SCENE DEUXIEME LE CHOEUR. HERCULE
HERCULE
Hommes ! Vous qui peuplez l'aime terroir de Phères, Enseignez-moi! Verrai-je Admète en son palais ?
LE CHŒUR
Héros! On te connut d'abord que tu parlais !
Mon Chef tarde au logis quoiqu'il soit bien d'affaires;
Mais, Hercule ! apprends-moi pour quel œuvre tu viens
Des règnes du Pélops chez nos Thessaliens
Et de vos murs géants en cette ville agreste.
HERCULE
Incessamment requis, j'ai des labeurs de reste ! Eurysthée Electryonade a commandé Dans Tirynthe-la-Grand.
LE CHœUK
due fut-il décidé ?
Où te porte Eurysthéc, ô banni volontaire?
HF.RCULE
Il me faut suivre et joindre en sa lointaine terre Diomède de Thrace au char inviolé, Puis gagner sur ce Roi ce quadrige attelé.
LE OUrcUH
Ton frère, alors, veut ta ruine et la prépare;
Quoi! n'as-tu point connu ces moeurs et ce barbare?
Non! Je n'ai visité ni les Bistoniens,
Ni i'Hèbre aux gués douteux, ni leurs prés Nésiens.
LE CHŒUR
Dieu! Pour ce prix cruel qu'il te faudra combattre!
HERCULE
Comme au tout j'ai souscrit, je n'en veux rien rabattre!
LE CHŒUR
Marche donc, exerçant ton muscle sans compter, Tuer et revenir, ou mourir et rester!
HERCULE
Bah! Ce combat n'est point le premier que je livre!
LK CHŒUR
Enfin, qu'espères-tu ? D'échapper, de survivre?
HERCULE
Non pas; mais de traîner, au péril des osiers, Jusqu'en Tirynthe, un double couple de coursiers ; Mais d'offrir la jument hautement agrafée Et de perpétuer les races du Ryphée !
- LE CHŒUR
Tu les vas asservir, s'ils refusent le frein ?
HERCULE
Oui; quand sourdrait du feu de leurs naseaux d'airain!
LE CHOEUR
Lachésis aiguisait leurs dents anthropophages!
HERCULE
Dis-tu là de coursiers ou de Sôtes sauvages?
LE CHŒUR
Avance, et reconnais ces râteliers sanglants!
HEIîCULE
Q.ui les domptait provient d'ancêtres excellents?
LE CHŒUR
Sans doute! Diomède, issu d'Arès-Kronide, Foule l'or des pavois sous Tor de la cnémide.
HERCULE
Arrière à l'œuvre intime et sus au but lointain Q.uand j'assume un labeur digne de mon destin ! La figue aux fils d'Ares ! Pour autant qu'il en sème, Je les sarcle! A présent, Dieu ! glane ton troisième! J'écrasai Lycaon; je dépouillai Cycnos Dont l'Éridan retient la plume avec les os ; Et je te cherche encor, cavalier Diomède ! Mais qui verrait Hercule ou réclamer de l'aide, Ou manquer la riposte, il irait en mon lieu Dans rOuranos tenir état de Demi-Dieu !
LE CHOEUR
Preux Alcide!... \'oici qu'instruit de ton entrée Descend du haut palais le chef de ma contrée !