‹ Herculanum et PompéiChapitre 28 sur 30 · ET · texte numérisé non relu

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PREMIERE SÉRIE. I2i

urbana du champ destoDibeaux. Les fleurs, les oLseaux. les papillons, qui foroient, dans le Ijas delà première, une espèce de viridarium, sont dessinés avec beaucoup de soin : tout cela était peint sur fond noir et colorié avec beaucoup d'éclat; les barreaux du treillage étaient verts: les deux pilastres, dune teinte assez claire, laissent entre eux une des ouvertures du portique qui entourait le jardin du côté de 1 habitation. On remarque encore un manrpie de symétrie dans la partie placée au-dessus de la corniche: les trous du mur d en haut sont les ouvertures ou opes i-%ij dans lesfjuelles étaient fixét-s les solives du toit.

Les plafonds appartiennent à trois voiites surbaissées de 1 étage inférieur : le deuxième est d luie teinte obscure ; le premier et le troisième sont peints aur un tond blanc, ou au moins sur Un fond de teinte très-claire.

PLANCHES 99 et 100.

La décoration que nous donnons ici, et rpii est une des plus compliquées de toute la collection, doit être complétée par la pensée, en répétant s\Tnétrirj[uement à ç^auche toute la partie de droite : ainsi, elle occupait tout lui côté dim appartement. Elle a été donnée par l'architecte Mazois. qiii la extraite lui-même du second recueil dont nous avons parlé, et qui n'a point jugé à propos de l'accompagner dune description. 11 n'y a donc aucun moven

126 PEINTl'RES.

(l'tMi roiinaitic les couleurs; seulement la gravure, étant omhi'ee . indique le dei^ré d'obseurité des teintes. Le lainhris inlérieur. (us(|u'à la moitié de la liauteni- du ])iédestal de la eolonuette, est noii% sauf" les bandes qui le divisent en e()nq)ailiments ; le l'ond de la tenture du milieu est d nn dei;i'é moijis sond)re, eomme les deux sei>,ments de cercle de la tiise d'en haut, et connue lui petit rectangle fjuise trouve vers le bas du montant décoré de dauphins , irritions et hippocanq:>es. Les sci^nients de cercle des côtés de ce montant et la plupart de ses ornements sont dune teinte moins sonjbie encore d'un dei^ré, ainsi (pie le dessus et le dessous des trois tentures, le carré où Ion voit un satyre, les conqwrtiments dessinés dans le haut parla branche de vigne, et plusieurs autres petites parties. Il n'y a d'entièrement blanc que les deux tentures latérales , qui portent un Génie avec la corne d'abondance , et tout le fond de la frise du haut.

Cette indication de teintes nous a donné l'occasion d'énumérer presque toutes les parties importantes de cette composition, un peu bizarre, mais pleine de charme.

Nous \ ferons remarquer un chef-d'œuvre de goût, dans les deux candélabres de la frise. Elle offre aussi nn souvenir classique, dansnn personnage du cadre du milieu, fjui est détruit en partie : à son chapeau d "esclave, à son attitude pensive, nous croyons reconnaître Sosie sortant de la maison d Amphitryon et préparant son fameux récit;

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PREMIKRE SÉRIE. 127

derrière la colonne se trouvait sans donte l'autre Sosie, Mercure, avec un bâton derrière le dos (i).

PLANCHES 101 et 102.

