‹ Herculanum et PompéiChapitre 13 sur 30 · I, Ep. V · texte numérisé non relu

I, Ep. V

(2) V. dans cet ouvrage la pi. XX (5) Pline, lac. cit.; Plante, Pœn., (le la 2*^ série des peintures. ÏV, 2, 14; Juvenal, V, 34.

(3) Plante, Rud., II, V, 21. (6) Pline, XIV, 41.

taient des douleurs de tête jusqu'à la sixième heure du lendemain (i). Quatre oiseaux, dont le plumage est roux et le bec blanc, sont suspendus au mur, où l'on a attaché aussi une espèce de serviette blanche. Enfin dans le haut du dernier compartiment on aperçoit un tas de pièces d'or, puis un petit sac et un autre tas de pièces d'or et d'argent mêlées ensemble : par-dessous, un encrier blanc avec une plume jaunâtre; un parchemin à demi déroule ; des tablettes ouvertes avec quelques inscriptions et une plume, et d'autres fermées couvertes de caractères, et suspendues à un clou. I^a bande qui traverse toute la peinture par-dessous la corniche en stuc est verte; le fond des deux compartiments latéraux est rouge, et les deux petits tableaux qui occupent le milieu ont des bordures blanches et noires. Ils représentent des paysages peints de couleur naturelle. Les grands cadres tracés au milieu de ces deux compartiments latéraux sont blancs, et les petites fleurs qui les ornent, jaunes. Le fond sur lequel se détachent les deux compartiments, ainsi que celui des quatre stylobates, est jaune. Leurs petites corniches et leurs bordures sont vertes. Le fond de l'architecture qui reste est blanc. Les petites guirlandes sont vertes, les dauphins jaunes, les deux candélabres rouges sur fond noir, les boules qui décorent leurs extrémités supérieures, couleur de bronze; les coquilles que l'on voit au-dessus, bleues. Tout le feuil-

(1) Pline, XIV, 6.

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Lige des candéla])res et du socle qui traverse et termine la peinture est en partie jaune et en partie blanc. Le fond de l'ajustement dn milieu est rouge; celui de la draperie, qui imite une vêla, est jaune; la bordure qui entoure les deux figures du milieu est blanche. Le groupe de la bacchante et du faune se trouve en grand dans le présent ouvrage, au Musée secret.

On ne doit voir dans cette peinture architectonique, et dans toutes celles du même genre appelées par Vitruve du nom générique à'expolitiones (i), autre chose que des sujets d'imagination dont les peintres et les ornemanistes décoraient les appartements. Dans les compositions de ce genre , comme on peut le voir par cette planche, la vérité était toujours sacrifiée à la grâce de l'ajustement. On s'inquiétait peu de composer des plans d'édifices vrais ou même vraisemblables ; de dessiner une perspective juste ; d'observer dans le courant de toute la composition le même horizon, le même point de vue et la même distance : le caprice du peintre était sa seule loi. Tl faut reconnaître cependant que, malgré le peu de respect des ornemanistes anciens pour les règles de l'art, leurs décorations avaient souvent beaucoup de mérite, et n'en étaient jamais absolument dépourvues. Les connaisseurs leur accordent une certaine vivacité de com-

(1) Livre VII, ch. 5.

8 PEIINTURES.

position, un laire soigneux, de la hardiesse dans le pinceau, et une intelligence parfaite des touches. Ladius, peintre du siècle d'Augnste, paraît avoir été le premier qui ait décoré l'intérieur des appartements de peintures architectoniques. Instituit amœiiissimani parictuiu picturam , villas et portions ac topiaria opéra (i). Il résulterait de ce tait que T usage des peintures architecturales serait postérieur à celui des décorations de tableaux, qui remontait à luie antiquité bien plus reculée, ^lais \ itruve, dans les détails oii il entre sur les expolitiones, ne rapporte pas le nom de leur inventeur, ni l'époque d'où elles datent. Il aime mieux penser qu'elles ont été adoptées progressivement, et qu'après avoir d abord essayé d'imiter sur les enduits les Acines du marbre, les ornemanistes ont été conduits à peindre sur les murs, des coloiuies, des coupoles, des édifices, des paysages, etc., etc.

