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DEUXIÈME SÉRIE
d’une sœur : là ou se trouve le remords, la vengeance ne soulage pas.
Némésis est reconnaissable à sa tunique blanche (i), à ses fortes ailes (2), à son attitude, celle d’un personnage qui arrive sans qu’on l’aperçoive ou qu’on l’entende (V/iÔo’jca rcap’ 7coàà) (3), comme elle vient d’ordinaire au chevet du coupable, et surtout à l’expression sévère de son geste et de ses traits. Ce n’est pas la première fois que Némésis et l’Amour affligé se réunissent dans la même pensée poétique. Un épistolographe grec (4) prête ces paroles à une de ses héroïnes : « Némésis et l’Amour sont deux divinités terribles, qui tantôt se tournent vers un mortel et tantôt vers un autre. »
Une petite maison, située derrière l’édifice de Pompéi appelé la Crypte d’Eumachie, a montré une de ses chambres étroites décorée de cette fresque et de la suivante (5) : circonstance qui révèle de nouveau comment, dans ces villes antiques, le goût des arts avait envahi jusqu’aux plus humbles demeures.
La première représente V énus Piscatrix , Ichthyothere
(1) Hesiod., ’Epy., 198. Cornut., i3.
(2) Pausan., I, 33. (4) Philostr., Epist. , 16.
(3) Anthol.y II, 292; vid. etiani (5) Pi. 11 1.
PEINTURES
ou Halieutique. Le mot manque en français pour rem-, placer l’épithète grecque et latine. Ce sujet renferme, du reste, une allusion assez gracieuse aux attributions de cette déesse et de son fils, auxquels on pourrait appliquer l’expression pécheurs dames , créée pour de plus graves et plus saints personnages. L’attitude de la déesse est fort gracieuse, mais un peu forcée : on ne conçoit guère comment elle peut se tenir en équilibre sur le bord extrême de ce rocher, même en s’y appuyant comme elle fait de la main gauche, et en s’attachant, pour ainsi dire, avec la plante des pieds, à la surface perpendiculaire qui est au-dessous d’elle. Son manteau, qui ne lui couvre que les cuisses et les jambes, est jaune, avec une doublure blanche : bracelets à l’humérus et au poignet, diadème, collier, double écharpe, tous ces ornements sont formés d’un ruban d’or.
L’Amour, de l’autre côté du cadre, tient une corbeille destinée sans doute à la proie que saisira sa mère : il semble lui indiquer du geste l’endroit le plus favorable pour y jeter sa ligne.
L’exécution des deux figures répond à ce qu’il y a d’ingénieuse volupté et de douce malice dans l’invention du sujet.
La vignette représente deux vases d’argent, dont l’un est renversé, et entre lesquels se trouve un disque de cuivre : de l’autre côté, un bassin de bronze et un anneau d’argent; au fond, d’une part, une espèce de pilastre supportant une boule, et entouré d’une bande-
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DEUXIÈME SÉRIE
Jette; puis un pieu supportant une sorte de bourse, une draperie verte et un bâton pastoral. Peut-être a-t-on voulu représenter des prix accordés au vainqueur dans certains jeux.
Cette peinture, pendant de la précédente, mais beaucoup moins digne d’éloges, représente Narcisse, qui, fatigué de la chasse, vient chercher le repos dans une vallée déserte , sur le bord d’un ruisseau dont les flots decristalse frayent un passage entre les rochers. Le malheureux jeune homme, assis sur l’un des bords de l’eau, le bras appuyé sur l’autre rive, voit son image réfléchie dans le miroir liquide. Frappé de sa propre beauté, il en devient épris, etbientôt il mourra victime d’une passion que rien ne peut satisfaire. Allégorie frappante des dangers de l’amour-propre, et surtout d’un genre d’amourpropre bien stupide, l’amour physique de soi-même; après ce ridicule , on n’en connaît qu’un plus absurde et plus étrange encore, ridicule qui ne fut point connu dans les temps primitifs , mais qui était réservé à Athènes et à Rome, aussi bien qu’à l’Europe moderne : c’est l’amour qu’un homme conçoit, non plus pour son visage ou son corps, mais pour ses habits. Narcisse ne va point encore jusque-là : il n’est pointamoureux de son manteau violet, de son bâton de chasseur et de sa couronne de feuillage
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aux élégantes bandelettes ; il est épris de sa figure, qui vraiment n’est pas trop mal.
Le paysage est traité d’une manière agréable; mais le dessin renferme une méprise assez étrange : dans la situation où Narcisse est placé, il est impossible que nous voyions son visage répété aussi prèsdelui; chaque point de l’image devrait descendre sous l’eau d’autant que l’objet s’élève au-dessus.
Dansla vignette, on voit sur le fond rouge une colonne cannelée et striée d’or, portant un objet déformé cubique qui paraît être une cassette : une palme y est attachée par une bandelette verte, et suppose elle-même une autre bandelette pareille; contre le fût est appuyé un cymbalum avec ses rubans ordinaires; et à côté, un trépied d’or paraît contenir une liqueur, du vin peut-être. 11 y a là quelques-uns des attributs de Bacchus-Osiris, présidant sans doute à certains exercices athlétiques ou dramatiques.
Bacchus, couronné d’une guirlande de lierre avec ses corymbes, s’appuie, du bras droit qui tient son thyrse, sur l’épaule de Silène; et de l’autre main il verse , sur la tête d’une panthère accroupie près de lui, tout le vin que contient une coupe à deux anses. Silène pince de la main gauche les cordes d’une lyre qui est attachée à
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