ACTE ler. SCÈNE H
HEENANI.
Qui raille i après l'affront s'expose à faire rire Aussi son héritier I
DON CABLOS.
Chacun son tour. — Messire, Parlons franc. Vous aimez madame et ses yeux noirs, Vous y venez mirer les vôtres tous les soirs, C'est fort bien. J'aime aussi madame, et veux connaître Qui j'ai vu tanl de fois entrer par la fenêtre, Tandis que je restais à la porte.
HERNANI
En honneur.
Je vous ferai sortir par où j'entre, seigneur.
DON CARLOS
Nous verrons. J'offre donc mon amour à madame. Partageons. Voulez-vous? J'ai vu dans sa belle âm« Tant d'amour, de bontd, de tendres sentiments, Que madame, à coup sûr, en a pour deux amants. — Or, ce soir, voulant mettre à fin mon entreprise, Pris, je pense, pour vous, j'entre ici par surprise, Je me cache, j'écoute, à ne vous celer rien ; Mais, j'entendais très mal et. j'étouffais très bien. Et puis, je chiffonnais ma veste à la française. Ma foi, je sors I
HERNANI
Ma dague aussi n'est pas à TaiBO tlt veut sortir I
DON CARLOS {le salvxint.) Monsieur, c'est comme il vous plaira, HERNANi {tirant son êpêe. ) Eu gardot
22 HERNAKI
(Don Carlos tire son êpêe.) ï>OTX± SOL (se Jetant entre eux.) Hemani ! Ciel !
DON OAELOS.
Calmez-vous, sefiora.
HEENANi (à don Carlos.) Pites-moî votre nom,
DON CAKLOS.
Hél dites-moi le vôtre l
HEENANi.
Je le garde, secret et fatal, pour un autre
Qui doit un jour sentir, sous mon genou vainqueur
Mon nom à son oreille, et ma dague à son cœur I
DON CAELOS.
Alors, quel est le nom de Tautre ?
HEENANI.
Que t'importe ?
En garde I défends4oi I
(Us croisent leurs épêes. Dona Sol tombe tremblante sut un fauteuil On entend des coups à la porte. )
DONA SOL {se levant avec effroi.)
Ciel I on frappe à la porte !
(Les champions s* arrêtent. Entre Josefapar la petite porte^ et tout effarée.) HEBNANi (à Josefa.) Qui frappe ainsi ?
DONA JOSEFA (à dona Sol.) Madame I un coup inattendu I C'est le duc qui revient!