BY BY, PAPA
On sait trop que Melville ne fut pas un père remarquable. Mais cette lettre montre à quel point parfois, il était capable de s’émouvoir, et combien son intelligence servait cette émotion. Une telle lettre est, à notre avis, un chef-d'œuvre de compréhension de l’âme enfantine.
Les quatre premières lettres à Hawthorne, sept ou huit des lettres aux Duyckinck, et la lettre aux enfants, que nous venons de citer, voilà sans doute tout ce qui compte vraiment dans la correspondance de Melville. C’est assez, croyons-nous, pour lui assurer une place mieux qu'honorable dans une anthologie des plus belles lettres écrites en Amérique.
Les spécialistes ont une tendance, qui parfois prête à sourire, à exhumer avec respect les moindres billets qu’aient écrit leur grand homme. Les fervents de Melville n’ont pas failli à cet usage, et, au cours des quinze dernières années, bien des fragments écrits par lui ont été ainsi « découverts ». La plupart de ces écrits modestes, que Melville jugea inutile de réunir, ou même de publier, furent écrits vers le milieu de sa vie. Aussi avons-nous cru devoir en faire ici l’inventaire, réservant, pour un autre chapitre, les écrits posthumes de sa vieillesse. En ce qui regarde les morceaux que nous venons d’exa-