‹ Hernani, drame en cinq actes. With explanatory notes by Gustave MassonChapitre 90 sur 105 · HERNANI, LE MASQUE · texte numérisé non relu

HERNANI, LE MASQUE

LE MASQUE

— " Quoi qu'il puisse advenir, Quand tu voudras, vieillard, quel que soit le lieu, l'heui'e. S'il te passe à l'esprit qu'il est temps que je meure. Viens, sonne de ce cor, et ne prends d'autres soins. Tout sera fait."-^Ce pacte eut les morts pour témoins. Hé bien ! tout est-il fait ?

HERNANI (à voix basse.) C'est lui !

LE MASQUE

Pans ta demeure

ACÏE V. SCÊNÈ t. 141

te Tiens, et je te dis qu'il est temps. C'est mon heure. Je te trouve en retard.

HERNANI

Bien. Quel est ton plaisir?

Que feras-tu de moi ? Parle.

LE MASQUE

Tu peux choisir Du fer ou du poison. Ce qu'il faut, je l'apporte. Nous partirons tous deux.

HERNANI

Soit.

LE MASQUE

Prions-nous ?

HERNANI

Qu'importe.

*E MASQXTSi

Que prends-tu ?

Le poison.

LE MASQUE

Bien î donne-moi ta main.

{Il remet une fiole à Hernani qui la reçoit en pâlissant.) Bois, pour que je finisse.

(Hernani approche la fiole de ses lèvres, puis recule.)

HERNANI

ObJ^pa^r pitié I demain!— Oh I s'il te reste un cœur, duc, ou du moins une âme ; Si tu n'es pas un spectre échappé de la flamme ; Un mort damné, fantôme ou démon désormais ; ^i Dieu n'a point encore mis sur ton front : ** Jamaia I *•

Si tu sais ce que c'est que ce bonheur suprême D'aimer, d'avoir vingt ans, d'épouser quand on aime ; Si jamais femme aimée a tremblé dans tes bras, Attends jusqu'à demain. — Demain tu reviendrao 1

LE MASQUE

Simple qui parle ainsi I demain! demain! — tu railles! Ta cloche a ce matin sonné tes funérailles I Et que ferais-je, moi, cette nuit ? J'en mourrais. Et qui viendrait te prendre et t'emporter après ? Seul descendre au tombeau! Jeune homme, il faut me

suivre I

HEENANL

Eh bien, noni et de toi, démon, je me délivre! Je n'obéirai pas.

LE MASQUE

Je m*en doutais. — ^Fort bien.

Sur quoi donc m'as-tu fait ce serment ? Ah I sur rien. Peu de chose après tout I La tête de ton père. Cela peut s'oublier. La jeunesse est légère.

HERNANL

Mon père I — Mon père I... — Ah I j'en perdrai la raison!.^

LE MASQUE

Non, ce n'est qu'un parjure et qu'une trahison.

HERNANI

Duc!...

LE MASQUE

Puisque les aînés des maisons espagnoles Be font jeu maintenant de fausser leurs paroles, {H fait un pas pour sortir,)

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