ACTE II , SCENE X 5i
PAULINE
Eli mais , mon bon ami ? m'avez-vous jamais entendu mentir?
DAUBONNE.
Non , mais quelquefois on se trompe soi-même.
EUGÈNE , à part.
Oh î ce serait une indignité de la part de ce monsieur Blaveau !
MADAME FRÉMIN
Quel langage! auriez-vous changé de dessein?
DUBOURG
Non! mais...
MADAME FRÉMIN
Serait-ce une rupture ? quel affront pour ma fille ! quel scandale !
DAUBONNE.
Mon Dieu , Madame , comme vous êtes vive !
BLAVEAU , à part.
A merveille !
MADAME BLAVEAU , à part.
Nous y voilà.
ANDRE « sortant du cabinet.
Monsieur, le notaire attend.
DAUBONNE.
Qu'il attende !
ANDRÉ
Comme il a un autre petit contrat de mariage à faire avant le dîner,..
DAUBONNE.
Eh bien! qu'il le fasse... Dis-lui que nous ne nous mettrons à table qu'à six heures.
ANDRÉ
Belle commission ! Il rentre
MADAME FRÉMIN
Vous renvoyez le notaire ?
5a HERITAGE ET MARIAGE ,
DAUBONNE.
Eh non , Madame , je ne le renvoie pas : mais vous conviendrez que si , au moment de signer , il est permis à la future de pleurer, il peut bien être permis au futur de réfléchir.
PAULINE
Ali î mon bon ami , comme vous traitez maman !
DAUBONNE.
Mais c'est qu'aussi votre maman... Pardon , pardon , ma chère Pauline... ; mais enfin quand nous ne signerions qu'après le dîner ?
MADAME FRÉM1N.
Ah, monsieur Daubonne! j'étais loin de m'attendre... Ma pauvre enfant! tu ne méritais pas... Pardon , Messieurs et Madame , si je vous quitte , mais je ne me sens pas bien* j'étouffe! Viens, viens, ma Pauline. Ah, monsieur Daubonne! il me semble que depuis dix-huit ans que vous la connaissez , vous aviez eu tout le tems de réfléchir.
Elle sort, et emmène sa fille.
MADAME BLAVEAU.
Eh mais ! écoutez donc... • retenez donc ces dames ,
mon cher oncle... madame Frémin! Mademoiselle
F ré m in !
Elle suit madame Frémin jusqu'au fond du théâtre.
DAUBONNE.
Que je la retienne! ma foi non... * et moi aussi j'ai besoin de me calmer , de me recueillir.
EUGÈNE
Mais , mon cher tuteur...
Taisez-vous , Monsieur • c'est à vous que j'en veux le plus ! // sort.