‹ Hercules et Cacus, étude de mythologie comparéeChapitre 12 sur 22 · LE MYTHE IRANIEN · texte numérisé non relu

LE MYTHE IRANIEN

sont d'un sens très-vagne; mais il n'en fallait pas davantage pour familiariser les Juifs avec l'idée d'un tentateur ou d'un démon, et pour les disposer à accueillir les légendes étrangères conçues dans le même esprit (1).

Le récit contenu dans le troisième chapitre de la Genèse offre avec les croyances mazdéennes un rapport trop frappant, pour que nous puissions nous refuser à y voir une infiltration des idées iraniennes. Non-seulement le serpent rappelle Aluiman par sa forme et par son rôle^ mais le paradis, l'arbre de vie, l'arbre de la science, sont des représentations qui reviennent souvent dans les livres zends, tandis qu'elles se trouvent isolées et comme égarées dans le Pentateuque. Le reste de la Bible (nous ne parlons pas des livres les plus récents) n'y fait aucune allusion ; bien plus, le caractère de la narration juive semble indiquer une provenance étrangère. Le mythe est naïvement défiguré, et certaines circonstances fabuleuses sont rapportées par l'historien sans qu'il en comprenne le sens. Ainsi , le serpent, tout en jouant le rôle à'Àhriman, est simplement présent^ comme le plus rusé des animaux que r Eternel Dieu a^^ait faits. Ces paroles de Dieu : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et la semence de la femme; cette semence te brisera la léte et tu lui mordras le talon. » sont comme une rémi-

(I) Michel Nicolas, Doctrines religieuses des Juifs, p. 241.

niscence vngiie de la guerre éternelle <:\{\\^/irirnau fait an genre humain. La narration biblique porte le caractère d'un récit reçu de seconde ou de troisième main et altéré par la circulation. C'est le tableau de Tinvasion ^ Ahrimaii dans le monde, interprété par le peuple hébreu dans le sens du monothéisme, et arrangé en apologue.

Au reste, quand les Juifs se trouvèrent plus tard mêlés aux Perses et pénétrés en tous sens par leurs croyances, ils ne s'y trompèrent pas, et d'instinct ils reconnurent Satan dans le serpent, et un paradis dans h^ jardin d'Éden. Dans les derniers livres de la Bible, la ressemblance devient beaucoup plus directe; dans Zacharie (1) et dans le premier livre des Chroniques C^^ Satan s'approprie le caractère {VAluimaii ^ et appanut comme l'auteur du mal. Plus tard encore, nous vovons que Satan est devenu le prince des démons (3j, la source des mauvaises pensées (4), l'ennemi de la parole de Dieu (5). Il tente le fils de Dieu; c'est lui qui, pour le perdre, est entré dans Judas. L'Apocalypse nous montre Satan revêtu des attributs physiques d'.^//riman : il est appelé le dragon, le serpent ancien (6); il livre des combats à Dieu et à ses anges. Le mythe

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