‹ Herculanum et PompéiChapitre 27 sur 30 · MO. B«. V . 7. P · texte numérisé non relu

MO. B«. V . 7. P

IM'.KMIKI'xK SKllIi:. \-2l

paisses i;iiirl;m(l('s de laurier dans le haut, puis des rcuillcs (lu iiièiiK' arljrc asseiiihlccs trois à trois cl ciisuilc deux à deux , et eiiHu des festons de pa?îipr<' : ces (eiiillai^cs dixcis, le rliNtou el le e\iid)aluiii sjis|ieu(lu , ainsi (|ue la (ii^ui'e de i;iirion, seiid)lent indicpier (pic la salle ('laif placée sous les auspices de liaeelius el d Apollon. Il liiul ohserNcr (pie, dans un ^-l'and nom])re de ces (U'-eoi-ations, rétaj^c inférieur est présent(* f)ai' la pei'speeti\e aciicuue connue plus lappioclic du spectateur (pie les étapes ou rétaL;(' de dessus : ainsi, ra))partement scjiihle entoui't" d'uiu" espèce de |)aia\ent (jui s'élève à peu près à hauteur (riionune, tandis (pie l'air (Fun appartement plus vaste ou niènie l'air extérieur parait circuler lihreiiient dans le liant : tel est le pouvoir de riiiiagination sur les sens, (jue cet artifice du décorateur pou\ait troinjx'r les convives et leur procwrci' une fraîcheur illusoire, l Ji effet analogue s obser\e dans Jios salles à nianj^cr, (jue loti peint en niar1)?'e ou rpie Vnn rev(^'td'un papier jnai'])ré; ainsi encore la vue d un costuiiie léi^er en apparcjice cause lui sentiment de froid pénible en hiver, de douce fraîcheur en été.

La vignette représente un fragment de grotes(|ues tel rpj'on en a tr(3uvé anx thermes de Titus, gn^tesques dont nous parlerons plus loin avec qnehjue détail (i). Aous dcNons rappeler dès à présent que Moito de Feltii , le premier, sut reproduire exactement les rinceaux anti(jues

(l) Peintures, X" série, pi. ."Jl.

r* Série. — Peintures. 16

122 PKLTrURES.

(lu 'j^vnvc <.\c ccu\-c\ ^i). Ce fut après lui sculouieiit (jiie llapliarl put (Miufîcr à Oiovauni rrUdiur la diroctiou de ees onieiueiits pour les loi^es du \ atiean, d'oii la mode s'en est lépaudue daus tout le moude ei\ ilisé ('^). Nous rappelons eiieore (pie e est auv i^rotles ([ue ((jrmait le palais de T'itus qu'c^st due l'origine du mot i^rotesque , grottesche, et nullement, comme Ta prétendu un auteur italien (')), à ee (pièces d(*eorations représentaient souvent des espèces d liiéroi^lyplies on d éniii,iiies (x.puTr-t/.ov, x.po'oo; ) .

Une belle lii^ure de l^an occupe le milieu de cette irise.

PLANCHK 92.

Cette fresque a été trouvée dans un étlitîce appelé, on ne sait trop pourquoi, la Maison des Vestales. C'est un monochrome d'un dessin correct, (juoi([ue beaucoup plus vague que la gravure au trait ne Fa pu l'cprésenter. Quelques critiques ont pensé (j) ([ue les personnages qu'on V A'oit sont des acteurs tr.igiques, et que cette vaste fiibrique est une scène théâtrale : un seul coup

(1) Vasari, tom. II, p. :no. (3) Lomazzo,' Trait. delV arle

(2) Vasari, t. III, io, .4G et 170; délia pilt., 40.

lîorghini, /?//;o.vo, p. .7.)i ; Milizia, ^'^J W. (]oll, Pompeiana, I.S17-

Mrmorie dryliarchitelli, p. 8:2; Ur- 1811», p. IGl). ti^'., V/lruv., p. %.

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PUKMIKIU' SF.RIK. 123

d'oi'il \vt6 sur l;i décoration scc'iii(ni(' des tlu'atres (Tlfcrciilaiium cl (le l\)inj)éi (i) siiKil pour Noir (jik' cette dccoratioii consiste dans inie liicade plate (|ni n a rien de conininn a\('e l<'s ailes et les j^aleries avancées (jne l'on reMiai(|ne ici : le nian(|ne de profondeur du ])roscéninni anticpu", c'est-à-dire, de ce (|ue nous appelons aujourd luu pro|)remenI le théâtre ou la scène, n aurait jamais pei'niis de pareils dé\eloppeinents ai-cliitectoniques. Xotre composition est foiniée d'un fronton et de deux porti(|ues, sup|)ortés par des colonnes à chapiteau composite et à j^etite hase ronde; plus, deux: i\'uigs isolés de coloiuies minces à chapiteau iojH([ue, et à hase féuillée, cpii supportent deux aii>les, indi(|uant pcut-éti'e un temple de Jupiter. La disposition inversemeut s\iiiélii(pic de toutes ces parties de r(''difiee était-elle ([uelf[uefois adoptée dans la réalité? Nious ii'oserions l'af/irmer; et aucun exemple d'c'difiee anti(pie n'a montié jnscpi'ici un arrangement pareil. Ouant à ces rangées de coloiuies sans utilité apparente, il est plus pro])able qu'elles n'étaient point proscrites des édifices somptueux du temps de l'empire; les théories sacrées avaient besoin de ces espèces de jalons ])our enrouler et déroulei- leui' marche sinueuse. On peut donc considérer cette peinture connue ofTrant quelcpies indications précieuses pour la restauration des édifice santiqnes. Le lointain montre aussi quel pouvait être l'aspect de certaines villes de l'Jtalie.

(i) Ruines de Pompéi, tom. IV, par L. Barré.

Les deux carlatldes-hermès placées sur les cotés représentent sans cloute deux poètes célèbres, avec la lyre et le plectruni. L'un tient une cithare à trois cordes seulement et un bâton pastoral est attaché à la gaine de Thermes ; la figure et la coiffure ont quelque chose d'égvptien : c'est sans doute un poëte pastoral des temps primitifs , peut-être le Thrace Orphée , qui visita les bords du ]Nil. L'instrument du second a un plus grand nombre de cordes ; son attribut est un fland)eau ; il est coiffé à la phrygienne ; c'est un poëte plus moderne, et d'un genre plus élevé; le flambeau indique le feu de l'ode ou de la poésie épique. Nous n'osons cependant point songer sérieusement à Homère le Méonide, ni au dieu des vers et du jour : c'eût été un égal sacrilège de placer l'un ou l'autre dans cette position , qui était une flétrissure (i). Peut-être fiuit-ilvoir dans l'un Théocrite, ([ui vécut à la cour des Ptolémées ; dans l'autre, le chantre d'Enée : l'irrévérence serait moins £>rave ; mais ce ne sont encore que des conjectures.

PLANCHES 93 à 98.

Cette peinture murale et ces trois plafonds sont encore tirés de la collection que nous avons mentionnée tout à l'heure (2), et proviennent de la villa pseiulo-

(1) Vitiuv., I, 1.

(2) Yoy- ci-dessus, p. lOM.

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