LETTRE XXI
Le «8 juillet.
Guillaume, qu'est-ce que le monde pour notre cœur, sans l'amour! Ce qu'est une iiuiteme magique sans lumière! A peine y introduisezvous la lampe, que la blanche muraille réfléchit instantanément les images bigarrées qu'elle représente. Et quand il n'y aurait pas autre chose que ces fantômes passagers , encore font-ils notre bonheur, lorsque nous le venons là comme des enfants, et que nous nous sentons hors de nous-mêmes à la vue de ces ap^ paritions merveilleu.oes. Je n'ai pu aller aujourd'hui chez Lolotte : une compagnie, que je n'ai pu éviter, m'en a empêché. Que faire? Jy ai envoyé le petil garçon qui me sert, afin d'avoir prés de moi quelqu'un qui l'eût approchée aujourd'hui. Avec quelle impatience je l'ai attendu ! avec quelle joie je l'ai revu ! Je l'aurais pris volontiers uar la tète, et embrassé follement, si une mauvaise honte ne m'eût retenu.
On prétend que la pierre de Bologne, exposée au soleil, se pénétre de ses rayons, et peut éclairer une partie de la nuit. Il en était ainsi
pour moi du jeune homme: l'idée que les yens de Lolotte s'étaient repusés .sur son visage, ses joues, les boutons et ;e, coiiet de son surtout, me rendait tout cel;t si s;icré,si précieux que dans '••e moujeut je u'auiitis pas donné le petit d^ôl^ pour mille éeus. JVtais si heureux d'être avec lui!.... Dieu te piéserve d'eu rirel Guillaume, peut-on appeler cela des chimères, auand nous sentons ! .