l)(iL'atius Faliscus, loc. cit., v. .(. (laiiis, de Cunibus brilannkis;

12Ç) p{ ^23. Fracastor, de Cura camtm ; Senec,

(•2) Gratins Faliscus, /oe. cit.,\. X. cp.,~l. l.'i-i; TS'eniesianus, v. 108 et suiv.,

Flîi DU PREMIER VOLUME DE LA 2'^ SERIE DES PEINTURES.

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