‹ Hercule, vainqueur de la mort; suivant l'Alceste d'Euripide par interprétation intégrale; tragédie en quatre parties, dont un prologueChapitre 9 sur 24 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Même dccor que prccédemnient

SCI^NE PREMIÈRE

LE CHŒUR

Triple Strophe I.

Toi que nous déplorons, ô Reine Péliade ! Demeure heureusement dans l'enceinte maussade Que révise Hadès dressant sur les orteils, Où la suie et la poix font des nuances claires,

D'où tous cochers stellaires

Déroutent leurs soleils !

Seigneur au noir pigment, époux de la Sikèle! J'interpelle avec toi l'infernale séquelle, Et le tnple molosse, et le nocher Caron

Poussant d'une godille et pilotant de l'autre, Et Sphyngc qui se vautre Aux douves d'Achéron!

Des femmes à milliers, la prude et la hautaine, Vers la sentine ombreuse ont glissé sous l'antenne Entre le mât caduc et les ais gémissants; Pas une n'étalait ni la vertu d'Alceste,

Xi ce brillant céleste

Où s'allument nos sens!

Triple Jntisiropbe I.

Tous Mystes favoris des Vierges-de-Mémoire D'une rivale ardeur s'en vont sonner ta gloire, Ici, battant les nerfs sur ce ceintre écailleux Que guindait la tortue aux pentes escarpées;

Là, taillant aux cépées

Le pipeau des aïeux!

Puis l'hymne rituel d'où la lyre est exclue, Où s'aheurient deux voix en la forme voulue, Courra les toits pourprins penchants vers l'Eurotas^ En la nuit carnéennc où sur Lacédémone

L'Astre qui gonfle donne

Par livides éclats !

Et le chœur musaïque, enfin, tordant sa chaîne Autour du simulacre ouvré d'un cœur de chêne, Tentera d'émouvoir l'œil fixe d'Athèna Qui verse aux murs voués sa splendeur irisée,

Qui dénonce à Thésée

Les fléaux d'Echidna î

Triple Strophe II.

Ah ! Que suive ce corps où cette âme l'incite, Je cours ravir ta Larve aux biefs du noir Cocyte; Mes yeux, brûlants vainqueurs des réseaux de la Nuit, Orientent sa route à l'infernale toue ;

La proue ouvre la boue

Et fend l'Hydre qui ruit!

Car toi, l'unique! Toi, des femmes la plus rare! Tu surmontais d'abord, pour descendre au Tartare, La laiblesse native où le sexe est enclin; Tes jours dorés servent rançons au Chef-du-Dème;

Je ferme un diadème

Sur ce bandeau de lin !

Que ma terre te soit gracieuse et légère ! Mais si la mer nous jette ici quelque étrangère Lascive, aux seins parés des charmes de Byblos,

Si notre Roi conquis et la joint et t'oublie, Je les prends: je les lie ; Je les élance aux flots !

Tripk Antistrophe IL

Sur le rebord moussu d'une frêle jonchée Un vol couplé d'oiseaux n;ourra pour sa nichée ; Et tes parents, ôRoi! tant flétris et cassés Vont marchandant, suivant quelque sénile envie,

Des scrupules de vie

A tes jours menacés I

Ils souffraient, pour durer et se tenir en joie, due du fruit de leurs flancs Hadès grossit sa proie; Ils dévouaient, au lieu de leurs crins blanchissants, Le flux plus opulent de tes boucles châtaines;

Et les Parques hautaines

Agréaient ces méchants

Comme Alceste, évoquant l'horrifique Déesse, Portant au trait fatal la fleur de sa jeunesse, Saintement délaissa cet époux racheté ; Que ne puis-je, escorté d'une femme pareille,

Ordonner sous ma treille

Les fardeaux de l'été!

Page 1