‹ Hermann et DorothéeChapitre 136 sur 138 · JOUR SOMBRE -UNE PLAINE FAUST, MÉPHISTOPHÉLÈS · texte numérisé non relu

JOUR SOMBRE -UNE PLAINE FAUST, MÉPHISTOPHÉLÈS

Dans le malheur! dans le désespoir! longtemps sans asile, sans trouver de pitié, et maintenant elle est en prison. L'aimable, l'innocente créature, réduite à cette extrémité, traitée comme une criminelle, abandonnée dans un cachot aux horreurs du dé' sespoir! Perfide, misérable démon, et tu me le cachais ! Tu oses rester près de moi : tu roules tes jeux pleins d'une maliae diabo-

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lique, tu me braves par ton odieuse présence. Elle est en prison, dans une Irréparable détresse Livrée aux mauvais esprits et à la Justice d'hommes inflexibles!,... et pendant ce temps tu m'étourdissais par de dégoûtants prestiges, tu voulais me cacher ses angoisses eroissantes, pour qu'elle mourût sans secours.

1IÉPHIST0PHÉLÈ&.

Cîomme tant d'autres!

Chien ! bête féroce ! O Esprit infini, rends à cet abominable monstre la forme sous laquelle il s'est d'abord présenté à moi ; qu'il soit de nouveau transformé en chien, tel que je le vois encore quelquefois pendant la nuit marcher devant moi j)Our mordre les jambes du voyageur sans défiance, et s'élancer sur ses épaules s'il chancelle au bord du précipice. Ah ! rends-lui sa première figure, pour que je le foule aux pieds, que je l'écrase dans la poussière. Comme tant d'autres, Marguerite périra comme tant d'autres ! 0 abîme de douleur qui confonds l'esprit de l'homme ! Quoi ! une seule créature livrée â un tel supplice, mom-ant d'une telle agonie, ne suffit pas pour racheter les fautes de toutes les autres, ne suffit pas pour satisfaire la justice au Dieu de miséricorde! La souffrance de cette se aie créature glace mon sang, brise mes os ; et toi, tu souris trarquillement à la pensée que tant d'autres subissent un sort pareil !

MÉPHISTOPHÉLÈS

Crois-tu donc que notre intelligence ait les mêmes limites que la vôtre ? Pourquoi veuxtu marcher dans notre compagnie si tu ne peux suivre nos pas? pourquoi essayer de

FAUST * '

t'élever dans les airs, si tu crains \q vertige ? Est-ce moi qui suis venu te chorclier, on bien toi qui m'a appelé ?

FADST.

Ne grince pas ainsi des dents en ma présence iTigre, tu me fais horreur! Grand et puissant Esprit, toi qui as daigné m'apparaître, toi qui connais mon cœur et mon Time, pourquoi as-tu attaché à mes pas ce eompagnon de malheur, qui se nourrit de carnage et sourit à la destruction )

itfPHlSTOPHÉLÈS.

Auras-tu bientôt fini t

Sauve-la, ou malheur à toi ! La plus horrible des malédictions pèsera sur toi pendant des milliers d'années.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Je n'ai pas le pouvoir de paver sa dette, d'ouvrir sa priiion. Sauve-la! et qui donc l'a entraînée dans l'abîme ? Est-ce moi ou toi T (Faust lance au\ wr de lui des regards furieux.) Cherches-tu la foudre ? Heureusement ce n'est pas à de telles mains que ces armes sont confiées. Voilà hier» la coutume des tyrans : écraser l'innocent pour sortir d'embarras.

FACST.

Conduis-moi près d'elle ; il faut qu'elle soit libre!

KÉPBISTOPHÉLËS.

Songes-tu au danger que tu vas courir? Tu le sais, dans cette même ville ta main a corn»

170 FAUST

mis un meurtre : les esprits vengeurs planent sur la place où gît le cadawe : ils guettent le retour du meuilrier.

FAUST

Ce sont encore de tes œuvres. Monstre, que la terre s'abîme sur toi et t'engloutisse ! Conduis-moi, te dis-je ; je saurai la délivrer.

MÉPHlSTOr-HÉLÈS.

Je te conduirai, je ferai ce que je peux faire. Ecoute, je n ai pas tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Je troublerai les sens de son geôlier ; empare-toi des clefs ; il n'y a qu'une main d'homme qui puisse délivrer Marguerite. Je ferai sentinelle, les chevaux enchantés seront prêts j je vous enlèverai tous deux. Voilà ce que je peux faire.

FAUST

Partons !

tANUIT EN PLEIN CHAMP

FAUST, MÉPHISTOPHÉLÈS, galopant sur dei chcvatix noirs.

Qui remue là, autour du lieu du supplice ?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Je ne sais ni ce qu'ils cuisent, ni ce qu'ils font.

fACST ITI

FAUST

Ils s'agitent de ci de là, se lèvent et se baissent.

ICÉPHISTOPHÉLÈS.

Une troupe de sorciers.

FAUST

Ils sèment et consacrent.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Passons ! passons !

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