‹ Hérédité et alcoolisme: résumé analytique et critique des étudesChapitre 4 sur 7 · PAR LE · texte numérisé non relu

PAR LE

D-* Ed. BERTHOLET

Lauréat de l'Université de Lausanne

Introduction.

Les recherches entreprises par Stockard *) dans le but d'élucider la question de ralcoolisme chronique sur la descendance des animaux soumis à ce traitement prolongé, lui ont fourni des résultats des plus intéressants et qui concordent parfaitement avec ce que nous savions déjà de la blastophthorie alcoolique décrite avec soin pour la première fois par Forg/ et confirmée depuis par les travaux dé von Bunge, Laitinen, Nicloux^ Schweighofer, Bertholet^ etc.^)

Les conclusions auxquelles arrive Stockard à la suite de ses études expérimentales font ressortir encore une fois de plus la grande valeur de la notion de la blas-

*) .Voir la liste des travaux de Ch» R. Stockard à la fin de la brochure.

^) Pour rindication exacte des sources bibliographiques, consulter : Z>r Ed. Berthoîitf Action de Talcoolisme chronique sur les organes de l'homme, etc. Frankfurter. Lausanne 19 13, et Petit Atlas-Manuel des lésions de l'alcoolisme chronique. Doin et fils. Paris 19 13.

tophthorie alcoolique ; vu Fimportance du sujet, nous allons faire un résumé analytique aussi complet que possible des intéressants travaux de cet auteur.

Stockard nous apprend qu'il fut assisté pour une partie de son travail par miss D. M. Craig qui lui rendit de grands services au cours de cette étude de longue haleine.

A. Expériences faites sur les vertébrés inférieurs

(Poissons).

Dès Tannée 1910, Stockard a commencé une série d'expériences sur l'action de l'alcool éthylique dilué sur des œufs de poisson de mer (Fundulus heteroclitus).

Des solutions alcooliques de 2 Voj 3 "/o? 4 o/o, jusqu'à 10 o/o ont été préparées ; puis dans 60 ce. de chacune de ces solutions il plaça de 60 à 100 œufs de poisson ; ces œufs se trouvaient être dans les premiers stades de segmentation (4 à 8 cellules). Les solutions alcooliques fortes ont tué tous les œufs ; celles plus faibles, de 3 V© à 9 Vo, ont donné les résultats les meilleurs et les plus propres à la démonstration de la blastophthorie alcoolique. Avec une solution renfermant 3 Vo d'alcool il a déjà trouvé environ 90 o/o, en moyenne, d'alevins porteurs de déformations oculaires ; les expériences faites avec la solution de 5 o/o ont fourni des résultats déplorables, sur 149 œufs traités, il s'est trouvé 146 embryons avec des déformations et monstruosités oculaires diverses, tandis que trois individus seulement avaient les deux yeux séparés.

Les œufs séjournaient de 24 à 36 heures dans l'eau de mer alcoolisée ; ils étaient ensuite remis à nouveau dans de l'eau de mer pure, où, après avoir été altérés une fois

par le contact de Talcool, ils contiiuiaiciit à se liévelopper (l^uiie façon anormale.

Les principales lésions observées ont porté surtout suites organes des sens et sur le système nerveux.

(A)mme nous l'avons déjà mentionné, ce sont les yeux qui ont présenté les anomalies les plus nombreuses et les plus fréquentes, anomalies ayant trait à leur forme, leur nombre et leur position. Dans plusieurs cas les deux yeux étaient soudés ensemble, constituant ainsi un monstre cyclope ; chez d'autres sujets ces ori^anes étaient inégalement développés, mal conformés, à courbures irrég'ulières, situés dans une position anormale et assyrnéti ique, trop à droite ou trop à g-auche, trop en haut ou trop en bas. Ces altérations ont pu être démontrées dans le 90 à 98 Vo des cas.

