‹ Hérédité et alcoolisme: résumé analytique et critique des étudesChapitre 3 sur 7 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

C'est avec un mélange de plaisir et de gêne que je réponds au désir de mon cher confrère Bertholet de faire une petite préface à son résumé analytique et critique des travaux du professeur Stockard. Je m'y sens en effet trop « partie » !

C'est en 1903, dans la première édition allemande de mon travail Hygiène der Nerven und des Geîstes, (Stuttgart, Ernst Heinrich Moritz,p.711, aussi 111 et 229) que j'ai, pour la première fois, employé le terme de Blastophthorie^poxxT distinguer certaines causes toxiques <le dégénérescence des germes de la véritable hérédité normale basée sur les caractères fondamentaux des ancêtres de la classe, de la famille, de l'espèce, de la race, de la variété et de l'individu. Déjà alors j'avais constaté le fait (lue la blastophthorie reproduit ses caractères de dégénérescence chez les descendants des individus à germes intoxiqués, du moins pendant un certain temps. J'ai développé à nouveau ces idées dans mon travail français L'âme et le système nerveux (Paris, Steinheil, 4906), au Congrès de l'association française pour l'avancement des sciences à Lyon, en 1906, puis dans mon livre sur la question sexuelle (même éditeur), p. 36 (p. 38 de l'édition allemande), enfin dans un travail résumé présenté au Congrès antialcoolique de La Haye en 1911.

Le Dr Bertholet lui-même a contribué pour beaucoup par ses belles recherches sur les organes reproducteurs

des buveurs, hommes et femmes, à donner la preuve visible de la blastophthorie sur les spermatozoïdes et sur les œufs.

Le travail, complètement indépendant des précédents, du professeur Stockard, vient de nouveau donner des preuves concluantes, très soigneuses, des faits que j'ai avancés dans le temps. Ses recherches sur le développement des œufs de poisson intoxiqués par l'alcool concordent absolument avec les recherches analogues de Ziegler et Fûhner sur les embryons d'oursins. Mais ce qui me paraît le plus important c'est la démonstration expérimentale de la blastophthorie chez les descendants non alcoolisés eux-mêmes (seconde génération) provenant de parents dont les germes étaient alcoolisés.

Au Congrès de la Haye, Vogt et Scharffenberg avaient mis la chose en doute. Gomment faut-il interpréter cette continuation héréditaire des effets blastophthoriques ? Je l'ai désigné dans le temps comme transformation en véritable hérédité, mais j'avoue que la question est fort complexe et que des recherches futures approfondies seront nécessaires pour l'élucider.

Je crois pouvoir en toute conscience recommander l'étude Bertholet-Stockard, tant aux lutteurs antialcooliques qu'au public scientifique en général.

Yvorne, avril 1914.

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