Les observations faites sur l'orii^ine de la f'res(|ne précédente s'appli([n('nt éi^alenient à celle-ci. il faut snj^poser ([ne la partie de i^auche, dans laquelle est nn (jénie portant des fruits, se répète syniétric[iu'nient à di'oite. T.es parties noires sont ici les lambris inférieurs, y conipiisle cadre dans lequel bondit im jeune taureau , et la petite frise où l'on voit deux: taureaux marins et deiw dauphins. C'est encore dans un panneau entièrement noir que se trouve le petit tableau de deux personnai^es , un honune et une fenune , entourés de draperies et séparés par un poteau. Il nous est impossiblede déterminer quelle scène probablement comiqne, quelle anecdote ou ,qnel ti'ait mytlioloi;i(pie a pu fournir le sujet de cette petite peinture. Au-dessus du tableau est un plafond soutenu par deux colonnes en l)alnstres : sur ce plafond , devant une tenture noire et sous une espèce de dais, se trouve une femme assise. Le noir domine encore dans la petite niche où se trouve une femme jouant du cyndjalum et dans le petit cartouche au-dessous du paysage. Les teintes lesplussondjresaprèsle noir renq:)lissentqnelques cadres

et quelques cartouehes. Rei^ardez eneore la perspective qui se trouve des deux côtés du ])aldaquin , et où vous voyez uu jeune liouiiiie qui lit : toute cette architecture, fort habilement disposée, est peinte en clair obscur, / avec des tons plus prononcés.

Cette décoration , non moins compliquée que la précédente, parait encore supérieure à celle-ci par la régularité et l'heureux agencement de ses différentes parties, aussi bien (pie par la pureté du goût qui domine dans chacune d'elles. Reproduite dans un édifice moderne, son effet serait certainement plus agréable, et elle obtiendrait plus sûrement l'approbation générale.

Nous avons peu de chose à dire de cette décoration fort simple et de bon goût, qui nous a été transmise comme les précédentes. Les deux petites colonnes composites sont assez jolies. Etrange rencontre, et pur effet du hasard ! on trouve des croix de 3Ialte dans deux des compartiments. Il n'y a de blanc que les trois bandes perpendiculaires et la ligne horizontale au-dessous de la frise ; le reste est d'une teinte sombre assez uniforme. Si les deux peintures que nous venons de voir auparavant conviennent aux galeries d'un palais, celle-ci décorerait parfaitement une salle à manger.

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1" Série

HDP- 4'r' P« P 42,

PKKMIKRK Sl'JAIi:. 129

PLANCIIK 104.

La petite dcroral ion f|ni oceupe la partie supérieure de cette j)laiiehe fait partie de celles du lemple de \ éniis. On la IroiiNee dans une eliaiiihr-e du loj^ciiienl des prêtres, ([ni e<)iiunnni(piait direeteiiieiit avec 1 aréa dn temple. Ce qu'elle a de reinar([nal)Ie, c'est le tableau du milieu, représentant lîaeeluis (pii s'appuie d'nu coté sur le vieux Silène et ([uide l'antre répand dn \ in snr la tête d'un animal. Ce tableau se trouve gravé |)lns loin, sous des dimensions (pii permettent d'en appréeiei- le mérite et d'en eomprendic les détails. Ce qu'il y a de curieux , c'est la manière dont il était enchâssé ici ; il painit r[u'oïi l'avait déjà détaché d'une autre imn^aille, en sciant celleci, connue le font les modernes, et qu'on l'avait transporté dans le temple de Vénus, où on l'avait lixé avec des crampons, au milieu d'une décoration faite pour cet objet. Ces circonstances nous prouvent que, che/les anciens déjà, ce tableau était considéré comme un moi'cean de prix : qnel cas n'en devons-nous donc pas fhii'c aujourd'hui !

Les deux petites fresques du bas de la planche appartiennent à la décoration du purificatoire, piirgatorium ou pastophorium^ quisetrouvedansunangle del'aréa d'Isis. Le cerf, avec la palme et l'épée, pourrait bien avoir qnelque chose d'allégorique, comme nous l'avons rcniiu-qué V^ Série. — Peintures. 17

130 PEIISÏURES.

ailicurs (i); peut-être nous offre-t-il un emblème de l;i làelieté (|iii s'éloii^iie à la fois du dani>er et de' la i;loire. L'autre peinture représente un de ces sujets sieommnns sur les murs de iVjmpéi , une ofiraiide aux Génies du lieu (:>.).

