‹ Héritage et mariage, comédie en trois actes et en proseChapitre 4 sur 62 · ACTE I , SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE II

Mais non ! je ne crois pas : malgré les embarras de la noce, nous avons de quoi vous loger 5 la maison est grande .

BLAVEAU.

Oh! je le sais : (en soupirant, et regardant le salon et le jardin) c'est un beau bien! Allons! allons, nous désobligerions mon oncle en nous logeant dans un hôtel garni.

(Il ôte sa redingote et sa casquette, madame Blaveau dte son schall et son chapeau; et tous deux rajustent leur toilette.)

ANDRÉ

Les voilà chez eux.

BLAVEAU.

Vous ferez porter nos effets dans notre appartement.

MADAME BLAVEAU.

Je ne quitterai ma robe de voyage qu'après le déjeûner.

BLAVEAU.

Oui ; nous sommes si impatiens de faire nos cornplimens à notre oncle !

MADAME BLAVEAU.

Nos complimens bien sincères.

ANDRÉ

Vous allez mêler votre joie à la nôtre.

MADAME BLAVEAU.

Oui, notre joie... Ce cher André, il parait tout enchanté.

ANDRÉ

C'est le mot , Madame , enchanté.

BLAVEAU.

Tu fais exception à la règle : ordinairement les vieux

valets ne voient pas sans chagrin leurs vieux maîtres se marier.

MADAME BLAVEAU.

Cela vous fait honneur, André.

ANDRÉ

Pas plus qu'à vous, Monsieur et Madame : vous faites aussi exception à la règle . . . , car enfin . . . ordinairement... les neveux... : c'est à vous que la fortune devait revenir.

BLAVEAU.

Ai-je jamais pensé que je dusse hériter? Que m'importe la fortune ! Je chéris mon oncle parce qu'il est mon oncle... 5 mais il est riche..., ce n'est pas une raison pour que je ne l'aime pas.

MADAME BLAVEAU.

Au contraire.

BLAVEAU, bas.

Taisez-vous donc , madame Blaveau.

, MADAME BLAVEAU.

Ah ça! mon cher André, racontez-nous tous 1rs détails du mariage : c'est donc la petite Frémin qu'il épouse ?

ANDRÉ

Oui, mademoiselle Pauline Frémin.

BLAVEAU.

Elle est bien jeune?

ANDRÉ

Dix-huit ans.

MADAME BLAVEAU.

Et monsieur Daubonne , soixante ?

ANDRÉ

Pas encore.

MADAME BLAVEAU.

Elle n'a rien.

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