La décoration d'architecture reproduite par notre planche serait attribuée peut-être avec plus de raison à un peintre qu'à un architecte. Elle est incomplète ; la colonnade circulaire paraît en être le milieu, et alors il est certain qu'il manque à la partie gauche tout ce que l'on voit de plus dans la partie droite. On ne doit y chercher autre chose qu'un asseml)lage de diverses colonnades, où, malgré bien des erreurs et bien des défauts, l'on reconnaît partout l'ordre ionique. Cette composition, toute de fantaisie et dans le goût arabesque,

(1) Pline, XXXV, 4.

peut servir de ooiniiicntalix' à un passai^e de A itruve, où , dans une noble indii^natiou d'artiste, il hlàme les peintres de son temps de ne |)lus se contenter, connue les anciens, du vrai ni du vraisendjlahle, et, par exemple, de faire des r^oseaux ou des candclahrcs au lieu de colonnes, et des JiarpagiiietuH (enroulements entrelacés) en guise de faîtes. Tl est certain que les proportions des colonnes sont exagérées, et motivent en quelcjue sorte la critique de A itruve. liC tliolus (pii est supporté par la colonnade circulaire du milieu est sans doute aussi un de ces faits que Vitruve appelle harpaginetuli^ et dont il condaiinie la bizarrerie. Si nous en croyons Perrault, Vitruve aurait tout à fait manqné son but en donnant une description des arabesques, et en la fiusant suixre d'une critique sévère; non-seulement il ne serait pas parvenu à détruire l'usage de ce genre chez les anciens, mais encore ce serait lui (pii en aurait donné l'idée et fourni le modèle aux artistes modernes. Cette observation ne send)le pas fondée; et il paraît certain, au contraire, que les arabesques n'ont jamais été abandonnées. Saint Bernard reproche aux moines de Cluny le scandale qu'ils occasionnaient en faisant orner d'aral)esques les murs de leurs cloîtres. On doit remarquer enfin dans les deux cloisons f[ue contient notre peinture la division de leurs (Huupartiments et les guirlandes qui lient entre elles les différentes parties de l'édifice.

l""*^ Série. — Peintures. 2

Cette peinture est dans le goût de la précédente. Comme elle aussi, elle est incomplète et tronquée. La large bande qui la termine formait sans doute l'entablement d'une décoration inférieure, et se divise en trois parties. La première, qui tenait lieu d'architrave, a pour ornement des ailes et des drageons de vigne, disposés alternativement. La partie de dessus ressemble à une corniche, ou plutôt à un simple larmier décoré. Celle du milieu ne peut être qu'une frise, ou un zoophore (de ^wov, animal, et<pepw, je porte), nom que les anciens donnaient aux frises dont la décoration était formée par des animaux (i). Elle est ornée d'oiseaux disposés deux à deux, soutenant des couronnes, et portés alternativement, les uns par des pavillons, les autres par des conques. Chaque couple est séparé par une tête entourée d'ornements.

A gauche du cadre on voit trois espèces de pavillons. Celui du milieu est quadrangulaire, et ne laisse apercevoir que cinq colonnes. Les deux de côté sont moins erands et moins élevés, et ont vuie forme triangulaire. Leurs colonnes, quoique sans l)ase, appartiennent à l'ordre ionique. Elles posent sur un soubassement percé

(1) Philandre, ch. 3, liv. III de Vitruve.

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de petites baies et couronné d'un entablement dont la frise est ornée de modillons.

La symétrie qui règne entre les deux pavillons triangulaires et les guirlandes fait présumer que le portique ou pavillon quadrilatéral formait le milieu de toute la décoration.

A droite est un commencement de portique de même ordre que les pavillons, dont le soubassement est décoré de trois ouvertures ressemblant à des fenêtres.

L'intervalle entre ce portique et les trois autres est rempli par une espèce de pavillon ou de dais, surmonté d'un cadre qui contient un animal marin. Dans le milieu est suspendue une corbeille. On a cru voir dans cette peinture une décoration en l'honneur de Vénus ou d'Isis.

Cette peinture formait la décoration entière d'une muraille. Le fond du socle est noir; les filets qui l'ornent dans toute sa longueur sont blancs, les petites guirlandes vertes; les cygnes et la tête de bœuf (i), d'un jaune clair. La partie supérieure de la décoration est sur fond jaune; les petites colonnes, et tout le reste de Tarchitec-

(1) Pline, VIII, 45.

turc, ont une teinte jaunâtre; les deux autres côtés de la peiîitnre, qui ont été faits à l'imitation d'une construction en travertin , ont une couleur jaune foncé. Les deux liii;ures symétriquement posées au-dessus sont vêtues de draperies de couleur chani^eante entre le vert et le pourpre. L'une d'elles est représentée lisant un papvrus. Les deux i>énies, dans les panneaux latéraux, sont peints au naturel : ils ont des ailes vertes et une petite draperie rouge. L'un d'eux tient d'une main une patère, et de l'autre un vase dont on ne peut déterminer la forme. Le tableau du milieu, qui représente une bacchante et un faune, sera donné en grand et développé dans la série à laquelle il appartient. Les deux masques sont de couleur de chair, et les longues cornes dont ils sont surmontés permettent d'affirmer qu'ils ont été faits à l'intention de Bacchus.

