SUITE
[xhn Carlos s'avance à pas lents la main gauche sur le pom. meau de son épée, la droite sur sa poitrine et fixe sur le vieux duc un œil de défiance et de colère. Le duc va audevant duBoi et le salue profondétnent. — Silence. — Attente et terreur à Ventour. Enfin le Boi, arrivé en face du duc, lève brusquement la tête.)
éé BEfiKAlrt.
DON CARLOS
D'où vient donc aujourd'hui j Mon cousin, que ta porte est si bien verrouillée? Par les saints ! je croyais ta dague plus rouillée I Et je ne savais pais qu'elle eût hâte à ce point, Quand nous te venons voir, de reluire à ton poing I {Don Buy Gomez veut parler, le Roi poursuit avec un geste impérieux. ) C'est s'y prendre un peu tard pour faire le jeune homme î Avons-nous des turbans ? i serait-ce qu'on me nomme Boabdil2 ou Mahom,3 et non Carlos, répond I Pour nous baisser la herse* et nous lever le pont?
DON RU Y GOMEZ {s'iïwUnant), Seigneur. ..
DON CAELOS {à ses gentilshommes).
Prenez les clefs, saisissez-vous des portes I {Deux officiers sortent. Plusieurs autres rangent les soldais en triple haie dans la salle, du Roi à la grande porte. Don Carlos se retourne vers le duc.) Ahl vous réveillez donc les rébellions mortes I Pardieu, si vous prenez de ces airs avec moi, Messieurs les ducs, le Eoi prendra des airs de roi I Et j'irai par les monts, de mes mains aguerries, Dans leurs nids crénelés tuer les seigneuries I
DON EUY GOMEZ {se redressant).
Altesse, les Silva sont loyaux. ..
DON CARLOS {V interrompant).
Sans détours.
Réponds, duc! ou je fais raser tes onze tours! De l'incendie éteint il reste une étincelle. Des bandits morts il reste un chef. — Qui le recèle?