LE SINGE
Anne ta main du goupillon.
Et sieds-toi sur ce fauteuil. Bon I
(// Oblige JHéphistoohélèt à t'asseoir.)
FAOWT 91
FAUST, pendant tout ce temps devant le miroir, tantôt s'en approchant, tantôt s'en éloignant.
Que vois-je ! quelle céleste image se peint dans ce miroir magique? O Amour! prêtemoi la plus rapide de tes ailes et transportemoi dans la région qu'elle liabite. Ah ! quand {e ne reste pas à cette place-là, quand je me risque à en approcher de quelques pas, je ne la vois plus que comme à travers un brouillard... La femme sous sa plus belle forme! Est-il possible que la femme ait tant de beauté ? Dois-je. dans ce corps étendu devant moi, voir l'abrégé des merveilles des cieux î Y a-t-il sur la terre quelque chose de pareil?
Naturellement ; lorsqu'un Dieu s'est mis h l'œuvre six jours durant et qu'à la fin il s'est dit bravo a lui-même, il doit en résulter quelque chose de passable. Considére-Ia jusqu'à satiété : je sam-ai bien te déterrer un semblable trésor, et heureux celui qui a la bonne fortune de ''emmener chez lui pour en faire sa femme! (Faust s'absorbe toujours devant le miroir. Méphistophélès, s'élendant sur le fauteuil, et jouant avec le goupillon, continue :) Me voil^ assis comme un roi sur son trône, je tiens le sceptre, il ne me manque plus que [la couronne.
us AxiMAux, qui jusque-là ava^^nt exécuté milk contorsi07is, apportent en jetant de grand» cris une couronne à Méphistophélès.
Oli ! daigne, daigne prendre Celte couronne-là I ït raccommoiJe-lal Il sufflt d'y répandre Des sueurs et du saug.
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(Ils courent gauchement avec la couronne autour , delà cuisine de la Sorcière. La couronne se brise en detuc morceaux, avec lesquels ils dansent en rond.)
Contre l'angle du banc
Nous venons de la fendre.
Nous parlons et voyons,
Ecoutons et rimons.
FAUST, devant le miroir.
Malheur à moi ! j'en ai presque perdu la tète.
MÉPHisTOPHÉLÈs, montrant les animatue, La tête me tourne presque, moi aussi.