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sur la cannelure de la sonde pour diviser le sac. Il s'écoule alors un liquide blanchâtre, glaireux, que M. Richet croit être du pus; mais, “en examinant plus attentivement, il s'aperçoit que c'est du mucus intestinal ; l'intestin avait été probablement embroché par la sonde, et coupé ensuite par le bistouri. Il présente une section très-nette dans l'étendue d’un demi-centimètre à peu près. Il est de couleur lie de vin, paraît très-facile à déchirer, et ne présente aucune adhérence au sac. Entre le sac et l'intestin , il n’y a pas de liquide ; les lèvres de la plaie intestinale donnent lieu à un suintement sanguin insignifiant, qui ne tarde pas à s'arrêter.
M. Richet débride avec le bistouri, boutonné flanneau constricteur, et fixe l'intestin à la paroi abdominale par quatre points de suture. Il ne s'écoule pas de matières fécales. k
Eau de sedlitz par cuillerées; cataplasmes sur le ventre; diète.
Dans l'après-midi, mon collègue Nivert, interne du service, se rend auprès de la malade. Les matières ne s'écoulaient pas, et les vomissements continuaient. Il introduit une sonde de femme par le bout supérieur de l’intestin ; il s'écoule des matières fécales en abondance ; il laisse la sonde une demi-heure, pendant ce temps il s'écoule un litre de liquide environ. Les vomissements s'arrêtent un instant, mais reprennent vers quatre heures. Une sonde de gomme élastique est laissée à demeure; les matières continuent de couler, et les vomissements cessent. La malade repose un peu.
Le 10. Un peu de rougeur autour de la plaie. Ventre souple, indolent même à la pression; 96 pulsations.— État général excellent:
Les matières fécales n’ayant pas repris leurs cours, on remet la sonde à demeure. |
Le soir, le pouls est à 108 pulsationss, mais la peau n’est'pas trèschaude. Pas de réaction fébrile très-prononcée.
Le 11. Commencement d'inflammation locale : la plaie est entourée d'un cercle rouge de 2 à 3 centimètres. La sonde est enlevée et les fils des sutures détachés.
ils 3, Trad
Deux vomissements. —- Cataplasmés sur le ventre: lavement laxatif.
Le soir, réaction fébrile ; frisson ; face rouge injectée.
Deux vomisseménts, dus sans doute à un potage trop copieux que la malade à pris. On suspend toute alimentation.
Un lavement amène une selle : il n’est rien passé par la fistule stercorale.
Le 12. Ventre indolent. 96 pulsations. Etat général bon.
La rougeur persiste autour de la plaie. En pressant, M. Richet fait sortir un pus noirâtre, qui vient du sae enflammé. — Eau de edlitz par cuillerées ; eau vineuse ; cataplasmes ; quelques c uillerées de bouillon.
Le soir, l'ouverture fistuleuse ne livre plus passage aux matières stercorales, même par l'emploi de la sonde. La malade est faible ; 100 pulsations. Après quatre vomissements de matières fécaloïdes. elle devient plus tranquille et repose un peu. — Glace, eau de Seltz, cataplasmes.
Le 13. Même état. Arrêt persistant des matières. M. Richet introduit son doigt par la plaie et constate que les bouts de l'intestin sont renvérsés ; le supérieur est au fond de la plaie; l'inférieur est par-dessus et comprime le bout supérieur. Une sonde est introduite ; on fait par cetté sonde une injection. Quelques minutes après, écoulement abondant de matièrés. On laisse la sonde à démeure.
M. Richet pense que les vomissements de la veille ont été déterminés par le purgatif, qui a produit une hypersécrétion de mucus intestinal. — Eau de groseille, eau vineusé, bouillons.
Le 14. Fièvre assez vive, qui a débuté hier au soir. 112 pulsations; peau chaude, face rouge, injectée. Accablement; moral affaibli.
