‹ Hernani, drame en cinq actes. With explanatory notes by Gustave MassonChapitre 10 sur 105 · ACTE îer. SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE îer. SCENE II

T;es balieH des mousquets siffler à votre oreille, Être errante avec moi, proscrite, et s'il le faut, Me suivre oîi je suivrai mon père, — à l'échafaud.

Je vous suivrai.

HERNANL

Le duc est riche, grand, prospère.

Le duc n'a pas de tache au vieux nom de son père. Le duc peut tout. Le duc vous offre avec sa main Trésor, titres, bonheur

DONA SOL

Nous partirons demaîia.

Hernani, n'allez pas sur mon audace étrange Me blâmer. Etes-vous mon démon ou mon ange ? Je ne sais. Mais je suis votre esclave. Ecoutez, Allez où vous voudrez, j'irai. Restez, partez. Je suis à vous. Pourquoi fais-je ainsi? je l'ignoroii J'ai besoin de vous voir, et de vous voir encore. Et de vous voir toujours. Quand le bruit de vos pas S'efface, alors je crois que mon cœur ne bat pas. Vous me manquez, je suis absente de moi-même ; Mais dès qu'enfin ce pas que j'attends et que j'aime Vient frapper mon oreille, alors il me souvient Que je vis, et je sens mon âme qui revient!

HERNANI {la serrant dans ses bras,) Ange!

DONA SOL

A minuit. Demain. Amenez votre escorte Sous ma fenêtre. Allez, je serai brave et forte. Vous frapperez trois coups.

SO HERNANL

HEENANI.

Savez-vous qui je suis.

Maintenant?

DONA SOL

Monseigneur, qu'importe ! je vous suis.

HEENANI.

Non. Puisque vous voulez me suivre, faible femme,

Il faut que vous sachiez quel nom, quel rang, quelle âme^

Quel destin est caché dans le pâtre Hernani.i

Vous vouliez d'un brigand ? voulez-vous d'un banni ?

DON CAKLOS {ouvranit avec fracas la porte de V armoire.) Quand aurez-vous fini de conter votre histoire ? Croyez-vous donc qu'on soit à l'aise en cette armoire? {Hernani recule étonné. Dona Sol pousse un cri. et se réfugie dans ses bras, en fixant sur don Carlos des yeux effarés.)

HERNANI {la main sur la garde de son épée.) Quel est cet homme ?

DONA SOL

O ciel! au secours I

HEENANI.

Taisez-vous, Dona Sol ! vous donnez l'éveil aux yeux jaloux. Quand je suis près de vous, veuillez, quoi qu'il advienne. Ne réclamer jamais d'autre aide que la mienne,

{A don Carlos.) Que f aisiez-vous là ?

DON CARLOS

Moi ? — Mais, à ce qu'il paraît, Je no chevauchais pas à travers la forêt.

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