Le développement des oreilles a aussi été entravé par le traitement des œufs avec Teau de mer alcoolisée ; chez (fuelques sujets issus d'œufs traités, il fut même impossible de reconnaître la présence d'or^^anes auditifs, beaucoup d'autres alevins ne présentèrent qu'une seule oreille entièrement développée, celle du côté opposé étant atrophiée ou présentant ([uelque anomalie notoire. Un fait à retenir, c'est que dans tous les cas examinés où il y avait un arrêt de développement, l'oreille la mieux conformée correspondait à l'œil normal.

Le cerveau était en général petit et pointu donnant à la tète une forme étroite caractéristique. Occasionnellement l'auteur a trouvé une hernie de substance cérébrale sur la face dorsale du cerveau où l'on reconnaissait \\ l'examen microscopique des régions où les cellules nerveuses n'étaient pas différenciées.

Dans plusieurs cas la distribution des cellules de la

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moelle épiiiière fut anormal et la trouvaille de sujets avec spina bifida et corde dorsale multiple ne fut pas des plus rares.

L^auteur croit devoir attirer Tattention sur le fait que ces altérations du système nerveux ne sont pas caractéristiques et spécifiques de l'action de l'alcool ; d'autres agents peuvent en effet produire des lésions similaires, mais les dégénérescences occasionnées par Tempoisonnement alcoolique chronique sont cependant beaucoup plus fréquentes que celles résultant de l'action d'autres agents nocifs.

D'après Stockard ces faits concordent bien avec les résultats de l'observation de l'effet de l'alcoolisme chronique sur la descendance de l'homme et sur l'homme lui-même, cette intoxication se manifestant, d'après ce que nous savons, en premier lieu par des troubles plus ou moins prononcés du système nerveux ; l'alcool paraît ainsi doué d'une action élective toute spéciale sur les cellules nerveuses.

B. Expériences faites sur les mammifères

(Cobayes).

Dans ces premières expériences l'alcool agissait donc directement sur la cellule germinative, l'œuf; on était en droit d'en conclure que l'alcool agit directement sur les cellules reproductrices pour en produire la dégénérescence ; chez les mammifères, par contre, la question est beaucoup plus complexe, le développement des œufs ayant lieu dans le corps de la mère ; deux éventualités peuvent se présenter : il est bien possible, d'une part, que l'alcool agisse aussi d'une façon directe sur les cel-

Iules reproductrices qui sont baignées dans le sang" alcoolisé comme les œufs de poisson Tétaient dans l'eau de mer contenant de Talcool dilué ; mais il se peut encore, d'autre part, que la substance toxique n'agisse pas directement sur les glandes reproductrices seules, mais qu'elle produise des désordres dans les autres organes de l'animal et que par répercussion seulement ces lésions organiques amènent à leur suite des altérations secondaires plus ou moins étendues des éléments reproducteurs.

L'auteur croit avoir trouvé dans l'alcool une substance qui peut être employée pour les études sur la blastophthorie, car, d'après lui, on ne court pas le risque avec elle de provoquer des dégénérescences étendues des autres organes, ce qui mettrait ainsi l'expérimentateur à l'abri des erreurs éventuelles causées par des effets dégénératifs secondaires. Les expériences seraient donc comparables à celles faites sur les œufs de poisson, l'auteur n'ayant pu remarquer au cours de son étude la présence de désordres appréciables dans le fonctionnement et la structure des organes des cobayes soumis aux expériences ; les animaux, durant toute la période de l'alcoolisation, sont restés vigoureux et en bonne santé ; quelquesuns, même, ont grossi et engraissé à la suite de ce traitement.

Tous les animaux choisis pour ces expériences étaient de souches saines et vigoureuses ; chacun d'eux a été reconnu, après une observation préalable, capable d'avoir des descendants normaux.

