‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 198 sur 327 · D. C. 9 novembre 1851, id., pp · texte numérisé non relu

D. C. 9 novembre 1851, id., pp

5. Non daté. Reproduit par Julian Hawthorne. Nathaniel Ha:vthorne and his Wife, 2 vol. in-12. Boston 1884, et aussi par Weaver, pp. 321-322.

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On songe à M#*° de Sévigné qui craignait de trop montrer son amour à la froide Grignan, et qui était spirituelle parce qu’elle n’osaif être tendre. Melville fait comme elle, mais on le sent plus grand ; et ces lettres « impossibles », comme dit Julian Hawthorne, sont d’authentiques chefs-d’œuvres.

Les lettres qui nous sont parvenues de l’âge mûr et de la vieillesse de Melville sont bien loin d’avoir le même intérêt. Les Duyckinck, vers 1860, sont de vieux amis pour qui l’on ne se gêne pas. Avec les membres de la famille Gansevoort, Melville est en bons termes, mais il ne se fatigue pas non plus pour leur écrire. Ses lettres acceptent, déclinent ou remercient aimablement, mais sars originalité. Les rares admirateurs des dernières années ont droit à des lettres courtoises, brèves, et passablement indifférentes : ainsi ce bon Mr James Billson, qui admirait Melville avec passion, reçut en échange de sa première lettre une épiître débutant ainsi :

« Je ne puis que vous remercier des expressions aimables qui s’y « trouvent, et regretter que les livres déterrés par vous ne soient pas « plus dignes de ce que vous en dites !. »

La majorité des lettres écrites alors par Melville n’a pas un autre ton. Et pourtant, çà et là, une étincelle vient montrer que la flamme n’est pas tout à fait éteinte. Un des cousins par alliance de Melville, Mr Abraham Lansing, semble avoir gagné son estime : les lettres qu’il lui écrit, ou celles qu’il est appelé à voir, sont imprégnées d’un humour un peu recherché qu’on ne trouve plus dans les autres. Mais la plus belle lettre qu’ait écrite Melville dans la seconde moitié de sa vie est celle qu’à bord du Meteor, il écrivit à ses enfants le 1% septembre 1860. Il s’adresse d’abord à son aîné Malcolm, lui décrivant, comme on peut le faire pour un garçon de onze ans, l’itinéraire passionnant qu’il a suivi, les tempêtes du Cap Horn et la mort du pauvre matelot tombé du mât. Il lui explique par où sa lettre va passer, lui recommande, comme à l’aîné, d’être raisonnable et d’aider sa mère. Et il termine en évoquant la photographie, qu’il regarde souvent, des enfants laissés à la maison. Alors viennent, en gros caractères d’imprimerie, quelques lignes destinées à la petite Bessie, qui a sept

ans :

&« J'ESPÈRE QUE TU ES UNE BONNE PETITE FILLE, ET « QUE TU NE DONNES A TA MAMAN AUCUNE PEINE. EST-CE

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