Les matières ont assez bien coulé ‘par la sonde ; mais il s'est formé un phlegmon au voisinage de la plaie. La fluctuation étant mänifeste, M. Richet fait une incision; il s'écoule déux ou trois cüille-
= rées d'un pus noirâtre, fétide : la fièvre doit être sans doute attribuée à la formation du pus.
Outre cela, M. Richet résèque avec des ciseaux le bout supérieur qui dépasse les lèvre de la plaie. — Sonde remise à demeure ; deux injections d’ eau tiède, eau vineuse.
Le 15. État assez mer
Le 16. Accablement très- -grand ; la malade a le moral très-abattu ; elle demande la mort. La respiration est anxieuse; le venire ;est rétracté plutôt que balionné ; les matières rendues sont à peine. digérées : la malade, ne prend que du vin. — Vin de quipquini, Bordeaux, potion cordiale.
Le 17. Agitation, subdelirium. La malade ne te rien et | peut à peine répondre à ce qu’ on lui dit, tant elle se trouve faible.
Le 18. Mort.
Aultopsie. Le ventre est rétracté et présente Îa disposition dé-
‘signée sous le nom de ventre en bateau.
A l'ouverture de la cavité péritonéale, on ne constate aucun épanchement dans, l'abdomen. Les intestins sont d'un rouge violacé; le bout supérieur de l'intestin est très-dilaté, l'inférieur est, au contraire, très- rétréci, et le diamètre de sa cavité très-étroit. L'’anus contre nature siége au niveau de l'union du jéjunum avec l’iléon ; les valvules conniventes étant beaucoup plus rares au-dessous qu'audessus de l'anus artificiel : les mesures n'ont d'ailleurs pasété exac. tement prises.
Les deux bouts de l'intestin sont contournés en pas de vis, le supérieur étant à la partie inférieure, et réciproquement.
Ceue observation est, imiépessante sous deux rapports, r opération et les lésions constatées à l autopsie.
On a vu que M. Richet, croyant ouvrir le sac seulement, avait ouvert à Ja fois le sac el l'intestin. Cet accident -est assez commun et les exemples en sont nombreux : il doit être mis sur.le compte de
la nature de la hernie, qui était sèche. On a vu, en effet, que le
ne
D NC RE TE:
AT elles due sdè ne contenai pas une goutte de liquide, et que ' intestin lui était étroitement appliqué. Ce sont les cas de ce genre qui effrayaient tänt les auteurs anciens, et leur faisaient dire que ‘le temps le plus difficile de la kélotomie était l'ouverture du sac. Les hernies sèches sont, ‘du ‘168 le, assez fréquentes ; les rois dernières, opérées par M. Richet, étaient de: cette nature, et loutes les trois étaient des hernies crurales. Si l'on soupçonnait, dans une opération de hernie étranglée, avoir affaire à un cas analogue, je crois qu'il faudrait préférer à l'incision ordinaire du sac le mode d’incision employé quelquefois par Dupuytrén ; c'est-à-dire qu’au lieu de soulever un point du sac avec la pince, et de couper au-dessous, il faudrait inciser le sac, sans le soulever, avec ERREUR de précaution , etintroduire une sonde cannelée# dès qu ’on suppose être arrivé sur l’anse intestinalé. 2 | ÿ
Sous le rapport des lésions anatomiques, cette observation présenteune particularité, ‘qui la rapproche del observation précédente. On a vu, en effet; dans le cas précédent, une ‘disposition bizarre de l’anse intestinale, qui a mis obstacle à l'issue des matières fécales par l'anus contre nature. Dans le cas ‘actuel, nous constatons également une torsion intestinale, qui rappelle j entortillement intestinal de Scärpa, et qui explique l'issue difficile des matières pendant Ja vie de la malade. M. Richet essaye de rendre compte de cette dispotion : il pense que cela est dû à ce que le bout supérieur, rempli de matières intestinales, étant plus lourd, tourne autour du bout inférieur, qui est vide, et vient se placer au- -dessous de lui. |