SCÈNE VIL DON RUY GOMEZ, HERNANI
DON RUY GOMEZ
Sors.
Hernani paraît à la porte de la cachette. Don Ruy Jui montre les deux épées sur la table.
— Choisis. — Don Carlos est hors de la maison- Il s'agit maintenant de me rendre raison. Choisis ! — et faisons vite. — Allons donc ! ta main hernani. [tremble !
Un duel ! nous ne pouvons, vieillard, combattre endon ruy gomez, [semble !
Pourquoi donc? as-lu peur? n'es-tu point noble? enfer! Noble ou non ! pour croiser le fer avec le fer, Tout homme qui m'outrage est assez gentilhomme !
Vieillard...
DON RUY GOMEZ
Viens me tuer ou viens mourir, jeune homme !
HEKNANI.
Mourir, oui. — Vous m'avez sauvé, malgré mes vœux. Donc ma vie est à vous. Reprenez-la.
DON RUY GOMEZ
Tu veux ?
Aux portraits.
Vous voyez qu'il le veut,
A Hernani.
C'est bon. Fais ta prière.
Oh ! c'est à toi, seigneur, que je fais la dernière !
DON RUY GOMEZ
Parle à l'autre seigneur !
Non, non, à toi ! — Vieillard, Frappe-moi. Tout m'est bon, dague, épée,ou poignard! Mais fais-moi, par pitié, cette suprême joie! Duc ! avant de mourir permets que je la voie !
DON RUY GOMEZ
La voir !
Au moins permets que j'entende sa voix Une dernière fois ! rien qu'une seule fois !
DON RUY GOMEZ
L'entendre !
HE
Oh ! je comprends, seigneur, ta jalousie. Mais déjà par la mort ma jeunesse est saisie, Pardonne-moi. Veux-tu, dis-moi, que, sans la voir, S'il le faut, je l'entende? et je mourrai ce soir. L'entendre seulement ! contente mon envie ! Mais, ô qu'avec douceur j'exhalerais ma vie Si tu daignais vouloir qu'avant de fuir aux cieux Mon âme allât revoir la sienne dans se yeux! — Je ne lui dirai rien , tu seras là, mon père ! Tu me prendras après !
don ruy gomez, montrant la cachette encore ouverte.
Saints du ciel ! ce repaire Est-il donc si profond, si sourd et si perdu, Qu'il n'ait entendu rien ?
Je n'ai rien entendu.
DON RUY GOMEZ
Il a fallu livrer dona Sol ou toi-même.
A qui, livrée?
DON RUY GOMEZ
Au roi.
Vieillard stupide ! il l'aime !
DON RUY GOMEZ
Il l'aime !
Il nous l'enlève ! il est notre rival !
DON RUY GOMEZ
O malédiction ! — : Mes vassaux ! à cheval !
RNANI.
A cheval
poursuivons le ravisseur !
Écoute , La vengeance au pied sûr fait moins de bruit en route. Je t'appartiens. Tu peux me tuer. Mais veux-tu M'employer à venger ta nièce et sa vertu ? Ma part dans ta vengeance ! oh ! fais-moi cette grâce, Et s'il faut embrasser tes pieds, je les embrasse \ Suivons le roi tous deux ! Viens ; je serai ton bras, Je te vengerai, duc. — Après , tu me tueras.
DON RUY GOMEZ
Alors, comme aujourd'hui, te laisseras-tu faire?
Oui, duc.
DON RUY GOMEZ
Qu'en jures-tu ?
La tête de mon père.
DON RUY GOMEZ
Voudras-tu de toi-même un jour t'en souvenir? hernani, lui présentant le cor qu'Hôte desaceinlure. Écoute, prends ce cor. Quoi qu'il puisse advenir, Quand tu voudras, seigneur, quel que soit le lieu,
[l'heure, S'il te passe à l'esprit qu'il est temps que je meure, Viens, sonne de ce cor, et ne prends d'autres soins ; Tout sera fait.
don ruy gomez, lui tendant la main.
Ta main ?
Ils se serrent la main. — Aux portraits.
Vous tous, soyez témoins.
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