‹ Herculanum et PompéiChapitre 12 sur 30 · DÉCORATIONS ARCHITECTURALES · texte numérisé non relu

DÉCORATIONS ARCHITECTURALES

Cette peiiiliue architecturale, trouvée dans les fouilles de Pompëi avec les tleux suivantes, est remarquable par l'originalité et la multitude des ornements qui la com- |)osent. On voit à son étendue et à sa forme qu'elle faisait à elle seule la décoration (\\\n des murs d'une salle.

L'architecture, d'un jaune très-foncé, se détache sur un fond d'un jaune plus clair^, et les ornements qui la décorent sont blancs. Dans le milieu est un tableau que nous développerons dans la neuvième planche de la deuxième série des peintures. Il est entouré par une petite draperie étroite de couleur blanche.

Les tritons, les griffons, les dauphins, les paons, les

f* Série. — Peintures. 1

2 PKI^Tl]RES.

sphinx vt les lii»res que l'on voit épais dans les diverse.^ parties (le notie peintnre sont d'un clair obscur janne; les guirlandes sont vertes; les deux vases peints snr le socle, ainsi (pie les i livtons sus])endus an milieu des guirlandes attachées aux deux côtés dii socle, ont une couleur de bronze. Les masques sont couleur de chair. liC mascaron du milieu est rouiî,e et entouré d'ornements verts.

r.es deux figures au-dessus de la corniche tiennent en main des rameaux. Des deux autres figures que l'on aperçoit j)lus jjas dans la peinture , l'ime tient aussi lui rameau; et l'autre, dont la tête est voilée, semble j)orter une patère. Deux bustes sont peints dans les médaillons latéraux : l'un des deux se distingue par une corne d'abondance; Tautre n'a pas d'attrihut qui le caractérise.

Cette peinture architectonique semble avoir été faite à l'intention de Bacchus. Kn effet, le tableau peint au milieu a quelque analogie avec le culte de ce dieu. Les tiirres, les griffons et les autres animaux fabuleux lui conviennent parfaitement; nous aurons occasion d'en [)arler ailleurs. Les rhytons ont avec le dieu des vendanges un rapport qu'on ne contestera pas. Les rameaux dans les mains de ])lusieurs figures, le voile sur la tête de l'une d'elles, indiquent dessacrificesou descérémonies religieuses. Enfin le médaillon (pii représente une femme tenant en main une corne d'abondance peut nous offrir l'image de Cérès, mère de Bacchus, selon (piclques

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auteurs, et l'autre celle de A énus, dont Bacclius cultivait Tamitié (i).

Si7ie Cerere et Libero friget Venus (2).

Cette peinture rivalise avec la précédente pour le goût, mais elle lui cède pour la réii;ularité et pour l'entente de la perspective. Elle formait aussi à elle seule la décoration complète d'une des murailles d'un appartement.

Le fond est un ciel bleu avec des nuages. A l'exception de la frise qui est noire, et des petites statues qui sont blanches , l'architecture entière est de couleur rouge; Tare est d'un ton moins foncé. Les vases posés sur la corniche et les tritons sont d un roai>e clair. Le pilastre du milieu, où sont attachés un tlnrse et une tète de bœuf avec une draperie rouge; l'intérieur de l'édifice, couronné par un tholus, et les balustrades qui ferment le vestibule , où se trouve un Priape , sont de couleur jaunâtre. La frise, ornée de chevaux ailés, est de la même couleur; les chevaux sont blancs; les colonnes fuvantes sont d'un jaune clair. Le soubassement et la terrasse sont peints au naturel , et les pierres qui se trouvent au-dessus sont brunes.

Quant au sujet de cette peinture, il semble qu'il ne peut pas être autre chose qu'un temple. Le Priape placé dans le vestibule ne serait pas une indication suffisante

(1) D'Arnaud, de Dits Trapsopotç. (2) Térence, Eunuch., IY,o,6.

4 PELNTURES.

pour porter à croire (jue l'édifice est dédié à cette divinité secondaire. Le tliyrse attaché à nn des pilastres ferait pencher la balance en favenr de Bacchns, si les tritons et surtout les conques ([ui ornent les deux frises ou les tvnipans latéraux, n'appartenaient d'iuie manière toute particulière à Vénus, l^riape, on aura occasion de le dire ailleurs, conviendrait éi»aleii)ent à Bacchns et à Vénus. Les colonnes extérieures empruntent à l'ordre corinthien leurs chapiteaux, mais non pas leurs bases; celles en perspective seml)!ent appartenir par leurs chapiteaux à l'ordre dorique; mais par leur simplicité elles se rapprochent du toscan.

On voit à l'étendue et à la forme de cette peinture qu'elle décorait encore un des murs d'une salle. Elle est divisée en plusieurs conqoartiments dont chacun offre un sujet différent. Les quatre motifs de dessus, peints sur fond l)leu , sont entourés de filets bruns. Ils reposent sur une Ionique corniche peinte à l'imitation d'un stuc blanc , qui traverse la décoration dans toute sa 1onij;ueur. Dans le premier on voit un socle qui en supporte deux autres. Sur l'un de ces deux socles est une corbeille; sur l'autre on a placé deux petits pains qui semblent appartenir par leur forme à cette espèce particulière que les Romains appelaient quadrœ (i) et les Grecs TSTpaTpu<poi (u),

(1) Horace, I, £>;. XVII, 19 ; Mar- vénal , V, 2. tial, III, £"^.76, et IX, Ep. 95; Ju- (2) Hésiode, 'Epy. MO.

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sans doute à cause des quatre su])divisions qui y étaient indiquées. Un pain l)e'aM('()iip pins f>ros et d'iuie forme différente est appuyé sur le socle, an-devant dju[nel se trouve un bassin d'ari^ent rempli de pâtisseries; peutêtre \es placent œ ou les scrlhlitœ dont il est ([uestion dans plusieurs autenrs latins (i). liC second représente la mer et des poissons, parmi lesquels on peut reconnaître deux i^ros surmulets etune Lunproie ; quelques pierres sont sur le bord : le tout est de coidenr naturelle. Dans le troisième, et sur un socle, l'on voit denx vases conleur de bronze, dont Tnn supporte une passoire (^) et un bassin de la même couleur qui contient des œufs. Un troisième vase, couleur de terre cuite, s'appuie sur le socle, et porte une inscription dont le but est d'indiquer le nom du propriétaire (3), ou celui de la fabrique, ou celui du vin, peut-être encore celui du consnlat sons le([nel il a été recueilli (|), on celui dn pays qui l'a produit (5). Les peuples de l'Italie devaient étiqueter leurs vins avec d'autant plus de pi-écantions que Pline admettait à peu près quatre-vingts sortes de vins célèbres, dont les deux tiers appartenaient à la seide Italie (G). Quant à ceux de Ponq:)éi, si on veut l'en croire, ils n'étaient pas potables avant d'avoir atteint leur dixième année, et ils étaient si capiteux que ceux qui en buvaient en ressen-

(l)iMaitial, m, 17; Athénée, XIV, ('OPline, XIV, 14 et 21 ; Horace,

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