‹ Herculanum et Pompéi (volume 5)Chapitre 13 sur 28 · C.J-4-P.Xl e^ (/ S £~j · texte numérisé non relu

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DEUXIÈME SÉRIE

son cou par une espèce de baudrier, et qu’il soutient en outre de la main droite avec son plectrum. La jeunesse efféminée du dieu, sa taille molle et flexible, ses chairs glabres et pleines de morbidesse, contrastent avec la vigoureuse vieillesse, avec la tête chauve, mais pleine de feu , avec la carnation chaude et bronzée, les membres gras, velus et trapus (i) de celui dont il fut l’élève (2). Le dieu n’a qu’un petit manteau rouge jeté sur ses deux bras; l’autre personnage a le bas du corps couvert par une draperie violette. Près de Silène se trouve une corbeille pleine de grenades et d’autres fruits, par laquelle le peintre a sans doute voulu rappeler que les mortels doivent à Bacchus non-seulement la vigne, mais encore tous les arbres de leurs vergers (3). Le fond est rempli par un paysage agreste, fort bien traité, dans lequel figure une vigne. Cette fresque, admirable pour le dessin autant que pour le coloris , ornait une des petites chambres qui se trouvent derrière l’édifice connu sous le nom de temple de Vénus.

Dans la vignette, on voit deux fragments, dont l’un représente des vases avec une palme, ce qui indique des prix athlétiques ; etl’autre une urne, du milieu de laquelle s’élance en bouillonnant une sorte de jet d’eau : pur caprice de décorateur !

(1) Lucian., Conc. Deor.,l\. (3) Athen., III, 83;Tlicocr., Idyll.

(2) Diod., IV, 4. 1, 120.

2® Série. — Peintures.

PEINTURES

Selon Pausanias, Vénus était la plus ancienne des Parques, c’est-à-dire que la loi de génération est la première, la plus impérieuse de celles qui régissent Punivers et qu’on appelle Destinées. C’est encore pour exprimer cette irrésistible puissance, qu’à Chypre, à Corinthe, à Lacédémone, on a peint Vénus une lance à la main, sous le nom de Vénus armée ou porte-lance, Aphrodite Hoplismene ou Enchée, &i&i<rfxivY) ( i ), syydoç (2), (de âyp;, lance, pique).

Vénus armée a fourni le sujet d’une charmante épigramme grecque (3), reproduite par Ausone dans une traduction qui, chose rare, nous paraît au-dessus de l’original (4) •

Armatam vidit Venerem Lacedæmone Pallas ;

Nunc certemus, ait, judice vel Paride.

Cui Venus : Armatam aune me temeraria ternnis,

Quæquo te vici temporenuda fui.

« Pallas vit à Lacédémone Vénus armée, et lui dit : Combattons maintenant, quand même Pâris serait encore notre j uge. Téméraire ! répond Cythérée, oses- tu bien insulter, lorsqu’elle est sous les armes, celle qui, toute nue, sut l’emporter sur toi ? »

(1) Paus, II, 4, et III, i5. (3) Anthol.

(a) Hesvch., s. h. v. (4) Epigr., 4».

PEINTURES

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DEUXIEME SÉRIE

La pomme d’or, placée sur le tronçon de colonne où la déesse s’appuie rappelle à elle seule la scène du mont Ida : c’est, même sans la lance, un des attributs de Vénus victorieuse. Peut-être se prépare-t-elle à combattre Pallas ; peut-être le peintre a-t-il voulu faire une allusion à l’épigramme de l’Anthologie. Ce serait donc afin de rendre le combat plus loyal, qu’elle dépose, dans une cassette que lui présente son fils, cette ceinture où siègent l’Amour, et le Désir, et le furtif Entretien, et la douce Tromperie qui ravit la raison des plus sages (i). Ce lien détaché laisse tomber à larges et riches plis, sur ses brodequins jaunâtres, son manteau couleur d’or doublé de bleu de ciel, qui est la parure habituelle de la déesse de la beauté, et que les anciens désignaient par le nom de <papo ; :

XpiKTrjv ’AcppoSirrçv :papet xoXttov iyovaav (2).

La déesse porte un diadème orné de trois pierres précieuses, des pendants d’oreille formés de trois perles, et un péricarpion ou bracelet au poignet droit.

Dans la vignette, on remarquera le naturel du mouvement des chèvres et du Génie rustique qui trait l’une d’elles : l’autre Génie arrive avec une espèce de seau, comme pour se livrer au même soin.

(1) Homer., Ilind., XIV, ai5, et (a) Leonid. Alex., Anlhol,, p. 193. seqcj.

PEINTURES

« Bacchus donne le raisin à la vigne, » était une phrase sacramentelle que les mythographes avaient traduite par diverses personnifications, et que les peintres reproduisaient aussi à leur manière. Ici Bacchus, sous la figure d’un bel adolescent, présente une grappe de raisin à un très-jeune enfant, qui doit être celui que les poètes appellent Ampélus. Le lierre, avec ses eorymbes, couronne le front du dieu du vin et la pointe de son thyrse orné d’une bandelette : des bottines chaussent sa jambe élégante, et un manteau d’azur l’enveloppe en partie de ses riches et larges p' is. Sa pose est noble et naturelle. L’enfant, dans une attitude pleine de naïveté, se dresse sur la pointe du pied, et étend ses petites mains vers le fruit qu’il convoite.

Cette figure est une nouvelle preuve à opposer aux critiques qui prétendent que les anciens n’ont pas réussi dans la représentation des enfants aussi complètement (pie dans celle des dieux et déesses, qu’ils ont toujours pris à l’age nubile. Comme si l’on ne savait pas-qu un Amour de Praxitèle el.nit le seul objet qui attirât a Thespie le concours des amis de l’art ! comme si Paros ne montrait pas à côté de sa Vénus Cnidienne un Cnpidon qui, taillé dans le même bloc, était l’objet des mêmes hommages ! comme si I on ne savait pas enfin

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