ACTE II, SCÈNE m
HERNANL
Va-t'en donc î
{Le Roi se retourne à demi vers lui et le regarde avec hauteur.)
Nous aurons des rencontres meilleures.
Va-t'en.
DON CARLOS
C'est bien, monsieur. Je vais dans quelques heures Kentrer, moi votre roi, dans le palais ducal. Mon premier soin sera de mander le fiscal.^ A-t-on fait mettre à prix votre tête ?
HERNANI
Oui.
DON CARLOS
Mon maître, Je vous tiens de ce jour sujet rebelle et traître. Je vous en avertis, partout je vous poursuis. Je vous feis mettre au ban du royaume.
HERNANL
J'y suis Déjà.
DON CABLOS.
Bien.
HERNANL
Mais la France est auprès de l'Espagne. C'est un port.
Je vais être empereur d'Allemagne.
Je vous fais mettre au ban de l'empire.
HERNANI
A ton gré.
êO ÈtEBKAKt
J'ai le reste du monde où je te braverai. Il est plus d'un asile où ta puissance tombe.
DON CABLOS.
Et quand j'aurai le monde ?
HERNANI
Alors J'aurai la tombe,
DON CAELOS.
Je saurai déjouer vos complots insolents.
HERNANI
La vengeance «st boiteuse, elle vient à pas lents, Maie-€ll& Ti^ntr-
DON CARLOS (riant à demi, avec dédain).
Toucher à la dame qu'adore Ce bandit!
HERNANI {dont les yeux se rallument).
Songes-tu que je te tiens encore ?
Ne me rappelle pas, futur césar romain, Que je t'ai là, chétif et petit dans ma main. Et que si je serrais cette main trop loyale. J'écraserais dans l'œuf ton aigle impériale !
Faites I
HERNANL
Va-t'en I va-t'en I {Il ôte son manteau et le jette sur les épaules du Bot, )
Fuis et jyends ce manteau Car dans nos rangs pour toi je crains quelque couteau.
{Le Moi s'enveloppe du manteau.) Pars tranquille à présent I Ma vengeance altérée Pour tout autre que moi fait ta tête sacrée.