‹ Hernies étrangèresChapitre 13 sur 14 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Herne erurale étranglée sèche; opération ; anus contre ge Mort. Autopsie. La nommée Marie égus âgée de 75 ans, est D DArtée. salle Sainte-

Marthe, n° 58, le 15 juillet 1861, atteinte des accidents. de l'étranelement herniaire.

LR

Il y a deux ans et demi environ qu'elle s’est aperçue de l'existence d'une tumeur dans l'aine du côté droit. Cette tumeur, grossissant assez rapidement, elle consulte un médecin, qui lui conseille l’application d'un bandage.

Elle quitte son bandage le dimanche 14 juillet. Le lendemain 15, elle a un vomissement de bile ; constipation opiniâtre ; douleurs. générales dans le ventre et dans la tumeur.

Le lundi soir, deux vomissements.

Le mardi, les accidents continuent.

Quatre vomissements ; les deux derniers, formés de matières fécaloides. La malade ne prend plus rien; les douleurs augmentent.

Le mercredi 17, on l’apporte à l’hôpital, à onze heures du

matin.

On fait deux tentatives de taxis; on lui donne un purgatif, un Javement. Aucun moyen ne réussit.

Le jeudi 18, ces accidents augmentent; la malade est dans un état

de prostration profonde; elle répond à peine aux questions qu'on lui fait.

Vomissements comme par regorgement.

Constipation persistante.

Douleurs abdominales vives; ventre peu ballonné, mais très-douloureux à la moindre pression.

Tumeur herniaire de la grosseur d’un œuf de poule, douloureuse,

donnant la sensation de SA mate à la percussion dans sa moitié supérieure.

M. Kichet procède à l'opération.

Les poils étant rasés au niveau de la tumeur, et le chloroforme étant administré, M. Richet fait une incision qui s'étend dans toute la longueur de la tumeur herniaire : il dissèque avec soin les couches de tissu cellulaire épaissi, et tombe sur une tumeur lisse, présentant quelques points violacés et jaunâtres. M; Richet pense qu'il est arrivé au sac, qui laisse apercevoir par transparence les parties. sousjacentes. Il incise la tumeur dans un point, et prolongeant l'inçision

PT: 1 PEU ‘dans là direction de son grand axe, il trouve uné lame épiploique, ‘préséntant des points jaunâtres et violacés, et légèrement tuméfiée. Soulevant cette: lame épiploïque, il découvre une tumeur violette, du volume d’une grosse noix. Les parois de l'anse intestinale étant trouvées intactes, M. Richet, après un léger débridement, fait rentrer l'intestin.

La lame épiploïque est laissée à l'extérieur, pour former bouchon à l’orifice par lequel s’est échappée la hernie. Potion purgative; lavement. un Le soir, la malade a une selle ; l'état général est mauvais ; la prosration continue; les douleurs abdominales sont aussi vives : ballonnement du ventre. ie Le 19, pas de mieux; il y a une selle involontaire dans la matinée; insensibilité de la malade à tout ce qui l'entoure. | Le 20, mort dans la journée.

Autopsie. Ventre ballonné ; à l'ouverture, teinte rosée uniforme du . paquet intestinal ; cordon.épiploïque très-tendu, aboutissant au canal crural. C'est à un décimètre du cæcum que siége la lésion intestinale. Au niveau de l'étranglement, l'intestin, pincé dans une partie seulement de sa circonférence, présente un rétrécissement circulaire; il est dépoli, violacé, sans solution de continuité ; il forme un coude qui. empêche le passage de toute espèce de liquide; de l'eau, versée par l'intestin grêle, peut à peine franchir le rétrécissement intestinal et arriver dans le cæcum.

Peu d'épanchement péritonéal : deux cuillerées à peine d'un liquide trouble et floconneux.

