ACTE tu. SCÈNE Vt fil
C'est toi! Ce Hernani, rebelle, empoisonneur, Ici, dans ton château, tu le caches !
DON EUY GOMEZ.
Seigneur, C'est vrai.
DON CARLOS
Fort bien. Je veux sa tête, — ou bien la tienne. Entends-tu, mon cousin ?
DON RUY GOMEZ {s' inclinant).
Mais qu'à cela ne tienne . . .
Vous serez satisfait.
(Dona Sol cache sa tête dans ses mains et tombe sur un fauteuil.)
DON CARLOS (rodouci).
Ah ! tu t'amendes ! — ^Va Chercher mon prisonnier !
(Le duc croire les bras, baisse la tête et reste quelques moments rêveur. Le roi et dona Sol Vobservent en silence et agités d émotions contraires. Enfin le duc relève son front, va au Roi, luijyrend la main et le mène à pas lents devant le plus ancien des portraits, celui qui commence la galerie à droite du spectateur.)
DON RUT GOMEZ {montrant au Roi le vieux portrait.) Celui-ci des Silva C'est l'aîné, c'est l'aïeul, l'ancêtre, le grand homme I Don Silvius, qui fut trois fois consul de Rome.
(Passant au portrait suivant.) Voici don Galceran de Silva, l'autre Cid I On lui garde à Toro,i près de "Valladolid,^ "Une châsse dorée où brûlent mille cierges. Il affranchit Ldon du tribut des cent vierges ! 3
{Passant à un autre. )
é2 HERNAKI.
—Don Blas, — qui de lui-même et danî3 sa bonne foî,l S'exila i)our avoir mal conseillé le Roi.
(A un autre.) — Christoval! — Au combat d'Escalona, don Sanche, Le roi, fuyait à pied, et sur sa plume blanche Tous les coups s'acharnaient ; il cria : "Christov&LJ * Christoval prit la plume et donna son cheval.
{A un autre.) — Don Jorge, qui paya la rançon de Ramire, Roi d'Aragon.
DON CARLOS {croisaut les bras et le regardant de l& têtp aux pieds.) Pardieu! don Ruy! je vous admirai Continuez !
DON RUY GOMEZ {possant à un autre).
Voici Ruy Gomez de Silva, Grand maître de Saint-Jacque et de Calatrava.2 Son armure géante irait mal à nos tailles ; Il prit trois cents drapeaux, gagna trente batailles, Conquit au roi Motril, Antequera, Suez, Nijar et mourut pauvre. — Altesse, saluez. (// s'incline, se découvre et passe à un autre. — Le Roi V écouté
avec une impatience et une colère toujours croissantes.) Près de lui, Gil son fils, cher aux âmes loyales. Sa main pour un serment valait les mains royales.
{A un autre. ) — Don Gaspar, de Mendoce et de Silva l'honneur ! Toute noble maison tient à Silva, seigneur. Sandoval tour à tour nous craint ou nous épouse. Manrique nous envie et Lara nous jalouse. Alencastre nous hait. Nous touchons à la fois Pu pied à tous les ducs, du front à tous les roig I