Pour alcooliser ses cobayes, Stockard après avoir tenté de leur donner la substance toxique avec la nourriture, puis par la soude stomacale y a renoncé ayant reconnu que ces méthodes étaient défectueuses ; il a eu

alors la même idée que celle que nous avons eue au cours de notre étude expérimentale sur l'action de Talroolisme chronique *), et il a choisi la méthode d'alcoolisation par inhalation de vapeurs d'alcool diluées dans l'air respiratoire. L'auteur a trouvé à ce mode de faire des avantag'es notoires, identiques du reste à ceux (lui nous ont déterminé à choisir cette méthode ; sans attacher d'importance à la différence des appareils employés pour faire respirer les vapeurs d'alcool aux animaux en observation, nous sommes heureux de constater cette similitude dans la pratique expérimentale.

Le séjour des animaux en expérience dans la caisse renfermant les vapeurs d'alcool éthylique à 95° a été de 1 heure en moyenne ; cette pratique a été répétée 6 jours sur 7 ; les cobayes n'ont jamais été intoxiqués complètement, ils sont donc comparables à un homme, alcoolique chronique par absorption quotidienne de boissons alcooliques, mais qui n'aurait jamais été tout à fait ivre.

La description de la manière dont réagissent les cobayes soumis aux vapeurs d'alcool cadre en g'énéral avec les symptômes que nous avons pu observer sur nos rats blancs alcoolisés.

La plupart des animaux restent immobiles, ils reniflent (le temps en temps et s'assoupissent parfois. Certains individus, par contre, sont plus excités et s'agitent violemment dans leur cage, ils deviennent même méchants au point de se battre avec les autres animaux qui subissent le traitement alcoolique en même temps qu'eux. Cette action physiologique variable sur la façon dètre

') Voir mon Atlas-Manuel, etc., p. 2:;.

lies animaux correspond bien à ce que nous observons chez rhomme.

Durant la première semaine il se produit un larmoyement abondant, le nez et la bouche sont très humides par suite de l'action irritante de Talcool sur les muqueuses, cet excès de sécrétion liquide diminue du reste à la long-ue très sensiblement. La conjonctive oculaire est ég'alement très irritée, à tel point qu'il se forme souvent des taies blanchâtres qui disparaîtront peu à peu au cours de Texpérience. Les animaux supportent parfaitement bien ce traitement et paraissent normaux (« are in ail respects apparently normal n), ils g-ag'nent aussi en poids ; plusieurs d'entre eux ont été sacrifiés au bout de 15 à 32 mois d'expérience : leurs viscères étudiés avec soin et leurs i^landes. reproductrices examinées au microscope n'ont pas été trouvés altérés, ils semblent (!) tout à fait normaux. (« The lung-s, liver, stomach, intestines, kidneys, reproductive glands, brain and ail other parts appear perfectly normal. ») Le résultat de l'observation semblerait donc indiquer que ces animaux sont dans de bonnes conditions; la seule action nuisible très nette de l'alcool a consisté en tares plus ou moins profondes et multiples de leur descendance; l'alcool se révèle bien, par conséquent, un poison redoutable de la race.

Stockard a institué quatre séries expérimentales dont les résultats se résument comme suit ') :

*) Pour une étude d'ensemble consulter aussi le tableau I.

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Nombre de pe lits morls-nés

Porlécs vivantes

Petits mort«

peu après lu

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Petits survivants

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lo Résultats de V accouplement de mâles alcoolisés chroniquement avec des femelles saines,

5g tentatives d^accouplement ont été faites dans cette catégorie dont 25 furent sans aucun résultat ou ont été suivies d'avorteinents prématurés ; il y eut 8 portées de morts-nés, représentant un total de 15 petits niorts. 26 portées sont arrivées à terme, mais 21 des petits sont morts peu après la naissance et 33 seulement ont survécu ; ce sont pour la plupart des êtres venus au monde prématurément, ils présentaient à leur naissance un poil rare, clairsemé et leurs yeux étaient encore clos. Quant à ceux ([ui sont morts peu après la mise bas, ils ont présenté des altérations fonctionnelles variées du système nerveux ; plusieurs étaient atteints de convulsions et de crises épileptiques. Cette première série expérimentale est très importante, car elle démontre nettement l'action blastophthorique de Talcool sur le germe paternel seul, sur le spermatozoïde, la femelle étant tout à fait indemne et normale.

