‹ Hernani, drame en cinq actes. With explanatory notes by Gustave MassonChapitre 9 sur 105 · ACTE ïer. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE ïer. SCÈNE II

DONA SOL

Le roi, dit-on, le veut.

^HERNANI

""^ Le roi ! le roi * mon père

Est mort sur 1 ApliajnriiL fiOT^^^^^T^^ r"'^' ^^ sien. ^■Or, quoiqu'on ait vieilli depuis ce fait ancien, Pour l'ombre du feu roi, pour son fils, pour sa veuve,i Pour tous les siens, ma haine est encor toute neuve ! Lui, mort, ne compte j^lus. Et tout enfant, je fis J* - --^

Le serment de venger mon père sur son fils. o^>ônawG2a3j. Je te cherchais partout, Carlos, roi des Castilles ! Car la haine est vivace entre nos deux familles. Les pères ont lutté sans pitié, sans remords, Trente ans ! Or, c'est en vain que les pères sont morts. Leur haine vit. Pour eux la paix n'est point venue, Car les fils sont debout, et le duel continue. Ah I c'est donc toi qui veux cet exécrable hymen I Tant mieux. Je te cherchais, tu viens dans mon chemin I

DONA SOL

Vous m'efirayez I

HERNANL

Chargé d'un mandat d'anathème.

Il faut que j'en arrive à m effrayer moi-même I Ecoutez : l'homme auquel, jeune, on vous destina, Ruy de Sylva, votre oncle, est duc de Pastrana, Biche-homme 3 d'Aragon, comte et grand de Castille. A défaut de jeunesse, il peut, ô jeune fille. Vous apporter tant d'or, de bijoux, de joyaux. Que votre front reluise entre des fronts royaux. Et pour le rang, l'orgueil, H gloire et la richesse. Mainte reine peut-être enviera sa duchesse ! Voilà donc ce qu'il est. Moi, je suis pauvre et n'eus/

Ig HERNANI.

Tout enfant, que les bois où je fuyais pieds nus. Peut-être aurais-je aussi quelque blason illustre Qu'une rouille de sang à cette heure délustre ; Peut-être ai-je des droits, dans l'ombre ensevelis, Qu'un drap d'écbafaud noir cache encore sous ses plis, Et qui, si mon attente un jour n'est pas trompée. Pourront de ce fourreau sortir avec l'épée. En attendant, je n'ei reçu du ciel jaloux Que l'air, le jour et l'eau, la dot qu'il donne à tous. Or du duc ou de moi souffrez qu'on vous délivre. , Il faut choisir des deux : l'épouser, ou me suivre.

DONA SOL

Je vous suivrai,

HERNANI

Parmi nos rudes i compagnons, Proscrits, dont le bourreau sait d'avance les noms, Gens dont jamais le fer ni le cœur ne s'émousse, Ayant tous quelque sang à venger qui les pousse ? Vous viendrez commander ma bande, comme on dit ; Car, vous ne savez pas, moi, je suis un bandit 1 Quand tout me poursuivait dans toutes les Espagnes, Seule, dans ses forêts, dans ses hautes montagnes, Dans ses rocs, où l'on est que de l'aigle aperçu, La vieille Catalogne en mère m*a reçu.

Parmi ses montagnards, libres, pauvres et braves, Je grandis, et demain, trois mille de ses braves. Si ma voix dans leurs monts fait résonner ce cor, Viendront. . . . — ^Vous frissonnez I réfléchissez encor. Me suivre dans les bois, dans les monts, sur les grèves, Chez des hommes pareils aux démons de vos rêves ; Soupçonner tout, les yeux, les voix, les pas, le bruit ; Dormir sur l'herbe, boire au torrent, et la nuil Eatendre, en allaitant, quelque enfant qui s'éveille,

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