Cette observation doit être rapprochée de la deuxième de cette © thèse. Les deux malades, très-âgées, n'ont pu suffire aux dépenses vitales d’une convalescence ; elles sont mortes par épuisement : c'est -Aatermiraison fa plus commune des hérnies étranglées opérées chez iles sens'agés. 2) 3f1 re dé

Qi

1BÈLIE Coutbon. |

PE) De plus, c'est la un cas de hernie sèche, comme le précédent; el je rappellerai qu'à l'autopsie, on à trouvé, comme dans Ja septième observation, une disposition intestinale, sur la fréquence de laquelle

j'ai déjà insisté.

Réflexions générales et conclusions.

Les dix observations publiées dans cette thèse sont de deux ordres :

Hernies inguinales.

Hernies crurales.

Les premières, au nombre de quatre, se sont toutes présentées chez des hommes.

Les secondes, au nombre de six, se sont rencontrées, cinq chez les femmes, une seule chez un homme. Deux des six étaient sèches.

Dans les 10 malades, 7 sont morts, 3 seulement ont guéri. La guérison est due, dans un cas, à l'emploi des antiphlogistiques ; dans les deux autres, à l'opération. Je ferai observer du reste que ce premier cas était un étranglement par inflammation ; les deux autres, des étranglements proprement dits. De ces deux dérniers cas, l’un était au premier jour de l’étranglement, l'autre au quatrième jour; mais la hernie était inguinale, et de plus, l'étranglement était spécial (entortillement intestinal), peu serré el les accidents peu pressants.

S'il m'est permis de tirer quelques conclusions d'un aussi petit nombre d'observations, je dirai, et ce qui suit est aussi le résultat des commentaires ajoutés à chaque observation et de mes lectures particulières :

1° Que l'opération de la hernie étranglée n'est pas aussi à craindre qu’on a voulu dire, en se fondant sur une statistique prise dans les hôpitaux. Cette statistique a le tort immense d’englober tous les

cas de hérnies opérées dans de bonnes où dans de mauvaises conditions, assez {ôt où trop tard. Elle attribue à l'opération ce qui ne doit être mis que sur le compte de l’étranglement : «Ori ne meurt pas, de l'opération, dit Bertrandi. Si La mort la suit, c'est parce qu'on l’a pratiquée trop tard.

2° Que les moyens médicaux employés avant l'opération, sont le plus souvent, pour ne pas dire toujours, complétement inutiles, à part les cas d'étranglement par inflammation, où les antiphlogistiques sont indiqués.

3° Que, dans les étranglements proprement dits, le taxis seul, avec l'aide du chloroforme, doit précéder l'opération. C’est à ce moyen que nous devons d'avoir réduit, à l'hôpital Saint-Louis, au commencement de cette année, trois hernies étranglées qui n'avaient pas cédé aux moyens médicaux.

4° Que, passé trois jours, quatre jours au plus pour les hernies inguinales, vingt-quatre heures, trente-six heures au plus pour les hernies crurales, on doit opérer.

5° Que la mort, après l'opération, dépend moins souvent de la péritonite qu'on s'est plu à le dire et à le répéter. Elle tient le plus souvent à une insuffisance de forces du malade ou à une espèce d'empoisonnement.

6° J'ajouterai que la continuation des accidents de l'opération tient moins rarement qu'on ne le croit généralement à une disposition des anses intestinales, qui empêche le libre cours des matières (obs. 7, 8, 10).

Quant à ce qui concerne la hernie qu'on a appelée congénitale, et que M. Malgaigne a mieux nommée hernie à canal ouvert, je dirai :

7° Qu'elle apparait généralement entre 20 et 25 ans, ainsi que l'a déjà écrit mon coilègue, M. Tirman.

Lo" g&° Que l'étranglement est plus serré que dans les autres hernies inguinales, que les accidents sont plus pressants et que l'opération :

doit être pratiquée plus tôt.

9° Enfin, j'ajouterai qu'il est de règle que l'anneau constricteur

soit au niveau de l’orifice inguinal interne.

À Lo

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