A titre de document intéressant nous reproduisons deux photographies (fig. 1-2)*) représentant chacune deux petits cobayes, issus, Tun de parents alcooliques, Tautre de parents sains.

La première photographie (fîg. 1) nous montre adroite la stature d'un petit cobaye issu de parents normaux. Quoique d'un mois plus jeune que celui de gauche il est déjà plus gros et pèse 1^7 grammes. Le petit de gauche est le descendant d'un père alcoolique et d'une mère

M V. Stockard. An expérimental study ot racial Degeneration, etc. Arch. of internai med. 1912. Vol. 10, p. 369.

A. Cobaye iI'uei poids de 184 grammes, descendant d'un

père alcoolique et d'une mère saine.

B. Cohaye pesant 147 grammes, issu de parents normaux

non-alcoolisés.

Il est de 1 mois plus jeune que le petit cobaye liérédoalcoolique A.

Fig.-^.

A. Cobaye d'un poids de 18S grammes, descendant d'un père

alcoolique.

B. Cobaye pesant 221 grammes, issu de parents normaux,

non -alcoolisé s.

Il est de 10 jours plus âgé seulement que le petit cobaye hépcdo-alcoolique A,

normale, et bien qu'âgé d'un mois de plus il ne pèse que iSi grammes.

La deuxième photographie (fig. 2) nous démontre le même fait. Le petit cobaye noir de gauche pesant i32 grammes est le rejeton d'un père alcoolique et d'une mère saine. L'animal de droite est le produit de parents normaux, quoiqu'àgé seulement de 10 jours de plus que le petit hérédo-alcoolique il pèse déjà 221 grammes.

Ces différences nous paraissaient suffisamment frappantes pour mériter une mention spéciale.

2^ Résultats de l'accouplement de mâles normaux avec des femelles alcoolisées,

i5 tentatives ont été faites, 3 ont échoué ; il y eût 3 portées de morts-nés avec 9 petits morts ; 9 portées sont arrivées à terme, représentant un total de 19 petits dont 9 sont morts peu après la naissance.

30 Résultats de l'accouplement de femelles et de mâles

alcoolisés.

Nous comptons 89 tentatives dont 15 ont eu un résultat négatif; il y eût, en outre, 3 portées de morts-nés avec un total de 6 petits et 11 portées arrivèrent à terme représentant 16 individus dont 7 moururent quelque temps après leur naissance et 9 seulement survécurent. Ces petits ont présenté des altérations et malformations du train de derrière tout particulièrement ; il s'agissait d'animaux spécialement petits et excitables. C'est donc bien l'action combinée de l'alcoolisme paternel et maternel qui se révèle la plus néfaste pour la descendance.

¥ Résultats du traitement par Valcool des femelles

pendant la gestation.

Ces expériences sont intéressantes pour résoudre la question du moment où Talcool produit les plus graves désordre de la descendance, avant ou après la conception, au début ou au cours du développement de l'embryon.

L'auteur a pratiqué en tout 4 tentatives qui ont donné lieu à 4 portées formant un total de 8 petits dont un mort-né.

De ces constatations nous pouvons tirer la conclusion que l'alcool est moins dangereux pour l'embryon déjà développé que pour les éléments reproducteurs euxmêmes.

Expériences de contrôle.

Sur 35 tentatives d'accouplement d'animaux non alcoolisés, 2 n'ont donné aucun résultat ; il y a eu en outre une portée de morts-nés avec 4 petits ; par contre 32 portées sont venues à terme avec 56 petits vivants et bien conformés et seulement 4 sujets sont morts peu après leur naissance.

