D AU BON NE
Et moi donc!... vous me voyez ravi, transporté... , et amoureux comme un jeune homme... , bah! bien plus..., bien mieux qu'un jeune homme! car c'est à notre âge que les sentimens sont vraiment profonds et jettent des racines. La nouvelle a bien dû un peu vous étonner ?
BLAVEAU.
Un peu.
DAUBONNE.
J'ai eu long-tems la manie du célibat, comme tant d'autres • mais aussi comme beaucoup de célibataires , sans en rien dire à personne, je souffrais quand je rentrais seul chez moi... , parce qu'une femme... , on a beau dire!... Jugez de ma félicité, lorsqu'il m'aété démontré que l'aimable et chère Pauline éprouvait pour moi un certain penchant. . . , car cela vous paraîtra singulier, mais réellement je suis aimé.
MADAME BLAVEAU.
Ce n'est pas étonnant... , les jeunes personnes bien élevées préfèrent toujours les hommes sages , sensés , raisonnables...
BLAVEAU.
Et riches.
DAUBONNE.
Riches? est-ce que vous croyez qu'elle y pense? Sa mère, à la bonne heure,.. , et encore, fort peu. Pauline ne songe qu'à son amour; cet amour a fait naître le mien... Et comment ne l'aimerais-je pas? •elle est si attentive, si complaisante pour moi!
MADAME BLAVEAU.
Ainsi , mon cher oncle , vous croyez à l'affection de mademoiselle Frémin ?