La figure couchée sur la corniche est peinte au naturel. Elle est à demi voilée par une draperie rouge. Les cygnes posés sur le pavillon au-dessus de sa tête, et le dard (dont une de ses mains est armée) (i), font reconnaître Vénus. On a donné une couleur rouée aux ailes du aénie que l'on aperçoit tout nu et debout sur un des côtés de la peinture, ainsi ([u'aux griffons qui surmontent l'espèce de niche oii il se trouve placé.

Les personnes qui tiennent à donner à ce genre de peinture une intention autre que l'ajustement et la grâce

(1) Thex. Brand., t. I, p. 17.

PEINTUKKS

1" Série

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(le la décoration , pourront lapporter cette planche à l^accluis.

La Bacchante, les Jiiascpics snrmojitcs de cornes, Véinis, les Amours, car on ne saurait voir autre chose dans les ti'ois i;éni('s i\c cette j)eiMtnre,

Nuda Venus picta est, tiudi pinguntur Amures (I) ; Et puer est, et niidus Anior : sine sordihus annos,

Et nullas vestes, ut sit apertus, liabet. Quid pueruni Yeneris pretio prostare juhetis?

Quo pretiuni condat, non habet ille sinuni [il) ;

peuvent donner quehpie vraisend)lance à cette interprétation.

On ne saurait assez admirer la disposition heureuse et la grâce de la décoration d'architecture qui fait le sujet de cette planche. Toute cette composition repose sur un socle dont le foiul noir est traversé par des guiilandes vertes attachées avec des rubans d un rouge clair qui supportent une corbeille jaune. Les deux panneaux latélaux dans le socle sont rouges et entourés de cadres blancs. Tout le reste de la peinture est sur fond jaune; l'architecture est jaune aussi, mais bien plus foncée. Une bandelette blanche estsuspendue à l'ornement supérieur.

(J) Ovide, Amor., I, 10, 15. (2) Pithœus, lib. I.

et elle vient s'unir à l'ornement inférieur en retombant des deux côtés. Le paon, les griffons, les deux petites boites ouvertes et posées sur les deux pilastres latéraux, imitant la construction travertine , et la tête bachique suspendue à l'architrave, sont d'un jaune clair. Le médaillon du milieu, qui représente Vénus rustique et l'Amour , sera donné en grand dans une planche de la deuxième série.

PLANCHE n .

L'irrégularité et l'originalité capricieuse de la décoration d'architecture qui fait le sujet de cette planche, sont pleines de goût et de grâce. Toute la construction extérieure, les divers ornements, les griffons, les petites figures, se dessinent sur un fond noir, et sont peints à l'imitation d'un marbre jaune. Le char de la Victoire, et la figure ailée qui est suspendue au milieu de l'arc et supporte une espèce de lampe à plusieurs becs, sont de la même teinte. Les entablements, les vases, et le livre que l'on aperçoit dans l'architecture intérieure, sont aussi peints en jaune, mais d'une teinte plus claire. La guirlande attachée à la lampe est verte. Dans le bas, et derrière un balustre orné de trois petites sphères surmontées d'une fleur ou d'une croix, on voit une figure peinte au naturel. Son manteau est bleu et recouvre une tunique verte à manches longues. Son front est orné d'une

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l.Pi.

couronne d'or; l'espèce d'autel qui porte sur le balustre, et l'autre vase que la figure tient dans une de ses mains, sont du même métal.

Si l'on veut assigner à l'édifice de cette peintiue une destination ((nclconque, on pourra peut-être y voir un arc de triomphe. Les anciens en construisaient de plusieurs sortes : de simples, qu'ils appelaient du nom d'arcus; et de composés avec quatre portes, et même quelquefoisplus, qu'ils nonunaicnt/«7i/(i). Ils leui' donnaient une hauteur prodigieuse, qui surpassait quelquefois celle des temples eux-mêmes (2). Enfin ils posaient sur le faîte de petits temples avec des statues et d'autres ornements (3). Ceci donnera une explication de l'originalité de notre peinture, et de ses acrotères (c'est le nom que l'on doiniaitaux ornements qui décoraient le sommet des édifices) (4).

Le quadrige, qui était toujours employé dans les pompes et dans les cérémonies triomphales, aurait eu plus de rapport avec l'arc de triomphe que le bige conduit par la Victoire (5). Cette observation pourrait faire élever des doutes sur la destination de l'édifice représenté dans notre

{l)'ëiuétone,Doniit.,XlU;Octav., XXXI; Tite-Live, XLI, 27; Cicéron, de ]S. D., II, 37 ; Pline, XXXIV, (5; Marlian., Topogr. IJrb. Ho., II, 14-; Fabrizio, Descript. Urb. Ho., cap.

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