Cette charmante décoration est le cadre dans lecpiel se trouve enfermé un des meilleurs tableaux de Pompéi, celui (pie le célèbre Thorvvaldsen ne pouvait se lasser dadmirer, et ([ni a été copié par un habile artiste allemand, M. Zalni, peu de jours après cju'il eut été découvert, et (piand les variations atmosphéri([ues n'en avaient pas encore altéré les couleurs. Il représente Tyndare et Léda : on le trouvera gravé plus loin (3). On voit aussi dans cette composition une chasse de centaures, cpii sera reproduite ailleurs, sous des dimensions plus connnodes (4). L'encadrement est capricieux et complirpié, mais d'une complication qui disparaît un peu dans l'original, iïrâceà l'éclat et à l'harmonie des teintes, et surtout à la grandeur des dimensions de l'ensemble ; cet encadrement est digne du tableau principal. Les deux ouvertures des c(jtés laissent entrevoir une vaste composition architec-

{Vj Ruines de Pompéi, iom. ]\, (3) Peintures, 2*^ série, pi. 1 iO. par L. Barré. (4) Peintures, i'= série, pi. 17.

(2) Peintures , -4* série, pi. 33.

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tmalc, une f'oivt de colomicttcs , cl le Mcii du ciel ;i travers leurs lii;iies elïilées : ces deti\ percées soiil dim très-hel el'iet. Les Génies et les iioiuhi'eiix aulinaiix (|iii font ])artie de la décoration sont dessinés a\ec heaiicoiip de i^oùt : cet enlanl ([ni jonc de la don hic llùte est acconi]:>ai;né (V[\u anti'c enfant si petit, (jne le ])reMiieiparait nn i;éantan])rès du second, li'intentiojidn peintre a sans doute été (riii(li([ner, pai* cette supériorité de taille, une dixinilé : [)eut-étii' le jeune Uacclius.

PLANCHE lOG.

Lorsque le fils de Marie- Thérèse ^isita les ruines de Pompéi, on découvrit, en présence de ce nionaïque, ini petit édilice qu on appela la maison de Joseph 11. On lui donna aussi le nom de Maison de Fnscus, à cause d'une inscription ([u'on y trouva ; une seconde inscription, sans doute roi>atoire, existait encore en partie : elle était ti'acée en ii;randes lettres rouii,es sin; l'un des pilastres de la porte, et elle semble se rapporter à cette illustre famille Tullia, à la famille de Cicéron , qui luimême vécut lon<;temps à Pompéi :

M. TVLLIV M. MARC!

P. Cl MAR. III.

132 PEINTURKS.

Une petite eliaiiihre de la demeure dont il s'aij^it était ornée de cette décoration, tiès-cliai'i^ée en couleurs qui contrastent fortement entre elles. L'irrégularité singulière qu'on y rcmanjue provient de ce qu'une des deux parties, celle de droite, devait être cachée en paitie par nn lit ; l'autre partie paraissait alors isolée et svmétrique en elle-même. Cette chambre était occupée sans doute par le locataire de la maison des Tullius, par le client qui inq:)lore (rogat) son noble patron, ^larcus Tullius , fils de Marcus : et peut-être le grand Marcus Tidlius luimême est-il entré dans cet appartement : peut-être la voix de l'orateur romain a-t-elle résonné entre ces murailles, et l'œil d'aigle du consul s'est arrêté un moment sur ces lignes et ces couleurs.

La palmette largement développée, que l'on voit au bas de la planche, est tirée d'une des excavations voisines les plus récentes; elle a quelque chose d'encore neuf aujourd'hui, dans un genre oii toutes les combinaisons possibles semblent avoir été essayées.

La première de ces deux peintures murales a été trouvée dans une maison voisine du temple de la Fortune Tullienne. Les couleurs qui y sont employées, le noir et le rouge, sont d'un effet assez tranchant, sans éblouir l'œil ; à la partie supérieure, on voit un fond de ciel. Les

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