Stockard a ensuite institué un deuxième groupe d'expériences avec les individus issus de la première erénération ; ces recherches avec les sujets de la seconde génération ont fourni également des résultats très intéressants que nous allons passer en revue (v. Tab; 1, deuxième génération).

lo Trois tentatives iV accouplement de petits hérédoalcooliques aoec des sujets normaux ont été faites et ont

donné de bons résultats, soit 3 portées avec 4 individus vivants. Dans ce cas nous pouvons dire que les dégénérescences ou déficits des petits hérédo-alcooliques ont été parfaitement compensés et équilibrés par Tintroductioa d'une souche normale vigoureuse et non alcoolisée.

2® Une seconde série d'expériences a été faite en accouplant des sujets hérédo-alcooliques avec des ani^ maux alcoolisés.

Les résultats ont été déjà beaucoup moins favorables. Trois tentatives ont été faites qui ont donné lieu à deux portées de morts-nés où l'on comptait 5 petits dont l'un présentait de graves difformités. Une seule portée est arrivée à terme avec 2 survivants.

On peut à juste titre considérer ces résultats comme les plus désastreux pour la descendance.

3<* La troisième série d'expériences a consisté en 19 tentatives d^ accouplements de mâles hérédo-alcooliques avec des femelles également issues de parents alcooliques. Quoique ces animaux ne fussent pas eux-mêmes soumis au traitement direct par l'alcool, les résultats ont été mauvais ; en effet 7 sur 19 tentatives ont échoué, soit 37 o/o; 12 portées sont arrivées à terme formant un total de 19 petits dont 6 ont succombé peu après la naissance, ce qui représente le 32 «/o- Un sujet n'avait pas d'yeux et présentait des déformations. Peu après la naissance sont apparus chez ces petits des désordres nerveux variés.

Ces expériences démontrent clairement que l'alcoolisation des éléments reproducteurs des parents produit chez les enfants des tares qui peuvent être transmises ensuite aux générations suivantes.

L'auteur cherche à expliquer cette persistance des

tares chez les descendants de la deuxième g'énération par le fait que les cellules reproductrices (œuf ou spermatozoïde) altérées par Talcoolisme des parents donnent naissance par conjugaison à des embryons dont toutes les cellules sont également tarées ou de moindre valeur puisqu'elles proviennent toutes d'une cellule initiale tarée. Il n'est donc pas étonnant non plus que les cellules reproductrices affaiblies des individus de la seconde génération donnent également 'des produits de mauvais aloi.

11 ne s'agirait pas en l'occurence de transmission de caractères acquis ; dans ce cas il n'y a en effet pas à proprement parler de transmission de caractères étrangers, mais nous assistons plutôt au fait qu'une cellule affaiblie donne naissance à une autre cellule affaiblie. L'auteur veut aussi expliquer la transmission du bec de lièvre et de la gueule de loup dans une famille par le même phénomène soit la transmission directe des caractères d'un groupe de cellules faibles au même groupe de cellules chez les descendants.

Il en est arrivé encore à la conclusion que « en continuant à accoupler des animaux alcoolisés il n'est pas douteux que le résultat soit l'extinction de la race «. Par contre si l'on croise des descendants hérédo-alcooliques avec des animaux sains non alcoolisés on peut arriver à éliminer entièrement par compensation les tares de dégénérescence alcoolique.

De 119 petits arrivés à terme (individus vivants ou morts-nés) chez les alcooliques, 52 seulement, soit le 4.^,7 o/o ont survécu, tandis que chez les 64 petits descendants de parents normaux 56 soit 87,5 o/o ont survécu.

Les altérations produites par le traitement alcoolique

sur la descendance n'ont pas présenté de caractères spécifiques ou nettement définis ; il faut noter cependant que le système nerveux central et les organes des sens ont paru souffrir tout spécialement, comme cela se passe pour les œufs de poissons traités par Teau de mer alcoolisée.

Tous ces déficits, ces tares de dégénérescence peuvent être considérés comme dûs à un développement embryonnaire défectueux ou arrêt dans l'évolution intrautérine de l'individu.

Comme nous le disions au début de notre analyse les résultats de ces expériences fournissent bien une preuve nouvelle et importante de la blastophthorie alcoolique ^ selon ForeL

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