‹ Hermann et DorothéeChapitre 51 sur 138 · LETTRE LIV · texte numérisé non relu

LETTRE LIV

Le » juillet

Non I Cest bien ! Tout est bien !... Moi son époux ! O Dieu, toi qui m'as donné le jour, si tu m'avais destiné cette félicité, ma vie entière n'eût été qu'une adoration continuelle I Je ne veux point plaider contre toi. Pardonnemoi mes larmes, pardonne-moi mes vœux inutiles... Elle eût pu être ma femme !... J'aurais pu serrer dans mes bras la plus aimable

créature qui soit sous le ciel Tout mon

corps frissonne, Guillaume, lorsque le bras d'Albert entoure sa taille svelte et élégante.

Et cependant, le dirai-je? Pourquoi non? Guillaume, elle eût ete plus heureuse avec moi qu'avec lui ! Non , ce n'est point là l'homme capable de comprendre ce cœur-là ! Un certain défaut de sensibilité, un défaut.... Prends-le comme tu voudras, leurs cœurs ne sympathisent pas... Oh! mon ami... combien de fois, au milieu d'un passage de quelque livre intéressant, mon cœur et celui de Lolotte ont été d'intelligence I En mille autres occasions, lorsque nos sentiments se développaient sur l'action d'un tiers, ô Guillaume!... Il est vrai qu'il l'aime de toute son âme, et que re mérite pas un pareil amour?

Un importun m'a interrompu. Mes larmes mont rnciirtro. Je suis distrait. Adieu, cher ami*

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