ACTE IIL SCENE I
DO^î EUY GOMEZ.
Non paa
(Entre un page,) Que veut laquez ?
LE PAGE
Monseigneur, à la porte Un homme, un pèlerin, un mendiant, n'importe. Est là qui vous demande asile.
DON RUy GOMEZ.
Quel qu'il soit, Le bonheur entre avec l'étranger qu'on reçoit, Qu'il vienne, — Du dehors a-t-on quelques nouvelles? Que dit-on de ce chef de bandits infidèles Qui remplit nos forêts de sa rébellion ?
LE PAGE
C'en est fait d'Hernani. C'en est fait du lion De la montagne.
DONA SOL {à jxirt).
Dieu!
DON EUY GOSŒZ (flu page).
Quoi?
LE PAGE
La troupe est détruite.
Le Roi, dit-on, s'est mis lui-même à leur poursuite. La tête d'Hernani vaut mille écus du roi Pour l'instant ; mais on dit qu'il est mort.
DONA SOL (à part).
Quoi sans moL Hernani '
DON RUY aOMEZ.
Grâce au ciel ! il est mort, le rebelle I On peut se réjouir maintenant, chère belle. Allez donc vous parer, mon amour, mon orgueil. Aujourd'hui, double fête î
DONA SOL {à part).
Oh î des habits de deuil 1 (Mie sort.)
DON KUY GOMEZ {au page).
Fais-lui vite porter l'écrin que je lui donne. (// se rassied dans son fauteuil.) Je veux la voir parée ainsi qu'une madone. Et, grâce à ses doux yeux, et grâce à mon écrin^ Belle à faire à genoux tomber un pèlerin. A propos, et celui qui nous demande un gîte 1 Dis-lui d'entrer, fais-lui nos excuses, cours vite.
{Le page salue et sort.) Laisser son hôte attendre ! ah ! c'est mal 1
(La porte du fond s'ouvre. Parait Eernani déguisé en pèlerin. Le duc se lève.)