SCÈNE TROISIÈME HERCULE {seul
HERCULE
O mon cœur ! O mon bras tant et tant éprouvés ! Sur l'heure établissons du mieux que vous pouvez Q.uel juste et digne fruit d'une céleste étreinte Transmit au Dzeus Kronide Alcmène de Tirynthe! Je dois ravir la morte; il m'appartient encor De reporter en cette Alceste aux tempes d'or Le feu réoccupé d'une subtile essence ' Pour gage, envers le Roi, de ma reconnaissance !
Je pars; je vais quérir parmi son peuple ailé La Faucheuse, la Mort au péplos endeuillé ; Ou bien, rampant après la tombe, je l'épie Comme elle est pour lapper au sang, source de vie. A sa vue, échappé de la cache, je fonds Sur elle, nonobstant cris, ruades et bonds;
Puis j'en fais mon plaisir quand par doubles foulées J'ai sur ses reins réduits rejoint deux mains musclées 1
Larve! O! qui donc romprait ce cercle de mes bras! Qui secourrait tes flancs recrus? O! tu rendras Le cadavre devant qu'Hercule te délivre !... ... Mais si la Mort subtile a dénié de suivre Aux vestiges sanglants des funestes gâteaux, Moi, j'aborde le Styx; j'y produis en marteaux Ces poings cestés de bronze; et tombent les barrières Où brise la clameur des terrestres prières !
Là, présentant requête à l'intègre Korè, J'entends rejoindre Alceste au cours du sombre pré Et, vers la hure bée élançant un statère, Rendre à mon cher fardeau la chaleureuse terre ; Les dons Prométhéens lui jaillissant des yeux. Que rentre ton idole, hôte très généreux! Toi qui, signé du trait de la pire infortune, Pour vaillance choyais ma personne importune !
Par respect charitable fami! je t'en blâmais!) Tu dus forcer tes gens et toi-même. Ah! jamais Anacte des Graiens ni chef de Thessalie Ne sentit poindre en soi cette sainte folie!
Vos roses dont l'arôme a chargé mon repas Manquaient au lit de mort; je ne t'en quitte pas, Dynaste Aisônien ! devant que de te rendre Le til très pur tranché d'après un nœud si tendre !
Hercule sort de scène.