L. Pancrazi
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l’absence d’autopsie n'ait pu fixer définitivement la science sur cet homme-femme. Était-ce un simple hypospade avec rétention du testicule gauche et absence du scrotum du même côté ?
Était-ce réellement un hermaphrodite vrai du genre alterne ? 11 est impossible de l’affirmer.
ViLLCoCK a présenté, en avril 1885, à la Société des Médecins de Londres, la pièce anatomique d’un enfant de dix mois qui avait été considéré comme une fille. Entre l’urètre et l’anus se trouvait une sorte de vagin rudimentaire ; les grandes lèvres contenaient des nodules arrondis; en repoussant en arrière le prépuce on pouvait voir un gland de très petite dimension. L’autopsie montra qu'il s’agissait d’un garçon à replis génitaux non réunis.
Scuorr a présenté, en 1886, à la Société des Médecins de Vienne un cas de pseudo-hermaphrodisme avec deux grandes lèvres contenant deux petits corps ronds qui glissent sous les doigts et sont appendus à un cordon. Il pense que ce sont là des testicules.
Descours présentait à la Société de Médecine légale, ie 5 juin 1886, laphotographie d’un pseudohermaphrodite inâle dont les organes génitaux externes ne présentent aucun des traits caractéristiques de l’un ou de l’autre sexe; il s’agit d’une jeune lille ou plutôt d'une personne inscrite comme telle sur les registres de l’état civil.
L'hermaphrodite de GÉRin-Roze (fille de vingtsix ans) dont l'observation a été rapportée à la Société médicale des Hôpitaux de Paris, était une
femme par son habitus extérieur, par sa voix, l’absence de poils surle corps, la présence des mamelles développées, d’une vulve, d’un vagin, et par son amour pour les hommes ; ‘était un homme par la présence des testicules, d'une petite verge, l'absence d’ovaires, d’utérus et l'absence des règles.
Celui de Pan (vingt-sept ans) était un homme par son pénis pubescent,quoique le gland de celui-ci, d’ailleurs peu développé, ne portât ni méat ni prépuce; par un petit vestibule où s'ouvre le méat qui donne écoulement aussi au sperme, par la peau, les mamelles, le bassin, la voix, la barbe et de petits testicules descendus dans la partie supérieure des grandes lèvres; c'était une pseudo-femme par son vestibule et l’ébauche d’une vulve.
OBoLonskyY a rapporté le cas d’une femme de cinquante ans, journalière, morte à l'hôpital de Prague. |
A l’autopsie de cette femme, on trouva un pénis de 6 centimètres de long, muni d’un sillon à l'extrémité du gland, mais ne présentant aucune trace de méat ; au-dessous, se trouve une excavation limitée par deux replis cutanés, simulant les grandes lèvres, et conduisant dans une espèce de vestibule du vagin, dans lequel s'ouvre l’urètre, et le vagin garni d’une membrane hymen. En disséquant la région, on vit que le vagin, garni de plis transversaux, se prolongeait en un utérus infantilis bicorne. Des deux con- - duits qui aboutissaient à chacune des cornes utérines, celui du côté gauche menait à un petit testicule sur
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la nature duquel l'examen microscopique n’a laissé aucun doute, pourvu de son épididyme, en eclopie abdominale ; tandis que celui du côté droit se perdait dans une tumeur de nature carcinomateuse qui occupait toute la cavité du petit bassin.
Au point de vue physiologique, cette femme était un homme; mais, malgré le caractère essentiellement masculin des organes génitaux internes,
l'aspect général du sujet était tout à fait féminin. Durant sa vie, d’ailleurs, tout le monde le regardait comme une vraie femme, et d’après les commémoratifs, il aurait été régulièrement réglé de l’âge de dix-sept à quarante-neuf ans.
Le squelette, conservé au musée de Prague, présente tous les caractères d’un squelette féminin, notamment le faible développement des crêtes et des atiaches musculaires, le bassin large, avec diamètres caractéristiques du sexe féminin.
Le crâne est brachycéphale, petit, prognathe.
Enfin, M. PoLAILLON a communiqué à l’Académie de Médecine un fait d’hermaphrodisme, dont l’observalion a élé complétée par l’autopsie :
Il s’agit d’une femme qui n'avait jamais été réglée. Elle n'avait ni malaises périodiques, ni congestion, ni hémorragies d’un organe quelconque pouvant tenir lieu de règles.
Les organes génitaux externes étaient bien conformés. Mais en arrière de la fosse naviculaire, le vagin n'était représenté que par une légère dépression, dont la profondeur, déterminée par la pression du
doigt, avait à peine 2 centimètres. Rien au-dessus de celte dépression n’indiquait la présence d’un utérus.
Au niveau du Canal ingainal existait, de chaque côté, une saillie, grosse comme une noix et ressemblant à une hernie. A droite, la hernie contenait un corps assez dur, ovoïde, mobile, donnant, quand on le comprimait, la sensation d’une douleur particulière. |
À gauche, la hernie contenait aussi un corps dur, mais moins volumineux, moins sensible ; ces petites tumeurs étaien! mates à la percussion. Les organes qu'elles contenaient étaient réductibles. Quand on faisait tousser la patiente, on ne constatait pas une propulsion quelconque de l'intestin. Ces tumeurs paraissaient formées par des ovaires dégénérés, inertes.
À l’autopsie, on ne trouva ni trompes, ni ovaires. La place de l'utérus était occupée par un épaisissement des tissus formant un noyau gros comme un haricot. Ce noyau était au-dessus du vagin artificiel ; il en partait, de chaque côté, un cordon se rendant à chacun des organes contenus dans les hernies ingui-
nales : ces cordons étaient constitués par un canal,
A l'examen histologique, les organes herniés
apparurent nettement comme des testicules.
Des faits que nous venons de citer, il résulte que c’est seulement au commencement du siècle dernier qu’on a commencé à se faire une idée de l’hermaphro-
disme,sans cependant en comprendiela nature,qu'ont
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seuls permis de connaître les progrès de l’embryogénie. \
Quant aux anciens, ils se représentaient l’hermaphrodisme comme une fantaisie de la nature qu'ils ne cherchaient même pas à expliquer.